C’est un fait: les trajets domiciles-travail ont une nette tendance à l’allongement. En cause, « un mouvement de péri-urbanisation qui conduit un nombre croissant d’actifs à résider dans des communes éloignées de leur lieu de travail », analyse l’Insse, dans son étude sur le sujet, conduite en partenariat avec la région Rhône-Alpes.
Quoi qu’il en soit, il faut bien gérer ces déplacements deux à quatre fois par jour. Pour les entreprises et les collectivités, c’est même un enjeu pour le recrutement et la fidélisation des salariés. Certaines structures – comme Renault Trucks – mettent ainsi en place des plans de déplacements en entreprise – PDE – « un ensemble de mesures visant à optimiser les déplacements liés aux activités professionnelles, en favorisant l’usage des modes de transport alternatifs à la voiture individuelle », décrit l’Ademe. Dans ce cas, des navettes par cars sont régulièrement instaurées.
Le conseil général n’est pas en reste. Décidé à apporter une solution à ces trajets, il a mis en ligne, il y a tout juste deux ans, le site www.covoiturage.ain.fr. Mille inscrits, 16 200 visites, pour quelques 2 300 trajets proposés… Le succès est au rendez-vous. Pourquoi cet engouement? « Pour faire des économies, pour des raisons écologiques, pour plus de sécurité sur les routes et pour passer un moment de convivialité », énumère le Département. Très souvent, les « covoitureurs » ont les mêmes types d’horaires, voire travaillent dans les mêmes structures.
Paul Branchard vit à Bourg et travaille dans une grande entreprise lyonnaise. « Le prix du carburant ne cesse d’augmenter depuis deux ans. Mon budget déplacement domicile-travail en a pris un coup. J’ai cherché une solution, habitant Bourg, pour me rendre quotidiennement à Lyon. La Sncf? J’ai essayé, mais les contraintes (retards, NDLR) m’en ont dissuadé. J’ai la chance que mon entreprise mette à notre disposition des annonces de covoiturage. Je me suis laissé tenter, et ce système fonctionne bien », certifie-t-il. Les entreprises peuvent par ailleurs tout à fait utiliser le site du Département.
Ce dernier démontre qu’à partir de trois personnes, « sur deux trajets journaliers Villars-les-Dombes / Lyon, ce dispositif permet à chaque occupant du véhicule d’économiser 1760 euros par an ». Sur ce même trajet, le Département précise que « le covoiturage de trois personnes évite l’émission de 4 tonnes de CO2 ». De l’autre côté du territoire, les frontaliers trouvent également leur carrosse. Ceux qui « effectuent des trajets quotidiens Ain-Suisse représentent plusieurs dizaines de milliers de véhicules chaque jour, détaille le conseil général. Pour rendre plus aisées les rencontres entre covoitureurs, les communes suisses et les lieux publics de la communauté de communes du Pays de Gex sont accessibles sur le site » covoiturage.ain.fr. De plus, toujours dans le Pays de Gex, « une expérience de places de stationnement réservées aux covoitureurs sera bientôt mise en oeuvre ». Les partageurs seront privilégiés !