Se soigner à Bourg-en-Bresse, pourtant ville chef-lieu de notre beau département, devient une gageure. J’en veux pour preuve le manque criant de praticiens, toutes spécialités (ou non) confondues.

« LA DÉSERTIFICATION MÉDICALE DANS L’AIN EST UN VÉRITABLE SUJET. UN COMITÉ DE PILOTAGE A ÉTÉ MIS EN PLACE, LES RÉSULTATS PRENDRONT DU TEMPS À PRODUIRE LEURS EFFETS. »
Mais imaginez : il arrive inévitablement le jour où, malgré vos quelques fruits et légumes ardemment consommés et vos mains fréquemment lavées, comme il se doit, un virus ou un quelconque microbe décide de faire halte chez vous. Vous appelez donc ledit médecin. La secrétaire, après un temps d’attente de dix minutes, vous informe aimablement que non, le Dr X « n’est pas là aujourd’hui ». Soit, et ses confrères ? Ils sont débordés. Appelez un autre cabinet médical. Pages jaunes : médecin généraliste Bourg-en-Bresse. Second cabinet : un répondeur vous informe qu’il n’est plus possible de vous donner un rendez-vous ce jour. Il est 8h10. Troisième cabinet : « Nous ne prenons plus de nouveaux patients ». Quatrième et cinquième également. Le sixième vous annonce qu’il reste de la place pour dans trois jours. Vous décidez que vous avez assez perdu de temps, vous filez à la pharmacie du coin avant de regagner votre bureau et d’octroyer vos microbes à tout le monde (vous êtes pour le partage et le don de soi). Le pharmacien vous en donne pour 30 euros de produits censés vous remettre sur pied (chouette) et avise vos mains, couvertes de griffures de votre chaton. « Il faudrait peut-être montrer cet hématome à un médecin. » Vous ouvrez la bouche pour lui dire tout le bien que vous pensez de cette judicieuse remarque mais… Non, ne dites rien, ça va passer…
La désertification médicale dans l’Ain est un véritable sujet. Le président du Conseil départemental, Jean Deguerry, a largement abordé ce point lors de sa cérémonie des vœux, mi-janvier. Il faut dire que cette problématique compte parmi celles relevées par les élus lors des états généraux des territoires. Un comité de pilotage a été mis en place, les résultats, évidemment, prendront du temps à produire leurs effets que l’on espère bénéfiques pour l’Ain. Restera à convaincre les nouveaux praticiens que non, la patientèle d’un département souvent qualifié de rural du haut des grandes villes, n’est pas moins intéressante pour autant, et leur mettre du baume au cœur pour qu’ils s’installent chez nous. Plus globalement, c’est sans doute sur l’image de nos territoires qu’il faut agir.
Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr








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