Rien ne sera plus jamais comme avant. C’est un peu le sentiment qui prédomine en cette fin d’année 2018.

Myriam DenisAu moment de réaliser ce numéro spécial rétrospectif, qui doit vous offrir notre vision et notre analyse d’un an d’actualité dans l’Ain, nous pouvons nous rendre compte à quel point cette année a immanquablement été un épisode charnière, tant en microéconomie, qu’en macroéconomie. Le début de l’année s’annonçait sous les plus beaux auspices, porté par les ors d’une croissance élevée, fruit d’une conjoncture favorable, notamment à fin 2017. Ordonnances Macron qui visaient à alléger le Code du travail, enterrement en bonne et due forme du non-regretté RSI et baisse du chômage dynamisent le début d’année, tout comme les investissements – à la hausse – des entreprises. L’économie se porte relativement bien : nous imaginons avoir peu de chances de retrouver une croissance exponentielle, mais elle reste solide.

Néanmoins, au fil des mois, les difficultés apparaissent, le retour à la réalité semble inéluctable. Les entreprises s’alarment devant les difficultés de recrutement qu’elles rencontrent. Le volet social n’est pas en reste, des manifestations pour la défense du pouvoir d’achat commencent à éclater, sans que l’on puisse d’abord pressentir l’ampleur de ce qui allait devenir le mouvement des gilets jaunes. Le prélèvement à la source inquiète. La fiscalité est pointée du doigt. Les trésoreries se tendent quelque peu dans certains secteurs comme l’industrie, tandis que le BTP – notamment – cherche des bras et des prix corrects.

Mais les Aindinois et les Aindinoises, nouveau nom des habitants de l’Ain sur l’initiative du Conseil départemental, ne sont pas de ceux qui baissent les bras. Nombre d’initiatives fleurissent, portées par la nécessité de se renouveler et de changer de paradigme. L’AFPMA a inauguré son nouveau campus, les MFR veulent conquérir le Pays de Gex, la CCI s’ouvre encore davantage aux nouvelles technologies, le Haut Bugey comme le Pipa recherchent des synergies pour attirer les talents et j’en passe…

« L’ÉCONOMIE SE PORTE RELATIVEMENT BIEN : NOUS IMAGINONS AVOIR PEU DE CHANCES DE RETROUVER UNE CROISSANCE EXPONENTIELLE, MAIS ELLE RESTE SOLIDE. »

Mais ces belles idées sont rapidement rattrapées par un climat social délétère et un mouvement des gilets jaunes qui, alors que certains affirment qu’il s’étiole, continue bel et bien de faire parler de lui. Les retentissements sur l’économie sont palpables, les résultats de ces semaines de contestation, également.

Au final, rien ne sera plus jamais comme avant : ce genre de mouvement reste sans doute sporadique mais suffisamment important pour laisser des traces durables. Au niveau de la forme relativement inédite, avec des rassemblements à l’initiative de citoyens, non officiellement pilotés par des partis politiques ou des syndicats. Et qui à l’évidence fonctionnent ! Le fond, également, interpelle, avec des préoccupations – voire des revendications – communes à nombre de Français, et devant lesquelles le gouvernement veut montrer qu’il ne reste pas sourd. Au-delà des demandes formulées, au-delà des pourcentages de croissance relativement rassurants et au-delà des promesses étatiques, cette année, tout concourt à une prise de conscience des forces et des faiblesses de notre économie – locale et nationale – et démontrer notre capacité à rebondir. Et quoi qu’il en soit, cette année qui s’achève signe très probablement le début d’une nouvelle ère.

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

Note : Toute l’équipe de l’Éco de l’Ain vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année. Nous vous donnons rendez-vous dès le 10 janvier pour la suite de nos aventures économiques communes.