Au vu du contexte économique, on pouvait s’attendre à voir les ventes de biens immobiliers reculer. Au contraire ! 2020 a montré qu’investir dans la pierre demeurait une valeur refuge.
À double titre, l’Observatoire de l’Immobilier qu’édite chaque année à même période la Chambre des notaires de l’Ain porte bien son nom. Chiffres à l’appui, il donne à observer en même temps qu’une analyse détaillée des ventes de biens fermes, la situation socioéconomique du pays. Emploi, endettement… il faut avoir réglé en amont bien des problèmes pour se présenter devant le notaire, ce « professionnel du bien », qui voit défiler dans son étude la vérité du moment, celle qui échappe souvent au plus haut niveau.
Ces chantres de la proximité témoignent de situations réalistes, des clients, avec leurs désirs et leurs craintes. « On ne se doute pas à quel point ils ont peur aujourd’hui de mettre leur argent à la banque, à cause de l’endettement de la France et par crainte de voir leurs économies mal employées. Ils préfèrent investir dans la pierre, valeur refuge, comme toujours », analyse Caroline Grosjean, présidente de la Chambre des notaires de l’Ain, à l’occasion de la présentation de l’Observatoire de l’immobilier.
« Une sérénité étonnante »
Dans l’Ain, en 2020, si baisse générale des ventes il y a (-4 %), c’est avant tout parce que 2019 avait été une année exceptionnelle, record même ! Ce contraste entre précarité économique du pays et rayonnement immobilier peut-il durer ? Pendant que l’on se met la rate au cours bouillon pour savoir comment on réchappera des confinements et autres couvre-feux, la chambre notariale argue de plus d’optimisme.
« La situation est paradoxale, mais rassurante. Cela montre qu’on peut résister à des crises importantes », constate Caroline Grosjean, qui a relevé pour sa part « une sérénité étonnante des Français que l’on dit pessimistes, attentistes, mais qui ont eu une belle réaction en menant jusqu’au bout leur projet, en dépit des grands chamboulements imposés par la crise sanitaire et économique ».
Des remboursements moins chers que des loyers
« Globalement, 2020 n’est pas une mauvaise année ! Il y a certes eu un peu moins de demandes, mais compte tenu des deux mois de confinement, l’année reste positive », explique Caroline Grosjean. Pour l’Ain, l’Observatoire montre que les professions intermédiaires (les différents métiers entre le cadre et l’employé) représentent toujours la part la plus importante (32 %) des acquéreurs, que près de 70 % des acheteurs sont aindinois, tandis que la tranche d’âge la plus représentée est celle des 30-39 ans (35 %).
Si les jeunes catégories continuent à miser sur l’Ain, il y une raison : la qualité de vie. « Elle est encore plus recherchée en cette période de crise sanitaire, remarque la présidente de la chambre. Et on a une très bonne qualité de vie dans l’Ain ! » Autre raison à cet élan juvénile, mais dont peuvent sûrement s’accorder d’autres départements, ce sont les taux de crédits toujours historiquement bas.
« Pensez qu’on arrive à obtenir des remboursements de prêts moins chers que des loyers ! » Quand au bien le plus prisé, il demeure la maison individuelle. « On est sur le registre de la famille. On veut la loger pour mieux la protéger. Et la France est toujours autant un pays de propriétaires terriens ! » renchérit la présidente.
La situation que vit le pays en général, pour ne pas dire le monde entier, cette traversée du désert de l’inconnu, entraîne avec elle une peur du lendemain, ces changements de paradigmes qu’on nous annonce et qui suscitent un attentisme jamais bon pour les affaires. « Puisque les prix ne cessent d’augmenter avec la demande, autant attendre, pensent à tort certains vendeurs. C’est ça qui m’inquiète le plus ! » confesse Caroline Grosjean. En attendant de voir ce que révèlera le prochain observatoire, la maison “Ain” garde ses fondations solides. Essentiel par avis de tempête.

Rapport achat/location de grandes disparités selon les communes
À prix médians, le rapport “prix d’achat/prix de location” au mètre carré pour les appartements anciens dans l’Ain fait ressortir quelques disparités. À Bourg-en-Bresse, il faut débourser en moyenne 1530€/ m² pour un rapport de 9,9 €/ m² à la location. À Ambérieu-en-Bugey, 2020€/m² pour 8,6 €/m². À Miribel : 3170€/m² pour 11 €/m². À Gex : 3820 €/m² pour 16,3 €/m². À Oyonnax : 1110 €/ m² pour 8,2 €/m². À Valserhône : 1770 €/ m² pour 10 €/m².
Sources : prix au mètre carré médian des appartements anciens T2 (Perval). Niveau des loyers au mètre carré en 2019 (Clameur).
2 110 €
C’est le prix de vente médian au m² d’un appartement ancien aindinois (+9,5 %). Hors Pays de Gex, il n’est plus que de 1630 €/m² (+4,2 %).
-4 %
C’est la baisse en 2020 du volume des ventes immobilières, tous biens confondus, révélée par l’Observatoire de l’immobilier des notaires. Soit, -7,2 % de maisons anciennes, -6,2 % d’appartements neufs, -0,5 % de terrains à bâtir et +2,5 % d’appartements neufs.

L’Ain plus abordable régionalement
Par rapport à ses voisins, le département est bon marché pour acquérir un bien… En Auvergne-Rhône-Alpes, les prix ont augmenté en un an de 4 % en ce qui concerne les appartements anciens et de 3,5 % pour les maisons anciennes. Les prix médians au mètre carré des départements voisins de l’Ain sont : 3490 € dans le Rhône, 2810 € en Savoie, 2120 € en Isère et 1030 € en Saône-et-Loire.
Pour l’acquisition d’un appartement ancien, les prix au mètre carré médians et les évolutions sur un an varient selon les préfectures voisines de Bourg-en- Bresse (1430 €/m², +2,4 %). A Lyon, il faut ainsi compter 4710/m² (+11 %). Annecy : 4190/m² (+5,4 %). Grenoble : 2270 €/m² (+5,1 %). Chambéry : 2230 €/ m² (+2,5 %). Valence : 1610€/m² (5,6 %). Lons-le-Saunier : 1270 €/m² (-0,6 %). Mâcon : 1101 €/m² (+2,5 %) et Saint-Étienne : 1000 €/m² (+9,3 %).
Appartements neufs
Le prix médian au mètre carré dans l’Ain pour acquérir un appartement neuf est de 4880 € (+0,2 %) et de 3020 €/ m² (+4,4 %) hors Pays de Gex. Il est précisément de 3220 €/m² dans la Plaine de l’Ain côtière et 5150 €/m² en Pays de Gex.
Terrains à bâtir
Le prix de vente médian pour un terrain à bâtir dans l’Ain représente 80 000 € (+2,6 %). Hors Pays de Gex, il n’est plus que de 75 700 € (+0,9 %). Dans les départements voisins, le prix de vente médian des terrains est de 173 500 € (Rhône), 90 000 (Isère), 87 000 (Savoie) et 37 700 (Saône-et- Loire).
Maisons anciennes
En 2020, il fallait compter 215 200 € (prix de vente médian) pour acquérir une maison ancienne dans l’Ain (+4,7 %). Hors Pays de Gex, ce n’est plus que 201 200 €. Dans le Rhône, le prix médian s’affiche à 328 300 €, en Savoie, 245 400€, en Isère, 232 000€ et en Saône-et-Loire, 121 000€..
Par Éliséo Mucciante








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