Étienne Blanc : « À Lyon, un très beau programme est à bâtir »

Étienne Blanc : « À Lyon, un très beau programme est à bâtir »

Le premier vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes a 2020 en ligne de mire. L’homme, considéré comme un outsider, revient sur sa candidature à la mairie de Lyon.

Étienne Blanc, qu’est ce qui a motivé votre décision de vous présenter à la mairie de Lyon ?

Aujourd’hui, j’exerce la fonction de premier vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Je gère les finances et l’administration de cette collectivité de huit millions d’habitants, une population aussi importante que la Suisse, pour un territoire aussi vaste que l’Irlande ! Ce sont de lourdes responsabilités, qui font que je vis beaucoup à Lyon. J’ai aussi pu traiter de dossiers très lyonnais, comme le musée des tissus, la construction d’un nouveau lycée à Gerland, le projet de développement de Fourvière, ou encore, l’installation d’entreprises, mais aussi travailler sur les thématiques de la recherche, les universités… J’ai construit de nouveau des réseaux sur le territoire. Et puis, depuis 2001 et l’élection de Gérard Collomb, le courant de pensée qui est le mien, cette droite libérale, européenne et sociale est en déshérence à Lyon. Des élus, des maires, des conseillers départementaux, régionaux, des parlementaires, ont pensé que j’étais celui qui pouvait le mieux rassembler pour reconstruire ce courant de pensée au service d’un projet pour Lyon et la métropole.

Quelles sont les grandes lignes du programme que vous vous apprêtez à défendre ?

Lyon connaît et a connu des succès en matière de développement économique et de rayonnement, parce que c’est une grande métropole de dimension européenne. Partout, en Europe, les secteurs urbains se sont métropolisés. On a assisté à une urbanisation très importante. Cette métropolisation et cette densification des villes entraîne des problèmes dans la vie quotidienne. Beaucoup de voitures, de stress, peu d’espaces de nature en ville : il s’agit d’un vrai sujet pour Lyon et sa métropole. Comment faire en sorte que la ville soit plus paisible ? Cela touche aux questions de tranquillité publique, d’environnement, de pollution, de qualité de l’air, de la vie associative, de la solidarité… Un très beau programme est donc à bâtir autour des questions sociales, environnementales, de mobilité, de sécurité, de soutien à la vie associative, de développement des équipements sportifs…

Il y a un deuxième sujet : celui des grands équipements lyonnais sur lesquels aujourd’hui nous devons rattraper un certain retard. Rentrer ou sortir de Lyon à certaines heures est extrêmement difficile. Pourquoi ? Lyon est l’une des villes d’Europe qui présente le plus de retard sur les périphériques, les contournements. C’est vrai pour la route, mais également pour le ferroviaire, les autoroutes. Se pose également l’épineuse question de l’aéroport de Saint-Exupéry, mal relié à son centre-ville, contrairement à ce qu’il peut se passer dans d’autres grandes villes. La mobilité, le transport sont des questions primordiales qui appellent des réponses.

Pensez-vous que vous avez de bonnes chances de l’emporter ?

Bien sûr ! Évidemment, je n’ignore pas que j’ai un déficit de notoriété. Mais la notoriété, cela se travaille en dix-huit mois ! Je crois aussi qu’un projet puissant peut nous permettre de bâtir un “après” Gérard Collomb. Les circonstances politiques jouent également : la gauche n’est pas rassemblée, Gérard Collomb est en rupture, et avec les socialistes qui l’ont porté au pouvoir en 2001, et avec les centristes, et avec l’extrême gauche qui lui en veut d’avoir été ministre de l’Intérieur, et avec les Verts qui pensent qu’il n’a pas su gérer la qualité de l’air dans Lyon…

Le passage de Gérard Collomb au sein du gouvernement Macron peut-il l’avoir affaibli politiquement ou au contraire, aurait-il renforcé sa position ?

Je l’ignore. En revanche, je sais que les conditions de son départ sont très curieuses. C’est sans doute le seul ministre de l’Intérieur en France à avoir démissionné en l’annonçant dans le journal ! D’autant plus que sa fonction touchait prioritairement à la sécurité des Français : une mission primordiale.

Vos ambitions pourraient-elles à leur tour devenir plus nationales ?

