Création-reprise… comment réussir sa transition ?

Création-reprise… comment réussir sa transition ?

emlyon business school et Eco de l’Ain renouvelaient leur partenariat le 4 mars. Des ateliers d’experts suivis d’un dîner-débat ont rythmé la soirée autour de la création-reprise d’entreprise.

Après le succès des précédentes éditions, emlyon business school et Eco de l’Ain conviaient, à nouveau, les anciens diplômés de l’école de management à une soirée débat (plus de 90 personnes), le 4 mars. Cette fois, le rendez-vous était donné à l’Espace Kennedy (Bourg-en-Bresse) pour évoquer, dans les moindres détails, le sujet retenu pour l’occasion : « Création-reprise : l’économie des possibles ». Car, si la perspective de créer son entreprise séduit de plus en plus de Français, qu’ils soient issus du salariat ou non, plus ou moins jeunes, le rêve de l’entrepreneuriat ne tarde pas à se transformer en réalité. Autonomie, épanouissement professionnel, revenus accrus, les motivations peuvent être multiples. Et les motifs de découragement pour se lancer dans une telle entreprise le sont tout autant. En effet, beaucoup se retrouvent confrontés à la complexité des démarches incluant les risques financiers, le poids des charges et les lourdeurs administratives. La soirée co-organisée par emlyon business school et Eco de l’Ain visaient justement à soulever ces problématiques. Comment faciliter le parcours de la création-reprise, celui de la transmission, de la franchise ? Comment éviter les écueils ? Quels sont les accompagnements possibles ? Mon projet est-il viable et pérenne ? Au-delà du challenge que relève toute forme d’entrepreneuriat, rester à l’écoute du marché relève de la nécessité.

Une histoire de chance

Une fois n’est pas coutume, la rencontre du 4 mars, toujours axée autour de l’échange et des témoignages, comportait une nouveauté : des ateliers d’experts rattachés à la thématique de la soirée (stratégie, financement, juridique, marketing, ressources humaines), en amont du repas. Un format inspirant pour Romain Caso, jeune entrepreneur de 28 ans au parcours déjà rôdé. « En tant qu’entrepeneur depuis six ans, j’ai soif d’apprendre et de m’instruire, explique-t-il. Je m’imprègne des expériences des uns et des autres, notamment en matière de gestion, car plus l’on voit de choses, plus l’on a des idées, et plus cela donne envie de créer différemment.» Romain Caso déploie ses compétences dans le secteur des jeux vidéos (création et compétition). En 2013, il lance un événement pensé comme la finale d’une ligue. Mais le concept ne prend pas. « J’ai connu l’échec de l’entrepreneuriat, la descente aux enfers. Je me prépare autrement pour mener ma deuxième entreprise, Olympe. Finalement, l’échec permet aussi de favoriser sa future chance tout en repensant son positionnement. Entreprendre comprend une part de chance et d’imprévisible, que peu de startupers soulignent. Or, il est aléatoire d’arriver sur un marché avec le bon produit, au moment opportun, en usant des bons outils de communication. » Fort de ses expériences éprouvantes mais enrichissantes, Romain Caso met actuellement au point une plateforme qui génère et autogère des compétitions de jeux vidéos à destination des éditeurs et des développeurs de jeux.

Mais l’entrepreneuriat peut également revêtir une dimension bénévole. C’est le cas de Sandro Bertoni, 45 ans, expert en communication digitale dans un grand groupe. Issu du milieu associatif depuis l’âge de 11 ans, il se lance dans l’aventure de Fréquence Ain, bénévolement, en juillet 2018, en parallèle de sa vie salariale. Une façon de s’accomplir personnellement. « Je voulais exprimer ma créativité au service de l’intérêt général, sourit Sandro Bertoni. J’utilise les réseaux sociaux, surtout Facebook, pour donner la parole aux clubs de sport du département. J’assiste aux matchs et je m’entretiens avec les joueurs en amont. Ensuite, je présente l’actualité des clubs uniquement sous format vidéo. La plupart des entrepreneurs qui ont réussi ont connu l’échec à plusieurs reprises. Créer son entreprise implique de nombreuses valeurs telles que le courage, la volonté, l’ambition.»

Soirée création-reprise, emlyon business school - Eco de l'Ain
Un atelier d’expert sous la forme d’une table ronde avant le dîner-débat.

