Infographies : les communes de montagne se dépeuplent

Infographies : les communes de montagne se dépeuplent

Globalement, les Pays de Savoie connaissent toujours une croissance démographique très dynamique. Pourtant des territoires perdent régulièrement des habitants. Zoom sur une situation contrastée.

La Haute-Savoie, dopée par l’attractivité de Genève, totalise la plus forte croissance démographique de la métropole avec une hausse annuelle de 1,4 % en moyenne depuis dix ans. Un dynamisme causé à la fois par les naissances et les migrations, qui ne doit cependant pas occulter que certains territoires se dépeuplent.

Tout comme en Savoie, où la hausse est de 0,5 % par an en moyenne entre 2011 et 2016, légèrement inférieure à la croissance régionale, mais reste concentrée dans les zones urbaines. Le département subit le double effet de la baisse conjointe des soldes naturel et migratoire, en particulier dans les communes isolées qui restent à l’écart de l’essor démographique.

Ouest très peuplé

En Haute-Savoie, c’est moins le solde naturel que le solde migratoire qui contribue à une réduction de la population dans certaines communes. Néanmoins, l’excédent migratoire reste positif sur l’ensemble du département et s’établit à +0,8 % en moyenne chaque année. La population est très concentrée à l’ouest du département, autour d’Annecy, d’Annemasse-Saint- Julien, jusqu’à l’arrondissement de Bonneville et sur les zones urbaines du bord du lac Léman. Alors qu’à l’est la densité se réduit fortement, là où les reliefs sont les plus élevés, en particulier dans les communes du Pays du Mont- Blanc.

Dans le détail, deux villes parmi les dix plus peuplées perdent des habitants du fait d’un solde migratoire négatif : Cluses et Gaillard. Un résultat étonnant, alors que ces deux localités appartiennent à des grandes aires urbaines de la Haute-Savoie qui, contrairement aux communes isolées affichent un dynamisme démographique tirant tout le département vers le haut. En particulier Gaillard, commune frontalière avec la Suisse qui ne bénéficie pas d’arrivées massives de nouveaux habitants, contrairement à ses voisines.

À Cluses, de nombreux programmes de construction de logements en cours pourraient renverser la vapeur lors des prochains recensements. La périurbanisation qui conduit les habitants en périphérie des villes se développe avec une croissance moyenne de la population de 2 % par an, liée à un solde migratoire positif et une population relativement jeune qui dope la natalité.

Parmi les grandes aires urbaines, celle de Sallanches, plus éloignée du coeur du département et de l’attractivité genevoise perd des habitants, notamment la ville de Passy qui subit une baisse annuelle moyenne de 1,1 % entre 2011 et 2016. Les jeunes couples quittent le bas de la commune pour s’installer sur le Plateau d’Assy depuis quelques années. Cependant, le prix du foncier qui était moins élevé que les communes d’altitude a tendance à augmenter. Ces localités de montagne ont elles aussi perdu beaucoup de population, en particulier la cité mégevanne, au profit de sa voisine Praz-sur-Arly.

Moins de naissances

Le département de la Savoie, presque deux fois moins peuplé, totalise 429 700 habitants soit 5 % de la population régionale contre 10 % pour la Haute-Savoie et connaît une hausse de population certes globalement régulière, mais inférieure à la moyenne régionale. Comme en Haute-Savoie, il existe des zones de forte concentration autour d’Aix-les-Bains et Chambéry, avec une enclave dans le secteur d’Albertville.

Le sud et l’est, plus montagneux et globalement moins bien dotés en services et commerces de proximité sont à l’écart de l’essor démographique et notamment les territoires éloignés des grandes aires urbaines dont la situation s’est fortement détériorée depuis 2006. Ainsi, Saint-Jean-de- Maurienne perd régulièrement des habitants, même si la baisse se ralentit : -1,3 % entre 2006 et 2011 ; -0,9 % entre 2011 et 2016.

La Tarentaise suit également une courbe identique. Ugine voit sa population stagner depuis plusieurs années. Des déficits qui s’expliquent par un solde migratoire en berne dont la contribution a été divisée par deux entre les deux périodes, ajoutés à un vieillissement de la population.

Le département a retrouvé son dynamisme économique, en particulier en Maurienne, avec l’activité industrielle qui se développe bien à nouveau après la crise de 2008, ce qui contribuera à n’en pas douter à renforcer l’attractivité de ces territoires, dont le foncier est nettement plus abordable qu’en Haute-Savoie.


Par Sandra Molloy


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