Comment la géothermie a été pensée au collège de Briord ?

Comment la géothermie a été pensée au collège de Briord ?

Les intervenants du chantier expliquent le choix de la géothermie pour le chauffage de l’établissement et la manière dont sa mise en œuvre a été rendue possible.

Si le collège de Briord est entièrement chauffé par géothermie (lire notre édition du 18 avril), c’est, entre autres, grâce à sa conception. Les parois verticales des bâtiments sont en béton coulé en place, avec isolant intégré. « Cela leur confère, outre une bonne résistance dans le temps, une inertie thermique importante et une maîtrise élevée des ponts thermiques », a noté Benoît Thomas, du cabinet d’architecture AU*M, lors des Ainterpros du bâtiment durable, rencontres interprofessionnelles, du 10 avril.

La réglementation impose désormais que soit réalisée, pour tout bâtiment hors petits logements, une étude de faisabilité des apports énergétiques. « Il n’y a pas de gaz de ville à Briord. Nous avons donc étudié le bois, le solaire thermique, le solaire photovoltaïque, les pompes à chaleur aérothermiques, le fioul à condensation — que nous avons rapidement écarté, non seulement pour des questions d’évolution des coûts, mais parce que le gouvernement a dit sa volonté de se passer de cette énergie d’ici une décennie — et le GPL », a retracé Rémy Husquinet, chargé d’affaires du cabinet d’ingénierie Synapse. Avec la présence sur le site du collège de la nappe phréatique du Rhône, la géothermie s’est révélée être le choix le plus rationnel.

Pour être renouvelable, l’énergie géothermique demande quand même un suivi des installations. « Les pompes de forage doivent être contrôlées au moins une fois par an, d’où l’intérêt d’en avoir deux, note Kévin Brien, des Établissements Juillard, PME spécialiste du chauffage. Sur le reste des équipements, il faut vérifier régulièrement les sondes et les filtres de traitement de l’air. Mais, ce n’est pas plus lourd qu’un autre système de chauffage. » L’entreprise a connu quelques difficultés au démarrage de l’installation. Les forages avaient été réalisés avant la construction des bâtiments et des sédiments avaient commencé à reprendre place. Les filtres des pompes se sont trouvés rapidement encrassés. Et il a fallu purger le puits de forage. « Un bureau d’études spécialisé dans les analyses de sous-sols et de forage aurait pu vous épargner ce genre de désagrément », a noté dans le public, une personne dont c’est le métier.

La chose est d’autant plus dommage que différentes aides peuvent accompagner les études de faisabilité. Il existe également des financements pour l’investissement via le fonds chaleur de l’Ademe ou via les appels à projet de la Région.


Vous avez dit géothermie ?

Schéma d'un réseau de chaleur à géothermie ©geothermie-perspective.fr Ademe
Schéma d’un réseau de chaleur géothermique.

« La géothermie, c’est l’exploitation de la chaleur du sous-sol. Cette énergie est considérée par l’État comme une ressource minière et soumise à autorisation, a exposé Marguerite Muhlaus, chargée de mission sur le sujet, au sein de la Dréal Auvergne-Rhône-Alpes (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). On peut exploiter une nappe superficielle, comme à Briord, ou des sondes géothermiques verticales pour produire du chaud et du froid, de manière concomitante ou alternée. C’est la géothermie très basse énergie. Recourir à une nappe d’eau souterraine plus profonde s’inscrit dans la géothermie basse température. Outre le chauffage de bâtiments, elle peut servir à alimenter un réseau de chaleur ou un process industriel. Sinon, plus on descend dans le sous-sol plus la chaleur est importante, jusqu’à 150 ou 200 °C, à plusieurs kilomètres. On parle alors de géothermie haute énergie. Celle-ci peut être utilisée pour produire de l’électricité. Dans tous les cas, il faut obtenir un titre minier et une autorisation d’ouverture de travaux, pour pouvoir l’exploiter. » Ne sont cependant pas concernés les puits canadiens, les géostructures thermiques et les échangeurs géothermiques d’une profondeur inférieure à 10 mètres.


Par Sébastien Jacquart

Une Eco de l'AinCet article vient en complèment du papier paru dans le magazine ECO de l’Ain du 18 avril 2019 sur le choix de la géothermie pour le collège de Briord. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi de nos suppléments et hors-séries, c’est ICI.

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