L’édito de Myriam Denis : “Biotyful – éloge de la beauté”

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Et voilà ! Les beaux jours sont (enfin) arrivés ! Soleil radieux, grand ciel bleu, foule se prélassant en terrasses… Et leur cortège d’injonctions toujours plus fortes à être les plus beaux, et surtout, les plus minces.

Myriam DenisAucun magazine ne fait l’impasse sur l’événement de saison s’il en est : à l’approche de l’été, on nous enjoint d’une manière très appuyée à perdre du poids. Tous les ans, peu ou prou à la même époque, c’est la sempiternelle rengaine des magazines, disons-le franchement, surtout les féminins. À croire que rien d’autre ne va préoccuper les femmes que de « perdre leurs kilos superflus avant l’été ». Et tous les ans, je ne me peux m’empêcher de m’interroger sur cette vision manichéenne du monde qui nous est ainsi proposée, et à laquelle tant de nos concitoyens croient (presque) autant qu’à une nouvelle religion : celle du paraître – jeune, beau, fringant et mince, à tout prix. Cette image restrictive de la beauté me dérange. Cette image arbitraire de l’être parfait, ce modèle vers lequel nous devrions absolument tendre pour être tendance, me déçoit. Et ces titres de mag en forme de diktats, étalés sur toutes les Une ou presque, les couvertures en kiosque et sur le Net, me déplaisent souverainement. « Évitez les pires aliments pour bien mincir », « pratiquez chaque jour les bons exercices pour perdre du poids », « je rentre dans mon maillot à tout prix » (à tout prix ? celui-ci m’a particulièrement interpellée), et j’en passe. Je suis une femme, et je m’éclate plus à lire Le Monde ou Le Point. C’est grave ? Je mesure un pauvre mètre cinquante, les fringues dans les magasins sont souvent quatre fois trop grandes pour mon menu format, ne me maquille pas. Je suis probablement l’antithèse de la tendance. Cela fait-il de moi une personne qui aurait moins de valeur pour autant ? J’essaie d’apprendre à mes enfants (vous savez, je vous en ai déjà parlé) l’ouverture d’esprit et la curiosité de tout (et pas uniquement pour les bêtises). En espérant que plus tard, cela suscitera chez cette jeune génération un questionnement différent sur les moules imposés.

« Je m’interroge sur cette vision manichéenne du monde qui nous est proposée, et à laquelle tant de nos concitoyens croient (presque) autant qu’à une nouvelle religion : celle du paraître. »

J’avoue volontiers ne pas m’intéresser à la presse féminine tant les sujets me paraissent d’une vacuité profondément absurde. Par contre, dans tout ce maquis impératif et culpabilisateur, certains papiers sortent du lot, qu’ils soient relayés d’ailleurs dans du people ou des supports plus « sérieux ». Il s’agit du débat éclos il y a quelque temps déjà autour des tendances alimentaires liées à la suppression de la viande de nos assiettes. J’avoue avoir encore du mal à distinguer les vegans, des végétariens, végétaliens et autres tendances anti-bidoche. En l’occurrence, très souvent les gens ont un avis assez tranché sur la question. Sur ce sujet, il y a à mon avis une certaine dissonance entre ce que l’on croit, ou veut croire, et nos pratiques. Exemple : je ne souhaite pas que les animaux souffrent, alors qu’ils sont irrémédiablement élevés pour être tués et mangés, car j’aime les animaux. Ce paradoxe, commun à beaucoup de gens, on peut tenter de le décortiquer, il est particulièrement mis à mal depuis que des vidéos chocs et des témoignages glaçants démontrent des conditions d’élevage industriel déplorables et des conditions d’abattage effroyables. Les industriels comme les éleveurs tentent de riposter avec les mêmes outils, montrant qu’ils se préoccupent du bien-être animal. Le point commun entre mes deux exemples – celui de l’injonction du paraître et celui de l’injonction de revoir ce que l’on mange – réside dans le ton moralisateur que l’on retrouve très souvent dès lors qu’on affleure ces sujets. Mon boucher n’est pas un tueur sanguinaire, tant s’en faut, il est délicieux et sa viande aussi. J’adore les animaux et j’adore leur compagnie. Je ne ferai pas de régime pour perdre des kilos imaginaires. Dans une société toujours plus moralisatrice, il est parfois intéressant de couper à travers champs (un sandwich à la main ?)

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.frLe cadeau de Macron à Trump, par Faro

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