L’édito de Myriam Denis : “Silence radio”

L’édito de Myriam Denis : “Silence radio”

L’Europe si proche, et pourtant si loin… C’est en tout cas le sentiment qui prédomine en cette période pré-électorale qui, il faut bien l’admettre, est loin de mobiliser les foules.

Myriam DenisLe scrutin se déroulera les 25 et 26 mai, et devrait décider quels députés représenteront la France au sein du Parlement européen. Pourtant, force est de constater la mollesse de la mobilisation relative à cette élection, accompagnée d’une campagne qui se déroule dans une indifférence quasi-généralisée. Si l’on remonte un peu dans le temps, on constate que cette élection est loin de remporter les suffrages chez les Français. En mai 2014, le taux d’abstention dans notre pays atteignait 57,57%. Selon différentes études, les plus enclins à se rendre aux urnes sont les plus de 65 ans, les « catégories socio-professionnelles supérieures » ou encore, les habitants des grandes villes. L’électeur pro-européen serait-il un croisement inique entre le hipster et le bobo ? Il ne s’agit même plus de scepticisme, il s’agit d’indifférence. Pourquoi ? Est-ce la faute de l’institution européenne en elle-même ? Et pourquoi pas, plus vraisemblablement, l’application simple de ce que, dans notre jargon journalistique, nous appelons « la loi de proximité » ? Cela reviendrait à dire que les enjeux de l’Europe ne galvanisent pas les foules, parce que l’institution paraît lointaine, éthérée, presque écartée de nos préoccupations quotidiennes. En école de journalisme, et même si cela remonte à quelques années maintenant, je me souviens d’une phrase que l’on nous répétait à l’envi : « un séisme au bout du monde qui fera des centaines de morts et de blessés touchera moins vos lecteurs que la personne assassinée au coin de leur rue ». C’est sans doute un peu moins vrai aujourd’hui, avec le développement des chaînes d’infos en continu, mais quelque part, le principe peut rester applicable, même s’il paraît cruellement proféré. L’Europe apparaît encore bien souvent comme une grosse machine en laquelle il est difficile d’avoir confiance, un échelon qui recouvre tout, sauf la proximité. Comment dès lors, mobiliser autour de cette idée : nous sommes un seul et même peuple européen ? Et puis, comme le soulignent de nombreux observateurs de la vie publique, en France, nous sommes habitués à des débats clivés entre différents partis. Au sein du Parlement, c’est totalement différent : le scrutin favorise la représentativité des différents pays, comment donc considérer que chaque “petite” voix va compter ? Au sein du Parlement, il n’existe pas de majorité politique, on cultive le compromis, et ça, c’est un peu éloigné des façons de faire de nos politiques. Politiques – de tout bord – qui ne semblent d’ailleurs pas toujours très cohérents entre eux, lorsqu’il s’agit d’aborder la question de l’Europe. D’ailleurs, pour certains, l’élection européenne marquera sans nul doute un tournant : revers, claque, ou bonne surprise.

“L’ÉLECTEUR PRO-EUROPÉEN SERAIT-IL UN CROISEMENT INIQUE ENTRE LE HIPSTER ET LE BOBO ?”

Loin de verser dans l’euroscepticisme ou l’optimisme béat, personne ne saurait nier l’importance – grandissante – de l’Europe dans nos vies. Et je crois que parfois, il faut savoir éviter de donner sa langue – ou sa voix – au chat. Qui peut aussi se révéler être un terrible prédateur…

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

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