Euro : quel avenir 20 ans après sa création

Euro : quel avenir 20 ans après sa création

La Banque de France organisait une conférence, le 25 avril, sur les acquis et défis de la monnaie unique, l’euro.

Introduite dans les systèmes financiers le 1er janvier 1999, la monnaie commune s’est invitée dans le quotidien des Européens trois ans plus tard, en 2002. Un bouleversement analysé par le directeur de la Banque de France à Bourg-en-Bresse, le 25 avril. Ce jour-là, Patrick Croissandeau revenait sur les acquis de l’euro et ses défis. Objectif ? Adresser un éclairage indépendant et des données utiles à un public plus large, à l’heure où les Français sont appelés aux urnes pour élire leurs députés européens, les 25 et 26 mai. D’après le directeur de la Banque de France, si l’euro est un succès, la mobilisation pour optimiser son potentiel doit perdurer.

En d’autres termes, il s’agit de garantir la stabilité des prix (autour de 2 %), maintenir les changes ainsi que la volatilité moyenne de la monnaie. « En France, avant l’euro, les prix doublaient en 14 ans, désormais, il faudrait attendre 50 ans, a assuré Patrick Croissandeau. Ainsi, nous pouvons mesurer les gains pour le pouvoir d’achat en observant l’évolution du prix. Par exemple, en 2001, la baguette de pain coûtait 4,40 francs soit 67 centimes d’euro. Aujourd’hui, elle coûte en moyenne 90 centimes d’euros. Globalement, on note une inflation de 1,6 % par an depuis 2001 ». Une inflation maîtrisée donc, qui ne se traduit pas toujours à l’avantage des Européens.

En France, par exemple, les dépenses contraintes liées au logement, à la santé, ou encore le coût de l’assurance voiture, représentent une part plus importante qu’ailleurs en zone euro (+3 points entre 2001 et 2018). « Mais les conditions de financement sont plus favorables pour les Français, a tempéré Patrick Croissandeau. Le pouvoir d’achat est globalement protégé et connaît un dynamisme plus important que chez nos voisins européens. » Sur ce point, les économistes s’accordent : En 2019, la croissance du pouvoir d’achat des Français promet d’être historique.

Affronter les défis

« L’euro reste une monnaie de confiance, malgré sa spécificité compte tenu de sa non-appartenance à un État en particulier. Mais les pays membres doivent continuer à renforcer sa solidité, mieux répartir la prospérité et affirmer une souveraineté », a encouragé Patrick Croissandeau. En résumé, la Banque de France insiste sur le rôle de l’euro pour répondre aux crises financières et émet la nécessité d’achever l’Union bancaire. « Les progrès ont été décisifs entre 2012 et 2014 afin de mieux protéger les Européens et rendre les banques plus solides. Mais le travail doit se poursuivre en consolidant les banques paneuropéennes, et favoriser la circulation de l’épargne privée. » Des défis de taille.


Au niveau mondial, un climat économique chahuté

L’économie mondiale est dominée par la géopolitique américaine, le ralentissement de la croissance en Chine et le Brexit. « Toutes ces incertitudes relèvent de décisions politiques », a souligné Patrick Croissandeau. Finalement, la croissance mondiale est estimée à 3,3 % en 2019, d’après les prévisions de la Banque de France. « Nos prévisionnistes envisagent un rebond au second semestre grâce à la relance du programme de relation de crédit (des prêts permettant aux banques de chercher des liquidités) ». En zone euro (19 pays), l’activité est nettement plus faible que prévu au premier semestre 2019. En cause, le brusque ralentissement en Allemagne dû à l’automobile, et la volatilité des marchés financiers en Italie qui a ébranlé la confiance des chefs d’entreprise. En France, on remarque un ralentissement progressif dans l’industrie et les services, à un niveau qui reste toutefois élevé. La reprise semble tenir dans le bâtiment. Patrick Croissandeau a indiqué : « On assiste à un moindre soutien de la demande extérieure, une des composantes de la croissance du PIB. »

Confiance dans l’euro

Sur la période 1999-2018, la confiance en l’euro est passée de 57 à 81 % en Allemagne, de 68 à 72 % en France. Les Pays-Bas, l’Autriche et l’Allemagne ont rééquilibré leurs finances publiques.

La Pac dans l’Ain

Entre 2013 et 2017, le département de l’Ain est un des seuls de la région Auvergne-Rhône-Alpes à perdre en subventions de la Pac (- 4,1 millions d’euros en 2017 par rapport à 2013). En 2015, la part des exploitations gagnantes était estimée à 26 % d’après l’Agreste Auvergne-Rhône-Alpes, contre 39 % en 2017, soit une augmentation de 13 points. Ainsi, il s’agit d’une augmentation de 2 000 euros ou plus pour la moitié des exploitations gagnantes, mais la diminution est inférieure à 2 000 euros pour 44 % des exploitations perdantes.

À l’approche des élections européennes du 26 mai, certains s’inquiètent de la prochaine programmation de la Pac après 2020 comme Michel Joux, président de la Chambre d’agriculture du département : « Si les crédits de la PAC viennent de nouveau à baisser, juge-t-il, ça risque de mettre en péril des exploitations agricoles, que ce soit dans le département ou en France. »


Par Sarah N’tsia

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