La plupart des petites banques privées ont pu réaliser leurs meilleurs résultats des 10 dernières années grâce à des revenus d’intérêts nets records, malgré une augmentation des coûts.
« La tendance la plus importante était clairement l’amélioration parfois significative de la rentabilité des banques privées, en particulier des petites banques privées. Cela s’explique par la forte hausse des taux d’intérêt, qui a conduit à des revenus d’intérêts nets et des bénéfices historiquement élevés », note Christian Hintermann, expert en services financiers et associé KPMG Suisse.
Une situation qui n’existe pas dans les Pays de Savoie qui, comme le reste de l’Hexagone, sont composés de grands groupes bancaires nationaux et de quelques banques régionales proposant, en plus de la banque de détail, des services de banque privée.
« Ces banques se concentrent sur les clients locaux, contrairement à la plupart des banques privées suisses qui ont souvent une forte proportion de clients étrangers », précise-t-il.
« L’influence négative du franc suisse fort, qui a réduit les revenus et diminué les actifs sous gestion, ainsi que l’afflux d’argent frais plutôt faible n’ont eu qu’un impact limité », poursuit Christian Hintermann.
20,5 milliards de francs suisses : c’est le total des revenus des banques privées en Suisse, en hausse par rapport à 2022 qui affichait 19,9 milliards de francs. Une croissance en partie causée par l’augmentation des revenus d’intérêts (+26,5 % par rapport à l’année précédente).

Portefeuille clients
Les petites banques privées de Suisse romande ont enregistré un afflux de nouveaux clients en 2023, certes inférieur à celui de 2022, mais d’un niveau similaire à celui des grandes et moyennes banques.
« L’acquisition de nouveaux clients reste toutefois l’un des grands défis, constate-t-il. Les petites banques, en particulier, qui ne disposent pas d’une présence internationale, sont confrontées à de nombreuses restrictions lorsqu’elles s’adressent à des clients à l’étranger. Les petites banques privées qui se concentrent sur les clients suisses sont particulièrement performantes. Ces banques ne sont pas confrontées aux défis mentionnés et bénéficient d’une base de coûts plus faible en raison d’un modèle d’affaires plus simple. »
Pour autant, le cabinet ne constate pas d’amélioration de l’efficacité dans l’ensemble du secteur bancaire privé au cours des dernières années, malgré les investissements importants dans la numérisation.
« Certaines petites banques sont très innovantes, les investissements de la plupart des petites banques dans ce domaine restent toutefois limités », complète Christian Hintermann, pointant une taille plus réduite de la clientèle qui freine la rentabilisation des investissements.
L’année 2024 devrait également être une bonne année, « mais avec des résultats d’intérêts nettement inférieurs, estime Christian Hintermann. Nous pensons donc que les propriétaires de petites banques privées chercheront de nouveau à vendre leurs banques ou à fusionner avec d’autres petites banques privées. »


Sandra Molloy
Cet article est issu de notre magazine La frontière en chiffres 2024-2025, disponible au format papier ou au format liseuse en ligne.









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