Entrepreneuriat : des couveuses d’entreprises pour tester son activité sans risque

par | 12 septembre 2024 à 11H25

Les couveuses sont des structures accueillant les porteurs de projets avant leur immatriculation, en mettant à leur disposition les outils pour les aider à passer le cap de l’entrepreneuriat. En Haute-Savoie, le site économique des Lacs propose ce dispositif.

Suite à plusieurs expériences locales menées depuis les années quatre-vingt-dix, l’État a décidé d’encadrer voilà une vingtaine d’années l’accompagnement des porteurs de projets désireux de tester le bien-fondé de leur activité avant de se lancer dans le grand bain. Avec la mise en place du Contrat d’appui au projet d’entreprises, le dispositif bénéficie d’un cadre juridique commun sur tout le territoire.

L’Union des couveuses qui a été lancée en 2002 pour fédérer les structures de métropole et d’outremer a largement contribué à la prise de conscience des élus nationaux. À Thyez, Nuna Développement fait partie de ce réseau de plus de 60 couveuses et propose avec son site économique des Lacs une structure dynamique dédiée à l’entrepreneuriat depuis une dizaine d’années en intégrant également une pépinière et un hôtel d’entreprises.

Amandine Martinelli est chargée d’accompagnement pour Nuna Développement.

À laquelle s’ajoutent des permanences au sein de différentes structures des Savoie organisées en fonction des besoins sur place : à Thonon-les-Bains, Annemasse, Annecy, Albertville et au Bourgetdu- Lac. Depuis 2015, plus de deux cents entrepreneurs ont ainsi été accompagnés.

Suivi personnalisé

« Les porteurs de projets sélectionnés sur dossier signent un contrat CAPE pour une durée de trois ans maximum », décrit Amandine Martinelli, chargée d’accompagnement chez Nuna et également consultante indépendante en bilans de compétences. Les prescripteurs sont en majorité des organismes institutionnels partenaires tels que France Travail, la Chambre de métiers et de l’artisanat de Haute-Savoie, la Chambre de commerce et d’industrie départementale.

Le bouche-à-oreille reste encore marginal pour ce dispositif mal connu du grand public. Pourtant, il offre des garanties pour lancer son activité sans prise de risque. « La couveuse fait bénéficier d’un hébergement juridique en prêtant son numéro de Siret pour facturer », poursuit-elle. En clair, pas besoin de s’immatriculer, ni d’ailleurs de souscrire une responsabilité civile professionnelle.

Le couvé dispose d’un service de comptabilité interne pour déterminer ses cotisations sociales, le paiement de la TVA, et effectuer ses déclarations fiscales. Il conserve son statut initial et peut continuer à percevoir ses indemnités chômage en tant que demandeur d’emploi, à condition de capitaliser son chiffre d’affaires au sein de la banque de la couveuse.

« Le montant des charges sociales est très élevé et se monte à environ 47 %. C’est pourquoi nous conseillons aux porteurs de projets de passer un maximum de frais pour leur activité, sachant que sur les biens matériels le montant ne peut pas excéder 500 euros hors taxe », détaille Amandine Martinelli. Le couvé peut même continuer à exercer une activité salariée à temps partiel.

Un système gagnant

En moyenne, le contrat s’étend sur quinze mois et ensuite deux choix possibles : poursuivre l’activité ou arrêter. « Plus de 70 % s’immatriculent à l’issue, en majorité sous le statut d’entreprise individuelle. D’autres choisissent le portage salarial ou les coopératives d’entreprises », liste la chargée d’accompagnement.

Le site économique fait bénéficier les couvés de ses espaces de coworking gratuitement, de bureaux pour des rendez-vous clients ponctuels, mais aussi de formations, d’animations, d’ateliers et d’autres temps collectifs organisés sur place. Une mise en réseau qui permet d’échanger avec d’autres entrepreneurs, futurs ou déjà immatriculés, mais aussi de favoriser les coopérations autour de développements d’activités.

« Nous comptons une soixantaine de petites entreprises immatriculées », dit Amandine Martinelli. Le dispositif de couveuse couvre un large panel de secteurs, des prestations de services comme les accompagnements et coaching, l’artisanat, les activités artistiques… Mais n’est en revanche pas adapté pour les activités réglementées comme les professions médicales, du droit ou pour le BTP.

Réseau d’aide en Suisse

Le canton de Genève dispose de différents organismes pour aider les entrepreneurs à développer un projet. L’Office cantonal de l’économie et de l’innovation (OCEI) est la porte d’entrée naturelle afin de déterminer quelle structure est compétente selon les projets. Reste que beaucoup d’entre eux sont tournés vers des activités innovantes, en lien avec les nouvelles technologies, les sciences de la vie qui répondent davantage aux besoins des start-up.


Sandra Molloy


Cet article est issu du magasine L’Extension Automne 2024, disponible gratuitement au format liseuse en ligne ici >>


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