Immobilier : le Nord-Isère mieux côté que Grenoble

Immobilier : le Nord-Isère mieux côté que Grenoble
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Les prix de l’immobilier ont été à la hausse sur notre territoire en 2018, signe de bonne attractivité, à contrario de la capitale iséroise qui essuie un net recul…

Chaque année les notaires de l’Isère éditent un « Observatoire de l’Immobilier » dont les données sont établies à partir de ventes fermes, ce qui rend leur étude efficace et très instructive. Elle peut dès lors être décortiquée et analysée plus sûrement, et c’est justement ce que font les rapporteurs, membres de la Chambre des Notaires de l’Isère, pour la presse, d’abord, pour leurs confrères du département lors d’une grande messe qui aura lieu en mars prochain, ensuite. Ces professionnels ont développé un sens de « l’observation » pour être aussi en prise directe avec « la vraie vie », comme on dit, côtoyant à la fois ceux touchés par le malheur – dans le cadre d’une succession – et ceux touchés par la grâce, comme les jeunes couples prêts à acquérir leur premier bien…

Dans les deux cas, du bon sens et, surtout, du conseil ! On pourrait d’ailleurs en dire de même des avocats, mais c’est un autre sujet ! Nous avons donc observé pour nos fidèles lecteurs cet… « Observatoire » départemental, en le replaçant, d’abord, dans le contexte national. Car, à bien des égards, 2018 aura été une année faste, bien plus d’ailleurs que ne le sera, paraît-il, un 2019 dont l’horizon s’est brusquement obscurci pour les raisons que l’on connaît. Ainsi, le volume de transactions immobilières en 2018 en France est resté à un niveau élevé. Les ventes de logements anciens, par exemple, ont été estimées à 956 000, fin septembre, contre 948 000, à la même période, l’année précédente (+0,8 %).

Notons que durant ce laps de temps, le prix des maisons anciennes a augmenté de 2,6 %, soit, un peu moins que le prix des appartements anciens (+3,4 %). « 2017 fut une année record en matière de ventes et 2018 a vu cette tendance se confirmer. La hausse des prix a été maîtrisée pendant que la confiance revenait dans les marchés. Bref, le niveau d’activité a été extrêmement satisfaisant ! », se félicite Me Marc Dubois, rapporteur, avant de nuancer : « Il semble que 2019 ne soit pas autant de nature à investir : on note un certain attentisme… ».

Les ventes de logements anciens se portent bien, mais le neuf a aussi le vent en poupe.

À l’ombre de Lyon

Le prix d’un bien immobilier est souvent le reflet de l’attractivité d’une ville ou de son agglomération. En France, c’est Bordeaux qui tient les rênes, devant… Rennes ou Lyon, où l’on achète désormais « sans visiter ». L’Isère ne serait pas tant à plaindre si elle n’était pas plombée par les mauvais chiffres de Grenoble dont le prix des biens immobiliers a connu en un an une chute remarquée de (– 4 %) sur le prix de ventes des logements anciens et (– 13 %) sur celui des maisons dans l’ancien. Le Nord-Isère, avec une hausse des ventes de 2 % pour les logements anciens et de 3 % pour les maisons dans l’ancien s’est montré nettement plus à son aise. « Le Nord- Isère, comme l’Isère rhodanienne, d’ailleurs, profitent toujours de la proximité de Lyon ! », explique Me Gabriel Nallet, également rapporteur pour l’Observatoire.

Au même titre que l’économie, qui va croissant, à mesure que l’agglomération lyonnaise, en la matière, grignote du terrain, les biens immobiliers suivent la tendance. Bien entendu, les prix y sont beaucoup plus abordables que dans l’agglomération lyonnaise. Il faut en moyenne débourser 1870 €/m2 pour acquérir un logement ancien dans le Nord-Isère quand il en faut environ mille de plus pour le même bien dans le Rhône (sources JDN). La proximité des routes et autoroutes pour rejoindre Lyon ou sa banlieue est un atout non négligeable pour le Nord-Isère, si tant est qu’on rallie quelquefois plus vite le centre ville de Lyon en partant de Bourgoin-Jallieu que de certains quartiers de Lyon, eux-mêmes.

Maîtres Marc Dubois, Gabriel Nallet et Aurélie Bouvier font le tour, des locaux même de la Chambre des Notaires à Seyssins, d’une année 2018 « en demi-teinte ».

Dynamique économique et immobilière

À lui seul, le Nord-Isère totalise ainsi 9 % des ventes d’appartements anciens en Isère. Le prix du mètre carré/médian est de l’ordre de 1870 € (+2,1 % en un an, lire ci-contre). Mieux encore, signe de sa bonne dynamique, il totalise 17 % des ventes départementales en ce qui concerne les appartements neufs, avec un prix du mètre carré/médian à 3040 € (+2,9 % en un an). Les maisons dans l’ancien gardent la côte avec 30 % des ventes réalisées en Isère et un prix médian de 198 900 €, en hausse de près de 5 % en un an, tandis que les maisons neuves se vendent au prix médian de 230 000 € (+4,9 %). Quelques données sûres qui montrent, s’il le fallait, toute l’attractivité, naissante ou pas, de notre cher territoire.

La capitale iséroise interpelle les notaires

Avec une baisse de 4 % du prix de vente dans l’ancien, Grenoble a marqué le pas. «Le bilan 2018 est en demi-teinte. Avec une baisse de 4 % du prix de ventes des appartements dans l’ancien, Grenoble a été à contre-courant de la tendance nationale, plutôt orientée vers la hausse ! » Avec Saint-Etienne, la capitale iséroise a enregistré une des plus fortes baisses des prix dans les grandes villes de France. Une situation que Me Nallet, notaire et rapporteur pour l’Observatoire de l’immobilier s’explique mal, d’autant, dit-il, que « Grenoble avait connu en 2017 une hausse de 2 %, que le marché demeure toujours aussi actif et que la ville se situe dans le haut du classement en termes de qualité de vie… ».

La réponse vient peut-être de cet Observatoire de l’encadrement des loyers mis en place par la municipalité et qui refroidirait les ardeurs des investisseurs. « Il n’y a pour le moment qu’un Observatoire qui prépare à l’encadrement, mais cela freine les envies d’investir… On voudrait s’imposer des contraintes locatives alors que le marché s’érode ! », confie le rapporteur. Dans le même temps, les biens à prix élevés se vendent mal…

L’insécurité pointée du doigt

« Je pense aussi qu’on est victime d’un Grenoble-bashing en raison des problèmes d’insécurité que nous avons connus. Je n’ai pourtant pas l’impression de vivre dans une ville-western, mais c’est comme ça ! », poursuit-il, avant de conclure : « Encore une fois, le marché n’est pas atrophié. 10 % des La capitale iséroise interpelle les notaires investisseurs demeurent hors commune ! Le revenu/médian par habitant ne diminue pas ! C’est même le 6e le plus élevé des grandes villes de province. Alors, soit nous sommes dans une correction technique, soit dans une rupture de confiance profonde. L’avenir nous le dira ! ».


Par Éliséo Mucciante


Cet article est paru dans votre magazine ECO Nord Isère du 1er février 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, et pour soutenir la presse, vous pouvez vous abonner ici.

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