Intelligence émotionnelle : “I am because we are”

Intelligence émotionnelle : “I am because we are”

Prendre en compte l’intelligence émotionnelle en entreprise est une vertu profitable à tous.

Non, se préoccuper de l’intelligence émotionnelle en entreprise n’est pas une occupation frivole pour DRH ou manager bobo en mal de nouveauté ! S’intéresser à cette problématique, c’est entrer dans le champ de la psychologie du travail, où le QI, les diplômes et même, l’expérience professionnelle ne se suffisent pas à eux-mêmes. La formation ou les compétences revêtent naturellement leur importance, mais elles ne sont pas, ou plus, la panacée en entreprise, notamment au regard de notre capacité à être et à interagir avec les autres, et à utiliser intelligemment ses émotions.

L’APM (Association progrès du management, lire encadré), s’est emparée du sujet. Et Bernard Flavien, sorte d’extraterrestre à l’aura presque palpable, en a apporté l’édifiante démonstration. L’homme au CV long comme le bras, passé par Sup de Co et les arcanes de la direction artistique, du show-biz, mais aussi coach pour la préparation olympique des Jeux d’Athènes et Pékin, œuvre depuis une vingtaine d’années avec les Codir et dirigeants de quelques belles entreprises de renom. Bref, autant dire qu’il connaît son sujet.

« Seul, l’être humain n’est rien, plaide Bernard Flavien. Tout seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin, aime-t-il à rappeler à travers ce vieux proverbe africain. Notre cerveau est programmé pour le social et ce n’est pas un hasard si UBUNTU (I am because we are) était la devise préférée de Nelson Mandela. Et oui, une entreprise à l’origine doit avant tout savoir créer du social, si elle veut être performante économiquement sur le long terme. » C’est ainsi que pour Bernard Flavien, notre comportement est fondamental, y compris dans le cadre professionnel. « Toutes nos émotions sont utiles, reprend-il. On ne peut pas prendre de décision sans émotion et avoir peur est quelque chose de normal, qui conduit à la prudence. Regardez Trump : il n’a peur de rien, il est fou ! » Et de reprendre cette image : « Comme le jockey sur le cheval de ses émotions, il faut en garder le contrôle. L’émotion et la raison, c’est la même chose… Mais pas au même stade ! La raison, c’est une émotion refroidie. » Et de recommander au passage de ne pas répondre, par exemple, à un mail sous le coup de l’émotion. Vous pouvez le rédiger (sans destinataire), puis le relire deux heures plus tard. Là, vous verrez si vous souhaitez toujours l’envoyer en l’état… ou pas !

Vous voyez rouge ?

Une sagesse qui nécessite vraisemblablement de bien se connaître et des outils existent, comme la roue des couleurs de Jung. Bien connu, souvent imité mais jamais égalé, le test vous permet, s’il est correctement interprété (et réalisé avec sagacité), de comprendre dans quelles catégories de couleurs vous vous situez – et d’agir en conséquence. « Il n’y a pas de bonne, ou de mauvaise couleur, prévient Bernard Flavien. Et ne cherchez pas non plus à ranger les gens dans des cases ! Tout doit être resitué dans le contexte dans lequel on travaille. »

Le test conduit à déterminer si la personne est plutôt rouge, jaune, verte ou bleue. Rouge, pour la détermination : la personne est alors audacieuse, confiante, directe, aimant les défis et diriger. La jaune sera quelque peu son pendant mais davantage tournée vers les autres. La personne sera alors plutôt communicative, sociable, enjouée, imaginative. Le profil vert est celui de l’écoute attentive, du calme, de la sincérité et de l’apaisement, quand le bleu sera le côté très cérébral, précis, organisé, rigoureux. Vous pouvez être plus ou moins ceci, plus ou moins cela, mélanger les genres. Vous en découvrez un peu plus sur vous-même et finalement, l’exercice permet de reconnaître et d’apprécier justement ce que peut apporter chaque personne dans un groupe. Il y a aussi les profils plus féminins (jaune et vert) et masculins (rouge et bleu). « Aussi, ces deux branches de l’intelligence émotionnelle reflètent la polarité d’une personne, complète Bernard Flavien. Je considère que dans une équipe, la complémentarité des polarités est plus importante que la parité. »

De quoi réfléchir !

Intelligence émotionnelle ©Fotolia.jpg

L’intelligence émotionnelle gagne à être connue dans les entreprises.


Ses petites phrases

Sous forme de maximes, d’adages ou de petites phrases, Bernard Flavien fait passer bien des messages.

  • « I am because we are. » Une phrase pleine de profondeur.
  • « Un patron moderne est un manager ET un leader. »
  • « Le “nous“ est une personne à part entière. »
  • « Ce qui stresse le masculin, c’est la peur de ne pas être compétent. Ce qui stresse le féminin, c’est celle de ne pas être aimé. Mais au final et pour tous, c’est la peur de ne pas être important. »
  • « L’étymologie de manager ? Ménager sa monture ! »
  • « L’Homme est un animal social. »
  • « La colère, c’est le bruit de la peur. »
  • « Être patron/patronne, c’est être un re-père, ou une re-mère. »

L’APM, concentré de savoirs

Créée en 1987, l’association APM oscille entre club de réflexion et centre de formation. Aujourd’hui, 360 clubs existent. La devise de l’APM : « Le progrès de l’entreprise par le progrès du dirigeant ». Ses thématiques d’apprentissage, très variées, concernent par exemple les nouvelles formes d’organisation, la posture et les valeurs du dirigeant, etc.

Conceptualiser l’intelligence émotionnelle

Faites l’addition : les autres + soi + l’entreprise = nous. Un nous performant.

Intelligence émotionnelle ©Fotolia.jpg« Notre interlocuteur doit être traité comme il a besoin d’être traité, et non comme on voudrait soi-même être traité. » Voilà pourquoi essayer de comprendre l’autre est primordial. Sabine Devillers, codirectrice du cabinet Équilibres RH, coach certifiée et consultante à Bourg en est convaincue : il n’y a pas de RH… sans RH, « soit pas de ressources humaines sans relations humaines ». Elle est venue partager son analyse, notamment sur les outils d’évaluation des comportements, devant un parterre d’entreprises, au Medef de l’Ain, le 13 septembre dernier.

Roue des couleurs et outils développés sur la base des travaux de Daniel Goleman, ce psychologue américain spécialiste de la question de l’intelligence émotionnelle servent un but : mieux se connaître et mieux connaître les autres, ce qui aide incontestablement à mieux interagir ensemble et donc, à mieux performer au travail. S’approprier cette question présente de multiples enjeux, à l’heure où les entreprises peinent à recruter, où l’on est même en pénurie de profils sur certains emplois et où l’on ne peut que constater une certaine inadéquation entre les profils et les compétences recherchées (même si de nombreuses personnes sont capables de traverser des rues). Quoi qu’il en soit, l’intelligence émotionnelle participe d’une innovation en matière de recrutement et de fidélisation de ses collaborateurs, rappelait Sabine Devillers. Les compétences comportementales, comprises et valorisées, conduisent à davantage d’efficience.

Ce n’est pas Stéphane Rostaing qui dira le contraire. Patron de l’entreprise éponyme, spécialisée dans le gant technique et par ailleurs, président du Medef de l’Ain, il se forme régulièrement en la matière via l’APM (lire encadré). « Je revendique cette dimension plus sociale de l’entreprise : l’être humain est au cœur de tout. C’est de par sa performance qu’il va pouvoir satisfaire le client. On prend souvent le problème à l’envers ! Mais la rentabilité est le résultat du travail en amont. »


Par Myriam Denis

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