Dans son édito, Myriam Denis met en doute les justifications du Gouvernement quant à la flambée des prix des carburants.

« EN ALLEMAGNE, LE PRIX DU GAZOLE HORS TAXES EST PLUS ÉLEVÉ, MAIS À LA POMPE COÛTE 9 CENTIMES DE MOINS. FISCALITÉ OBLIGE. »
En attendant, le projet de budget pour 2019 laisse entrevoir la note : une augmentation de l’ordre de 7 centimes pour le gazole (qui a déjà bondi de 5 % en un mois) et de 4 centimes pour l’essence. Le gouvernement caresse l’espoir que les Français voudront changer de véhicule, grâce à la prime à la conversion, et qu’ils s’orienteront naturellement sur des voitures plus récentes qui consomment moins. Je pense très sincèrement que si nous disposions tous du budget de Bruno Le Maire, nous serions effectivement nombreux à nous tourner vers l’achat d’un véhicule récent (quoique personnellement, je sois attachée à ma Mini de 2002). Les problématiques écologiques sont évidemment un enjeu crucial pour l’avenir de l’humanité, cela ne fait aucun doute. Ce qui m’interroge, c’est cette hausse continuelle qui semble surtout servir à renflouer les caisses de l’État. Le prix du gazole, par exemple, est déterminé par le prix hors taxe (0,65 euro), les taxes indirectes (0,61 euro) et la TVA (0,25 euro). Si l’on voyage un peu (quel luxe !), en Allemagne, le prix du gazole hors taxes est plus élevé, mais à la pompe coûte 9 centimes de moins. Fiscalité oblige. Le gouvernement, d’un ton docte, nous assène qu’il comprend bien que cela puisse être difficile « pour certains Français ». Oui, tous ceux qui ne résident pas dans une métropole pourvue de nombreux transports en commun. Ça en fait, des électeurs !
Ma chaussette attendra. Elle aura bien le temps d’être usée lorsqu’il faudra que je me rende au bureau à pied !
Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr








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