Indicateurs de performance, un guide dans la tempête

par | 3 Déc 2020

Quels sont les bons outils de pilotage de l’entreprise dans cette période mouvementée ? Réponses et témoignages avec le Medef de l’Ain.

« Plusieurs trains de mesures d’urgence et de relance ont permis d’apporter un soutien aux entreprises. Ils ont encore été modifiés dernièrement avec le prolongement du Prêt garanti par l’État et le renforcement du fonds de solidarité. Tout cela illustre les difficultés du moment. Dans un environnement aussi instable, il est important de contrôler la performance de son entreprise, pour pouvoir prendre les bonnes décisions. Et pour cela, il faut définir les bons indicateurs », a introduit Bernard Fontaine, associé chez KPMG, à l’occasion d’un webinaire organisé par le Medef de l’Ain sur ce sujet, jeudi 26 novembre.

Ces indicateurs peuvent être de deux types, financiers ou opérationnels, mais dans tous les cas, ils doivent correspondre à des enjeux critiques de la stratégie d’entreprise. « Un indicateur clé ne doit pas vous laisser indifférent. S’il ne vous permet pas de prendre une décision, c’est qu’il est mal défini », estime Thomas Kersaho Audinet, expert en pilotage chez KPMG.

Partager

Au sein du groupe Poralu, fabricant de menuiseries à Port, on suit une dizaine d’indicateurs, à commencer par la matière première. « Nous veillons à travailler en flux tendu pour éviter les immobilisations, explique Manuel Inigo, le directeur général. Nous suivons également le taux de rendement des ateliers de manière hebdomadaire, le chiffre d’affaires réalisé au quotidien et, mensuellement, les frais de personnel. » Et le dirigeant de citer encore le stock de produits finis, les frais fixes, les charges externes… Autant de données qui peuvent être partagées avec les collaborateurs de l’entreprise, pour les rendre acteurs. « Ce sont nos personnels de terrain qui détiennent la vérité, considère Manuel Inigo. C’est avec eux que nous allons nous assurer de l’adéquation des achats de matière première avec les besoins de la production. 10 % de stock matière en trop, c’est notre cash qui s’en va. Autre exemple, nous devions avoir une livraison le 30 novembre. On a essayé de voir si on ne pouvait pas la décaler au 1er décembre pour gagner en délais de paiement. Nous avons également des écrans qui diffusent en permanence la productivité par atelier. Cela génère une grande fierté chez les équipes qui sont en avance et leur donne l’envie forte de se rattraper, quand elles sont en retard. »

Affiner

Chez Ginot Gex, concessionnaire sur le Pays de Gex et le Pays Bellegardien, on a deux types d’activités, la vente et le SAV automobile, avec des indicateurs différents. Sur le dernier métier, on cherchera surtout à optimiser les heures effectuées et les heures facturées, à travers la prise de rendez-vous. Côté vente, le pilotage est plus délicat. « Les contrats avec les constructeurs nous imposent d’anticiper nos approvisionnements à trois mois. C’est-à-dire que, malgré le deuxième confinement, il nous faut prévoir le stock des mois de janvier, février, mars, pour pouvoir avoir du stock et continuer à vendre, y compris en occasion, raconte Pierre Ginot. Après le premier confinement, nous avions connu un phénomène de rattrapage important. Jamais nous n’avions vendu autant. Mais, il est peu probable que cela se reproduise en décembre. » Face à cette situation, l’entreprise a dû définir de nouveaux indicateurs, un chiffre d’affaires minimal à réaliser et des seuils d’alerte. « Au final, cette crise nous permet de nous rendre compte que l’on peut être plus pointilleux et trouver de nouvelles sources d’économie », conclut le dirigeant.


Gare au trop-plein

Pour Thomas Kersaho Audinet, aujourd’hui, les outils disponibles dans les entreprises permettent de générer une foule de données. Mais trop d’info tue l’info. Il convient donc de déterminer non seulement les indicateurs à suivre, mais la manière dont ils vont être générés et à quelle fréquence, ainsi que le processus de décision à adopter en fonction des résultats.


Par Sébastien Jacquart

Photo : Le Groupe Poralu n’a pas eu besoin de revoir ses indicateurs avec la crise. Pour son directeur général, Manuel Inigo, c’est le signe qu’ils étaient pertinents.

Une Eco de l'AinCet article est paru dans le magazine ECO de l’Ain du 3 décembre 2020. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi nos suppléments et hors-séries, c’est ICI et ICI.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez également :

Le campus de Bourg ouvre ses portes

Spécialisée en sciences humaines et sociales, l’Université Jean Moulin Lyon 3 accueille plus de 27 000 étudiants sur trois campus : la Manufacture des Tabacs, le quai Claude-Bernard/rue Chevreul, au coeur de la vie...

Lire la suite

Ski de randonnée : Plum a le vent en poupe

Dopé par la crise sanitaire, le ski de randonnée attire les skieurs privés de remontées mécaniques. Basé à Thyez, le fabricant de fixations Plum a dû augmenter la cadence pour répondre à la forte demande. S’il est...

Lire la suite

Publicité

Pin It on Pinterest