Conduire ses salariés à se faire reconnaître en qualité de travailleurs handicapés a ses avantages, mais nécessite de lever quelques freins.
Stef, spécialiste européen de la logistique du froid avec 250 sites dans huit pays et 20 000 salariés pour 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, vient de signer avec les partenaires sociaux son sixième accord handicap pour la période 2022-2024. Le groupe est engagé dans la démarche depuis 2007. Il a même intégré une entreprise adaptée, DyAd. Pour lui, c’est certes un moyen de renforcer ses engagements sociétaux, mais aussi de remplir ses obligations d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) et de bénéficier des aides de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées). Pour les salariés concernés, c’est l’assurance de pouvoir profiter de différents accompagnements, de sécuriser leur parcours professionnel et de se maintenir dans l’emploi. Encore faut-il les convaincre de s’engager dans la démarche car les freins à lever sont nombreux : peur d’être stigmatisé, placardisé, mis au chômage, entravé dans sa progression professionnelle ou dans ses démarches d’obtention de crédit, etc.
Informer, rassurer, accompagner
« Nous travaillons dans trois directions : informer, rassurer, accompagner, a témoigné Véronique Lamboglia, responsable de la mission handicap chez Stef, lors d’une visioconférence organisée par le Medef de l’Ain, jeudi 9 juin. L’information porte sur les différents types de handicap pouvant ouvrir droit à une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH). On communique aussi sur les démarches à réaliser et leurs délais de traitement. Nous distribuons une affiche par mois, que nous réalisons en interne. Nous diffusons également, avec leur accord, des témoignages de personnels qui ont pu bénéficier d’aménagements de poste ou d’une sécurisation des parcours de formation. La démarche est en effet confidentielle, ce que nous ne manquons pas de rappeler pour rassurer. Sur ce deuxième volet, nous tâchons de les tranquilliser sur l’impact de la RQTH en termes d’évolution professionnelle ou de démarches extérieures. Et puis, il faut donner du temps au salarié, lui communiquer les contacts des référents internes ou externes et le laisser revenir. Enfin, en matière d’accompagnement, nous aidons au montage du dossier. Nous attribuons deux jours d’absence rémunérés pour réaliser les démarches administratives et nous procédons à une analyse du besoin et du plan d’action. » Et tout cela porte ses fruits puisqu’aujourd’hui, Stef affiche 7,7 % de salariés RQTH dans son entreprise pour une OETH de 6 %. D’autres se lancent ainsi, à l’image des magasins Lidl qui, grâce à un accord en deux objectifs et cinq axes de travail, sont passés d’un taux d’emploi de travailleurs handicapés de 0,9 % fin 2020, à 2,42 % fin 2021.
La mission handicap du Medef
Jobs dating, interventions de sportifs paralympiques, parrainage, stages, ateliers de coaching, veille juridique, immersion auprès d’acteurs du secteur… Le Medef Auvergne-Rhône-Alpes propose, en partenariat avec l’Agefiph, différentes actions gratuites pour les entreprises, sans obligation d’adhésion, pour les informer et les mobiliser sur l’emploi des personnes handicapées, les mettre en relations avec des demandeurs d’emploi en situation de handicap ou encore, avec les partenaires du handicap.
Tout cela vise à changer le regard des entrepreneurs et de leurs salariés, sur les travailleurs handicapés. « Quatre-vingts pourcents des handicaps sont invisibles », rappellent les chargés de mission du Medef Aura sur ces questions, Aymeric Adiahenot et Aude Garnier.
Sébastien Jacquart








0 commentaires