L’horizon s’éclaircit pour les buralistes

par | 22 Sep 2021

Les débitants de tabacs se sont diversifiés. Il reste à faire pour assurer l’avenir de la profession, mais celle-ci a déjà retrouvé une dynamique certaine.

On compte 221 buralistes actifs dans l’Ain. En moyenne, ils sont âgés de 51 ans et affichent une ancienneté de neuf ans dans leur affaire. Des affaires qui bougent. Lors de l’assemblée générale du 12 septembre, avant de céder la place à Nathalie Daubourg après neuf années passées à son poste, le président de la Fédération départementale des buralistes de l’Ain, Christian Muret, a cité une dizaine d’installations récentes ou en cours : deux à Bourg-en-Bresse, les autres à Buellas, Béligneux, Jassans-Riottier, Leyment, Oyonnax, Saint-Denis-lès-Bourg et Vonnas. « Nous voyons beaucoup de changements dans les points de vente, avec des gens jeunes. Et c’est génial que des buralistes sur le point de s’installer soient déjà présents à cette AG », s’est-il réjoui.

Il faut dire que la profession revient de loin. Plusieurs années de hausses consécutives du tabac, dont une de 30 % d’un coup, l’interdiction de la cigarette dans les lieux publics, les paquets neutres… « Nous avons perdu une soixantaine de bureaux en une décennie », se souvient Christian Muret. Et le président national de la Confédération des buralistes, Philippe Coy, de confirmer : « Il y a dix ans, nous en étions plutôt à sortir les mouchoirs. Mais depuis le début de l’année, nous sommes à 27 % de transactions, contre 8 à 10 % habituellement. Cela signifie que nous avons retrouvé non seulement des acheteurs, mais aussi des financeurs. Les banques nous font confiance. Nous redonnons envie. On peut se féliciter d’être restés ouverts ces dix-huit derniers mois. Les gens ne voyaient en nous que des débitants de tabac, ils ont trouvé de vrais commerces de proximité, essentiels. »

Plan de transformation

En cinq ans, les ventes de tabac ont baissé de 5,7 % en volume, tout en augmentant de 15,2 % en valeur, dans l’Ain. Des chiffres sensiblement identiques à ceux du national. Mais, la profession n’est pas restée les deux pieds dans le même sabot, actant la nécessité de se diversifier. « Notre plan de relance, nous l’avons signé il y a quatre ans, en nous affichant comme “Premier commerce de proximité de France”, estime Philippe Coy. Nous avons raté le virage de la cigarette électronique par peur du changement, mais nous avons su nous rattraper, prenant régulièrement 10 % de part de marché. Nous avons lancé avec succès le réseau Nickel. Nous devons encore solidifier notre métier, générer du flux, développer de nouveaux produits marchands. » Et de rappeler que la profession disposait d’un plan de transformation doté de 100 millions d’euros, « un dispositif d’État unique ». « La feuille de route s’arrêtera en 2022. Mais, nous espérons inscrire ce plan dans la continuité. Cinq mille buralistes sont entrés dans le dispositif en 30 mois. L’objectif de cette année, 2 300, est déjà dépassé de 100. »

Pas de CBD

Les débitants de tabac sont donc incités à se moderniser et à innover, mais… à rester dans la légalité. Le représentant des douanes, leur autorité de tutelle, leur a vivement déconseillé de vendre du cannabidiol (CBD), quand bien même il est rageant de voir s’installer boutiques spécialisées et distributeurs automatiques, à la faveur d’un flou juridique. La législation pourrait évoluer vers une tolérance pour la vente de produits transformés (crèmes, huiles, produits alimentaires, e-liquide…) à moins de 0,2 % de THC, mais certainement pas de feuilles ou de fleurs, quelle que soit la forme (tisane, pots-pourris…), encore moins de produits à fumer. En attendant les textes, mieux vaut s’en tenir à l’écart.


Sébastien Jacquart

Sur la photo de gauche à droite : Philippe Coy, Nathalie Daubourg, Christian Muret.

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