Non ! Je suis concentré sur le combat lyonnais. J’ai toujours aimé la politique, mais dans le sens où vous pouvez changer les choses, servir un projet. C’est aussi pour cela que j’ai démissionné de l’Assemblée nationale : vous vous posez des questions lorsque vous êtes député. Est-ce que vous pesez sur les choses ? Vous êtes à la commission des finances et les déficits vous filent entre les doigts. Vous êtes à la commission des lois et vous voyez que la sécurité et la justice sont à la peine. Dans un mandat local, je crois que vous pesez davantage, vous faites quelque chose de concret.

Quelle est l’histoire de votre engagement politique ?

La politique m’a toujours intéressé. Mes parents nous ont appris à nous engager dans la vie de la collectivité et à nous préoccuper du monde qui nous entoure. Il ne fallait pas être renfermés sur nous-mêmes, sur nos vies personnelles. C’est par ce biais que j’ai découvert la vie politique. J’aimais beaucoup lire la presse. Mon père, industriel, aimait beaucoup réfléchir, c’était un homme de fond, jamais superficiel. Il nous parlait de politique, d’économie, de social, d’histoire. Ma mère me donnait de nombreux livres. Ma grandmère, d’un petit village de l’Ain, lisait le Figaro chaque jour.

En cas d’élection à la mairie de Lyon, on peut imaginer que vous quitterez votre poste à la Région ?

Nous verrons au lendemain de l’élection ! En fait, je serai obligé de le faire.

Quel bilan pouvez-vous tirer de votre action au sein du Conseil régional ?

Tout d’abord, la remise en ordre des finances de la Région. En l’espace de trois ans, nous avons réalisé avec Laurent Wauquiez, environ 12 % d’économies de fonctionnement. Désormais, notre région peut à nouveau intervenir et investir pour soutenir l’économie, notamment. L’investissement est ainsi passé de 710 à 850 millions d’euros. Ensuite, nous avons fusionné deux régions. Contrairement à d’autres qui se sont regroupées, nous avons juxtaposé les forces présentes, ce qui a permis des économies substantielles. C’était terriblement compliqué, un travail colossal, nous dénombrons 9000 agents. Pour l’identité d’Auvergne-Rhône-Alpes, pour son rayonnement, c’était très important. Enfin, nous avons redonné au monde économique et au monde politique local, une région qui intervient, se développe et peut porter des projets. Il s’agit tout de même de la collectivité qui accompagne les développements économiques par la formation, par les infrastructures, le soutien des filières, l’accompagnement des clusters et des pôles de compétitivité, des universités…

Quelles sont vos relations avec Laurent Wauquiez ?

Je lui reconnais une force de caractère, une détermination et une intelligence hors du commun. Après, nous avons des styles différents. J’aime beaucoup travailler avec lui, on ne renonce pas, on ne recule pas. Nous entretenons des rapports de loyauté et de confiance. En politique, il faut additionner les forces !

Quel est votre ressenti par rapport aux actions des gilets jaunes ?

Cela me fait penser à ce qu’il s’est déjà produit avant les grands tournants que la France a connus. Les manifestations trouvent leur source dans ce gazole trop cher ou dans la multiplication des taxes. Ce sont des milliers de Français qui manifestent car ils sont accablés d’impôts, ils disent au gouvernement que ce n’est plus possible. Les gens veulent des services en face. La France est le pays le plus fiscalisé d’Europe !


Bio express

    • Né le 29 août 1954 à Givors.
    • Étienne Blanc poursuit ses études de droit à Lyon. Il devient avocat et prête serment auprès de la Cour d’appel de Lyon, en 1978. Avocat à Bourg-en-Bresse, il ouvre ensuite un cabinet à Divonne-les-Bains.
    • Il débute son engagement politique en 1991 avec son élection en tant que maire de Divonne, puis conseiller régional en 1992. Il est élu député de l’Ain en 2002 pour la troisième circonscription, mandat exercé jusqu’en 2016.
    • 2016.
      Il démissionne et devient premier vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
    • 2020.
      Étienne Blanc se présente aux municipales, briguant le poste de maire de la ville de Lyon, fief de Gérard Collomb.

Propos recueillis par Myriam Denis.


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