Voilà deux semaines qu’on nous refait un coup à la DSK. Chaque jour nous amène son lot nouveau de révélations et de consternations, jusqu’à abattement total du principal candidat à la présidence de la République.

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Cela semble même en passe de devenir un passage obligé que de flinguer le favori. Après la luxure et l’envie, quel sera le prochain des sept péchés capitaux à être dénoncé, et qui sera la victime ? On se croirait presque dans Seven, le cultissime film de David Fincher.

Mais à qui profite le crime ? A Marine Le Pen ? Évidemment même si, paradoxalement, cette dernière est également empêtrée dans une histoire d’emploi fictif pour un montant de (seulement) 300 000 euros. A Emmanuel Macron ? L’affaire Pénélope lui aura effectivement permis de prendre un réel avantage dans les intentions de vote. A Nicolas Sarkozy ? Ce dernier ne crache sans doute pas sur ce petit croche-pied délivré à son ancien sbire devenu trop envahissant. A Benoit Hamon qui apparaît en n en mesure de stopper l’hémorragie du parti socialiste ? A Alain Juppé, de nouveau considéré comme l’homme de la situation par les électeurs de la droite ? Quoi qu’il en soit, comme pour Strauss-Kahn en son temps, le sort de François Fillon semble désormais scellé, lâché par une partie des Républicains, décroché dans les sondages, en rupture de confiance avec plus de deux tiers des Français…

« APRÈS LA LUXURE ET L’ENVIE, QUEL SERA LE PROCHAIN DES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX À ÊTRE DÉNONCÉ ? »

Alors, le candidat de la droite est-il la victime d’un odieux complot ? Il est évident que le timing est parfait… Mais, ce dernier n’en reste pas moins responsable d’avoir versé près d’un million d’euros à ses proches sur des deniers publics. Qu’il s’agisse de travail dissimulé ou non, des montants de salaires estimés entre 7 000 et 10 000 euros bruts mensuels pour sa femme et entre 3 800 et 4 800 euros pour ses enfants encore étudiants ont de quoi choquer l’opinion.

De fait, c’est avant tout cette différence entre les largesses dont sont capables nos dirigeants d’un côté et les efforts qu’ils font peser sur les contribuables d’autre part qui crée le malaise. On ne peut s’empêcher de voir dans la générosité de Fillon pour sa famille une volonté d’enrichissement personnel, et d’associer cette pratique aux autres affaires d’emploi fictif d’Alain Juppé, Patrick Balkany, Pierre Mauroy, aux billets d’avions de Jacques Chirac, au cireur de chaussures d’Aquilino Morelle, à la phobie administrative de Thomas Thevenoud…

L’accumulation de condamnations, de passe-droit, de mauvaises pratiques et d’absence de transparence ont définitivement eu raison de la patience et de la confiance des électeurs, en recherche d’authenticité. Pendant ce temps la campagne continue. Les désillusions aussi…

Stéphane Coltice
Directeur délégué de la publication
s.coltice@eco-ain.fr

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