Les notaires des Savoie dressent un bilan 2024 marqué par une chute des transactions et une stabilisation des valeurs.
Début 2025, l’immobilier en Pays de Savoie montre des signes de reprise. Toutefois, pour 2024, les notaires font état d’un marché marqué par un équilibrage des prix et un recul significatif des transactions : -9,2 % (10 790 biens vendus) en Savoie et -12 % (17 570) en Haute-Savoie, tous biens confondus (appartements, maisons et terrains).
« Une crise violente »
Mais c’est dans le neuf que la chute est la plus spectaculaire : -22 % en Savoie (1 200 ventes actées) et -14 % en Haute-Savoie (2 930).
« C’est un vrai cauchemar. Nous connaissons une crise d’une violence rare et nous allons droit dans le mur, et à grande vitesse, avec une politique contreproductive », assène Me Yannick Garnier, notaire à Thonon et délégué départemental (74), qui n’a jamais connu pareille situation en trente ans.

Et l’expert de pointer un repli des mises en vente dans le neuf de 64 %, tandis que les demandes de logements augmentent de 11 % en 2024. Preuve – s’il en fallait encore – d’une situation hypertendue, « il faut désormais 21 mois pour vendre un appartement dans le neuf », poursuit-il. En cause, selon lui, la précarisation des ménages (même ceux qui ont de l’argent), sur fond de hausse des taux et de valeurs élevées.
Si celles-ci s’affichent toujours dans une fourchette haute, elles tendent cependant à se stabiliser,
« car les promoteurs sont contraints de revoir leurs prétentions à la baisse pour pouvoir vendre », relève, pour sa part, Me Marie-Ange Bartoli-Crepin, notaire à Chambéry.
Il faut dire que les prix ont atteint des sommets, dopés par la flambée des coûts de construction et des terrains à bâtir (voir tableau). « Le foncier toujours plus cher freine la production », déplore Me Garnier, qui préconise une augmentation de la taxe foncière sur les terrains constructibles, pour inciter les propriétaires à vendre, tout en reconnaissant son caractère confiscatoire.

Toujours selon les notaires, les prix fléchissent de 4,5 %, à 5 060 euros le mètre carré neuf médian, en Haute-Savoie, et de 3,2 %, à 5 030 €, en Savoie. Mais c’est sans compter les fortes disparités qui caractérisent nos territoires. Exemple marquant : le mètre carré médian à Annecy culmine désormais à 6 760 euros, en progression de 5,5 %, quand, à Chambéry, il stagne à 4 780 € après la forte hausse enregistrée en 2022 (mais +4,1 %, à 5 530 €/m2, à Aix-Tresserve).
L’ancien résiste
Dans ce contexte de pénurie de l’offre, l’immobilier ancien résiste, bénéficiant du fameux “effet report”. Les ventes reculent de “seulement” 8,7 % au global. Mais pas les prix (+1,3 %). À Annecy, il faut débourser en moyenne 5 080 €/m2 (et 4 290 €/m2 en Haute-Savoie) pour acheter un appartement. « Ce qui est rare est cher », rappelle Me Garnier, ajoutant que les acquéreurs n’ont pas des budgets extensibles.

Pour l’expert, « nous avons toutefois des raisons d’espérer avec la baisse des taux directeurs annoncée par la Banque centrale européenne ».
Et de conclure : « La réforme du prêt à taux zéro (PTZ) est une bonne chose, mais quid du statut du bailleur privé – qui ne changera pas avant l’an prochain – et de la nouvelle fiscalité des meublés, qui plombent le marché de l’immobilier ? »
Patricia Rey, avec Audrey Lebedeff pour l’infographie
Photo Une : Présentation des chiffres de l’immobilier à la Chambre interdépartementale des notaires de la Savoie et de la Haute-Savoie à Pringy – crédit P.Rey








0 commentaires