Entre questions environnementales et difficultés d’approvisionnement, le forum France innovation plasturgie, repoussé deux fois depuis 2020, est très attendu par les acteurs de la filière.
Tensions sur les approvisionnements, alternatives matières, plastiques recyclés, limites du recyclage, fin des plastiques à usage unique, biosourcé, biodégradable, biopolymères… L’intitulé des conférences proposées sur France innovation plasturgie, nouveau nom du Forum international de la plasturgie (Fip), organisé à Eurexpo du 5 au 8 avril, fait la part belle aux questions de matières… ou d’environnement, mais les deux se rejoignent souvent.
« Le programme est élaboré en partenariat avec des exposants, des marques et des experts de la filière, relève Stéphanie Collot, directrice du salon. L’économie circulaire et l’allègement des pièces sont clairement des préoccupations de cette édition. Des thématiques qui rejoignent les questions d’approvisionnement et de tensions sur les matières premières. »
Il faut dire que le domaine est vaste. « L’économie circulaire, ce n’est pas qu’une question de matière recyclée. Cela peut passer par la prise en compte des contraintes de recyclage en fin de vie comme la facilité à séparer les matières ou leur proximité chimique, ou par l’utilisation de matières biosourcées. Intégration de fibres de bois, de fibres de lin, de coquilles de crustacés, qui disposent de gisements importants… Leur avantage est de rendre envisageables des circuits courts, donc une limitation de la dépendance aux approvisionnements étrangers. Il existe des travaux en cours sur la récupération des filets de pêche, pour les recycler. Aujourd’hui, Greenfib, une entreprise vendéenne, arrive à produire des polymères 100 % biosourcés à partir d’huile de ricin. Elle compte d’ailleurs parmi les intervenants de la table ronde dédiée aux nouveaux matériaux », énumère Sébastien Moussard, responsable du département performance industrielle de Polyvia. L’expert interviendra également sur le Fip, pour refaire le point sur le biosourcé et le biodégradable : ce dont il s’agit, quelle est la réglementation applicable, etc. Son service travaille en effet autour de trois grandes thématiques : les matériaux, les process (y compris en fabrication 3D) et l’amélioration continue.
Sur le premier de ces thèmes, Polyvia, en partenariat avec les fabricants, les compoundeurs (formulateurs) et les recycleurs, a développé, depuis 10 ans, des matériauthèques : il y en aura d’ailleurs une, en format réduit, sur le salon. Car cet outil permet d’aborder les problématiques des entreprises, trouver avec elles des alternatives aux difficultés d’approvisionnement en fonction de leur cahier des charges, de leurs contraintes techniques et réglementaires. Et l’expert de constater dans le domaine, « des tensions importantes en ce moment, sur certaines matières et certains additifs, notamment ignifugeants ».
Autour des matériaux, s’articulent aussi des enjeux de performance, de moindre nocivité des additifs, de meilleure durabilité ou encore d’allégement… « Dans les transports, des matières chargées vont pouvoir présenter un rapport poids-solidité accru ou une meilleure tenue au feu ou à la conductivité, notamment pour la protection des batteries », cite le représentant de Polyvia, qui disposera donc d’une mini-matériauthèque sur le salon, pour évoquer tous ces sujets.
800 et 6 000
Quelque 800 exposants et 6000 visiteurs sont attendus pour une édition reportée deux fois depuis 2020. Le dernier Fip avait eu lieu en 2017.
Les temps forts
Cette édition du Fip est marquée par plusieurs nouveautés, à commencer par les Tech Tours. Accompagnés d’un guide, les visiteurs parcourront les allées à la découverte des technologies innovantes et assisteront à des démonstrations. Recyclage, nouveaux matériaux et process, machines… À chaque jour sa thématique.
Deux concours sont par ailleurs organisés. Les Fip Awards récompenseront une relation client-fournisseur, à partir d’une sélection sur dossier. Pitch Start-up mettra en avant une jeune pousse prometteuse. Les remises de prix sont prévues le 7 avril à 15 heures, en salle de conférences.
Enfin, en parallèle du Fip du 5 au 7 avril, Eurexpo accueille la 7e édition lyonnaise de 3D Print, le salon de la fabrication additive. Un rendez-vous digne d’un congrès avec plus de 80 conférences lors desquelles différents experts feront le point sur les dernières avancées et les perspectives d’une technologie qui évolue extrêmement rapidement.
Un salon, quatre espaces
Les 24 000 m² d’exposition du Fip se partagent entre différentes thématiques.
Reportée deux fois depuis 2020, à cause de la crise sanitaire, cette nouvelle édition du Fip est très attendue. Habituellement triennal, le rendez-vous n’a pas eu lieu depuis 2017. Il a même eu le temps de changer de nom entre temps, passant de “Forum international de la plasturgie” à “France innovation plasturgie”. Un moyen de fédérer l’ensemble de l’écosystème, plastiques, composites et caoutchouc.
Au regard des préinscriptions, l’organisateur, Infopro Digital, attend plus de 10 000 visiteurs, chiffre pratiquement atteint la dernière fois. « Nous sentons l’envie des acteurs de la plasturgie de se retrouver, d’échanger avec leurs clients, leurs prospects, leurs partenaires et leurs fournisseurs », note Stéphanie Collot, directrice du salon.
L’événement occupera les halls d’Eurexpo sur 24 000 m². Environ 800 exposants, y seront répartis sur quatre espaces : le premier est consacré au process (moules, machines et matières). Le deuxième, baptisé Fip Transform, est dédié aux rencontres entre les transformateurs et les marques. « On y trouvera un technolab rassemblant toutes les pièces réalisées sur place par les exposants. Et nous avons organisé une plateforme de prise de rendez-vous où les marques vont pouvoir cibler leurs interlocuteurs en fonction de leurs projets », décrit Stéphanie Collot.
Le troisième espace permettra de visualiser toutes les solutions en matière d’économie circulaire. De plus, les exposants relevant de ce domaine seront identifiés comme tels, au long d’un parcours sur le salon. Le dernier, Innovative materials days, est réservé aux matériaux nouveaux, toujours dans l’optique de favoriser la rencontre entre les fabricants et les marques.
Quant aux conférences, elles se doublent d’ateliers, pour un focus de 15 à 20 minutes sur une solution ou une autre. « Il s’agit de donner une connaissance plus concrète et pragmatique des enjeux évoqués », explique la directrice. Des enjeux qui mobilisent davantage qu’ils ne préoccupent. « Après deux années perturbées, l’ambiance est plutôt à l’optimisme, assure Stéphanie Collot. Les acteurs de la filière se sentent responsables et très engagés. »
Sébastien Jacquart








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