Accompagner les volontés entrepreneuriales grâce au club CCRE

L’équipe du club Créateurs et repreneurs d’entreprises (CCRE) d’emlyon business school alumni network forever, expose ses missions.

« Le pôle reprise existe depuis 25 ans, mais depuis sept ans, nous apportons des solutions techniques à la transmission, à la préparation en amont pour les cédants, mais aussi pour permettre aux repreneurs d’être à la hauteur du challenge dans le maintien de l’emploi et de l’activité, sans oublier son développement », présente Christian Cochet, animateur du club CCRE Créateurs et repreneurs d’entreprises à destination des anciens élèves d’emlyon business school network forever. Concrètement, le club accompagne entre 35 à 50 personnes chaque année, grâce à une équipe composée de professionnels aguerris : experts-comptables, cabinet de ressources humaines, avocats.

Préparation

Le positionnement de l’entreprise et le projet du repreneur potentiel figurent parmi les points principaux. « Notre rôle est de faire la liaison entre le cédant et le repreneur, et d’instaurer un climat de confiance afin que chaque partie trouve son compte. De notre point de vue, nous préservons également le tissus social, rapporte Pierre-André Chosson, membre actif du club CCRE (compétence assurance) et dirigeant de l’entreprise Ascote & Associés à Lyon. L’accompagnement d’un cédant est donc primordial, celui-ci doit être bien préparé au cheminement de la cession.» Si les cédants approchaient l’âge de la retraite auparavant, l’époque a bien changé. Pierre-André Chosson constate : « Ils sont souvent âgés entre 45 et 58 ans et souhaitent vendre leur structure pour embrasser une autre activité, jongler d’un projet à un autre.»

60 000

C’est le nombre d’entreprises mises en vente chaque année. Jamais le nombre de créations d’entreprises (hors micro-entreprises) en France n’a été aussi élevé depuis 1987.

349 000

C’est le nombre d’entreprises classiques créées en 2017. Une somme qui atteint les 600 000 si l’on inclut les micro-entreprises.

Source : Chiffres 2017 ministère de l’Économie et des Finances.

Alexandre Rocco, touche-à-tout de l’entrepreneuriat

Alexandre Rocco
Alexandre Rocco est à la tête du groupe de conseil Shift consulting créé en 2013 (Lyon), spécialisé dans l’accompagnement de la transformation digitale des entreprises. « J’ai fait de la création, du rachat et de la franchise. La création de Shift nous a conduit à franchir la barre des 100 salariés en cinq ans et de lever 11 millions d’euros il y a trois mois, pour alimenter un incubateur et accélérateur de startup. Sur l’actif principal du groupe, j’ai opéré un LMBO auprès d’un industriel, soit un rachat du majoritaire sur un actif dont j’étais minoritaire. Le rachat s’est finalisé en septembre 2018. En parallèle, afin de diversifier mes activités entrepreneuriales, je me suis lancé dans la franchise (30 salariés) dans un secteur d’activité différent, le service à la personne, mais aussi dans l’esthétique à Paris ou Genève.»

Le Crédit Agricole sur le front

Le pôle entrepreneur et patrimoine au Crédit Agricole Centre-Est (espace Kennedy) est dirigée par Catherine Buchot. Il réunit nombre d’expertises et de compétences depuis 18 mois. Création-reprise, mais aussi sécurisation de l’entreprise et des salariés figurent parmi les missions du pôle entrepreneurial (environ 15 personnes).

Nicolas Moy, le pari de la reprise

Après une longue carrière dans une grande enseigne d’éléctroménager, Nicolas Moy décide d’abandonner le salariat. « Passionné par le vin, j’ai tenté durant trois mois de racheter un domaine mais économiquement parlant, c’était compliqué. Je me suis orientée vers un secteur plus porteur. Tout a basculé à la suite d’une rencontre avec le cédant d’Ombré Fenêtre (12 collaborateurs), à Ceyzériat. Il s’agit d’un projet familial car j’ai repris l’entreprise avec mon épouse, en septembre 2018. La transmission s’est déroulée en deux mois, le temps de gérer l’organisation mais aussi la partie commerciale avec le soutien du cédant. J’ai su capter tout ce qu’il pouvait m’apporter. Nous avons travaillé ensemble de 6h30 à 19h tous les jours, nous avons rencontré des clients, nous sommes partis sur des chantiers. La transmission s’est faite naturellement, mais le challenge reste important.»


Par Sarah N’tsia

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