Et voilà ! La mi-juillet approche, entraînant dans son sillage, son cortège de feux d’artifice, de flonflons et d’apéros en terrasse. Et comme chaque année, le même phénomène se produit : la France s’arrête.

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Les fermetures annuelles fleurissent un peu partout, il flotte dans les entreprises ce petit parfum d’été, assorti de tenues légères et de rangement de dossiers. Pourtant, à en croire l’Ifop, seuls 22 % des cadres de notre pays disent parvenir à déconnecter pendant la période estivale. Une véritable élite ! Ainsi, 78 % d’entre eux continuent à consulter leurs mails professionnels pendant leurs vacances. Pourtant, début 2017 est entrée en vigueur la loi portant sur le droit à la déconnexion, s’imposant à toute entreprise de plus de 50 salariés. Certaines entreprises poussent même l’obligation jusqu’à son paroxysme, avec, par exemple, la destruction automatique des mails envoyés à leurs collaborateurs pendant leurs congés, avant leur lecture. Celles et ceux intéressés doivent fournir la liste des personnes dont ils souhaitent continuer à recevoir la correspondance (quel gain de temps !).

Alors oui, il est fondamental de respecter la loi. Oui, accorder de l’importance à cette question prégnante de l’équilibre vie privée – vie professionnelle est primordiale dans une entreprise, ne serait-ce qu’eu égard aux nombreuses études sur le sujet, démontrant combien les salariés sont sensibles à cette préoccupation de l’employeur. Mais très franchement, je crois que cela me rendrait folle de ne pas assurer un service minimum, même pendant les congés. Quant à détruire mes mails, il n’en est pas question. Ce serait une source de stress, une hérésie. Pourquoi ? Parce que même à l’acmé de l’été, l’activité économique existe encore, bel et bien, quoi qu’on en dise. Peut-être aussi que le travail peut être une source de plaisir, allez savoir !

« MÊME À L’ACMÉ DE L’ÉTÉ, L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE EXISTE ENCORE, BEL ET BIEN, QUOI QU’ON EN DISE. PEUT-ÊTRE AUSSI QUE LE TRAVAIL PEUT ÊTRE UNE SOURCE DE PLAISIR ! »

Dans certains pays, certainement moins connectés, je vous l’accorde volontiers, le travail est perçu comme non seulement, une voie de survie, mais également, d’émancipation. C’est par exemple le cas au Rwanda, où jusqu’en 2005, les femmes n’avaient pas le droit de travailler sans le consentement de leur époux. Une loi est passée par là et essaie de révolutionner les choses, dans un pays où 70 % de la population vit en milieu rural : désormais, les hommes doivent partager leurs terres et les femmes s’approprient la gestion des exploitations agricoles. Elles se réunissent en coopératives agricoles et essaient de faire fructifier leurs affaires : le travail, non seulement vital, offre un chemin pour faire évoluer leur condition. Bien évidemment, cet accès à l’emploi, seul, ne suffira probablement pas, mais il apparaît comme un premier pas bienvenu.

En France, notre gouvernement semble profiter de cette pause estivale pour décaler certains sujets – notamment sociaux – aux calendes grecques, soit, pour septembre. Concernant le plan pauvreté, qui aurait dû être présenté le 10 juillet, l’entourage du chef de l’État a avancé que Coupe du monde oblige, Emmanuel Macron n’aurait pas pu être disponible. Question de priorité. Peut-être aussi craignait-il que son discours social ne soit noyé sous la vague footballistique populaire. Et que le gouvernement veuille laisser passer l’été se comprend, le temps, peut-être, de calmer les tensions ressenties avec la plupart des Départements. La rentrée de septembre s’annoncera donc chargée socialement, et politiquement passionnante. On aurait presque hâte d’y être.

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

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