Défaillances d’entreprises : pourquoi des chiffres historiquement bas en 2020 ?

par | 27 Jan 2021

Les chiffres sur les défaillances d’entreprises publiés par Altares sont les plus bas enregistrés depuis 30 ans.

Les dispositifs de soutien mis en place par l’Etat pour atténuer les effets de la Covid-19 ont, en fait, joué leur rôle. C’est l’un des enseignements de l’étude sur les défaillances d’entreprises réalisé par l’expert dans l’information sur les sociétés. En 2020, 32 184 procédures ont été enregistrées en France  (– 38, 1% par rapport à 2019) soit leur niveau le plus bas depuis 30 ans. La baisse la plus sensible concerne les redressements judiciaires (– 50%) puis les liquidations (– 34%) et enfin les sauvegardes (-14%). Avec 3 568 procédures (-41,3%), Auvergne-Rhône-Alpes se classe au 2eme rang, derrière la Corse, des régions françaises où la baisse est la plus forte.

Un recul général

La baisse des défaillances concerne tous les secteurs d’activité. Dans le bâtiment, elle oscille entre 45,2% (second œuvre) et 28,8% (agences immobilières).  Le commerce a bien résisté (-38,2%), notamment dans le secteur du meuble, du bricolage, de l’équipement du foyer ou encore de l’alimentation générale.  Pour les services, Altares note une tendance globale favorable (-32,6%) masquant des tensions dans des métiers comme la publicité, les voyages ou l’administratif de bureau. L’évolution est contrastée dans l’industrie : les tendances sont bonnes dans les matériaux de construction, l’imprimerie ou encore la métallurgie mais le nombre de procédures progresse dans certains métiers de l’agroalimentaire (transformation et conservation de la viande, fabrication de bières). Les défaillances dans le monde du transport sont en net recul (-41,5%) avec, en particulier, une forte amélioration pour le transport routier de voyageurs (-73,2%).  

La restauration tire son épingle du jeu

Particulièrement touchée par les fermetures administratives imposées dans le cadre de la crise sanitaire, la restauration enregistre, elle aussi, une baisse du nombre de défaillances (– 39,1%). Le recul s’est encore accéléré en fin d’année pour atteindre les – 44%. « Les craintes étaient fortes de voir le secteur défaillir massivement, confirme l’étude Altares. Pourtant, moins de 1 900 restaurateurs traditionnels (- 39,2%) et 1 300 établissements de restauration rapide (-40,7%) sont entrés en procédure ». Même tendance pour le nombre de traiteurs et cafés qui ont passé la porte du tribunal : il diminue de 29,2% pour les premiers, 39,4 % pour les seconds.

Anomalie statistique

Pour Thierry Million, directeur des études statistiques chez Altares, le niveau de défaillances de 2020 s’apparente à une anomalie statistique : « les adaptations juridiques, administratives et soutiens en trésorerie ont permis aux entreprises de se prémunir du défaut de paiement, sans quoi le pire était à redouter. Les précédents records de défaillances, proches de 65 000, auraient été largement dépassés. » Mais la situation devrait se dégrader en 2021 et 2022 avec, a minima, un retour à la situation de 2019 (52 000 défaillances) et, probablement plus, si viennent s’ajouter, aux « accidentés de la Covid » une partie des 20 000 sociétés épargnées en 2020. « La question est de savoir si un retour progressif à la normale est possible en débranchant graduellement les aides à destination de certaines entreprises et en renforçant l’accompagnement d’acteurs viables », poursuit Thierry Million en redoutant que les défauts de paiement des entreprises aient un effet domino sur leurs fournisseurs.

Crédit photo : Adobe Stock

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