La Maison de la presse fermera en septembre. Thierry Moiroux commente par une lettre adressée aux médias et à la profession.

« Comme je n’ai pas reçu d’obligation divine à vendre de la presse et malgré toute la considération que je portais à ce produit, j’ai décidé de transformer mon fonds de commerce en une activité de petite brasserie culturelle. Aujourd’hui, et j’en suis dépité, il vaut mieux vendre une canette de Coca-Cola qu’un beau magazine et un demi de bière que le journal du jour ! »
C’est dit. Thierry Moiroux va donc fermer la Maison de la presse de Bourg, dernière échoppe où l’on pouvait trouver à peu près tous les titres possibles et imaginables, dernier bastion de la liberté d’expression à la française, pilier de notre démocratie. En cause : « l’état catastrophique de la situation économique des diffuseurs de presse dont la marge nette ne suffit plus à financer les charges fixes ». « Devant la déliquescence de la filière et des financements publics moins généreux ces dernières années, des réformes structurelles ont été engagées, par obligation et dans l’urgence, tant le navire commençait à prendre l’eau de toute part et que les trésoreries devenaient exsangues, ajoute Thierry Moiroux. Les premiers niveaux ont été colmatés souvent par des artifices comptables mais ils sont loin d’être sauvés. Celui des marchands de presse spécialisés a été laissé sous la ligne d’eau et est aujourd’hui quasiment noyé. » Et d’ajouter que 5 000 points de vente en cinq ans ont été perdus.
« Si la motivation du début peut être un moteur, la lassitude s’installe. Sans intérêt d’y gagner correctement sa vie, de pouvoir être secondé par des employés justement rémunérés car professionnellement formés, de prendre comme tout un chacun des périodes de récupération et de congés, il n’y a aucune finalité à tenir à bout de bras un système qui se meurt et dont le haut de l’iceberg n’est pas connecté avec le bas. Mais à fondre des deux côtés que restera-t-il demain ! »


Historique

Voilà un peu plus de quatre ans que Thierry Moiroux, par ailleurs adjoint au commerce à la ville de Bourg, tenait (à bout de bras) la Maison de la presse, boutique de 130 m2 et qui a compté en 2016, 60 000 clients. Elle fermera ses portes en septembre prochain.


Par Myriam Denis