Interview d’Alexandre Maulin, Président de Domaines skiables de France : “le coeur de la gouvernance, c’est le client”.

Interview d’Alexandre Maulin, Président de Domaines skiables de France : “le coeur de la gouvernance, c’est le client”.

Le 1er octobre, à 37 ans, vous avez succédé à Pierre Lestas à la présidence de Domaines Skiables de France. La pression est grande ? Qu’est ce qui vous a motivé ?

La pression est grande quel que soit l’âge. À 37 ans, je fais mon métier avec un regard toujours tourné vers l’avenir. J’aime profondément ce que je fais et comme je suis un homme de conviction, j’ai eu envie de m’investir à 100 %, de mettre mon énergie au service de la cause et de la profession. Après avoir été président de la commission pistes et environnement et membre du comité directeur, je mesure l’importance de cette mission. Au-delà, c’est un véritable challenge que de succéder à Pierre Lestas.

S’agit-il d’une gouvernance dans la continuité ou la rupture ?

Un homme politique a dit (Georges Pompidou, ndlr) : « Le changement dans la continuité ». Nous garderons ce qui fonctionne déjà très bien, et pour le reste, nous évoluerons. Nous prévoyons de consulter nos adhérents afin de mieux connaître leurs attentes, et si les demandes diffèrent, le syndicat s’adaptera. N’oublions pas que nous sommes au service de nos 230 exploitants. Avec un objectif : remettre le client au centre de nos préoccupations.

Avez-vous défini votre nouvelle feuille de route ?

Si je devais en faire la synthèse, elle se résumerait à trois axes majeurs, que sont : accompagner les exploitants selon un modèle économique qui soit adapté, notamment en lien avec la baisse des dotations ; simplifier le millefeuille administratif qui, aujourd’hui, constitue un vrai frein à l’investissement et au développement territorial. Et enfin, anticiper les besoins futurs, notamment ceux de la clientèle de demain.

Alexandre Maulin, Président de Domaines skiables de France

Vous évoquez la nécessité d’évoluer vers un nouveau modèle économique. Pour quelles raisons ?

Au vu des changements qui s’opèrent, nous devons mettre en place un modèle économique qui soit en phase avec la profession. Aujourd’hui, trop de freins, trop de difficultés subsistent. La loi NOTRe pénalise l’investissement public et les règles qui régissent les délégations de service public (DSP) n’en finissent pas de changer. Ce sont autant de points d’achoppement qui déstabilisent les exploitants.

La délégation de service public (DSP) est quelque chose qui vous tient à coeur ?

Le prix des forfaits de ski est validé par les délégants, à savoir les mairies. Comparativement aux autres pays alpins, la France est moins chère de 20 %, ce qui nous empêche de faire du rendement, contrairement à la Suisse et aux États-Unis où les forfaits sont quatre fois plus élevés. Il s’agit d’un des rares services publics concurrentiel en France. En l’état, le cadre administratif est trop contraignant.

« Aujourd’hui les exploitants de remontées mécaniques sont des jardiniers des neiges qui pensent développement durable. »

Nous sommes soumis à la directive européenne sur les délégations de services publics qui est certainement très adaptée pour des services publics non concurrentiels, mais pas pour notre secteur. De plus, en juin, le conseil d‘État a rendu un arrêt sur le dossier du Sauze, dans le cadre de la reprise de la station, qui bouscule les précédents. Ce revirement pose question : quand cela va-t-il s’arrêter ? Qu’en est-il des DSP qui ont déjà été signées ? Nous sommes inquiets pour le modèle économique de certaines stations de ski et manquons de visibilité. Quand vous investissez à coups de millions, vous avez besoin de savoir ce qui va se passer à moyen terme. Le temps est venu de réécrire les règles en partenariat avec les élus et l’État, dans une logique “gagnant-gagnant”.


Propos recueillis par Patricia Rey

Cet article est paru dans votre hors-série Panorama des domaines skiables 2018-2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, et pour soutenir la presse, vous pouvez vous abonner ici.

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