La présidente de Presta Ain & Beaujolais, structure née de la fusion des services de santé au travail des deux territoires, revient sur les enjeux de ce rapprochement.
Les services de santé au travail (SST) de l’Ain et du Beaujolais ont fusionné, le 1er janvier, pour former Presta Ain & Beaujolais, dont vous avez été désignée présidente. Quel est l’objectif de ce rapprochement ?
Cette fusion entre nos deux services s’est bâtie sur un projet de partenariat qui visait à améliorer la satisfaction de nos adhérents employeurs et leurs salariés, et à dynamiser les équipes en interne. Un choix conforté par de nombreux points de ressemblance : même bassin d’emploi, même typologie d’adhérents, même organisation en équipes pluridisciplinaires, même prestataires d’outils informatiques et d’outils d’impression, même vision du management… Nos deux conseils d’administration ont validé le fait de travailler ensemble sur notre système d’information et notre démarche qualité. Nous nous sommes alors rendu compte qu’une union était pertinente. S’est ensuivi un travail de fond, lourd, mené tout au long de l’année 2021.
Cette démarche s’inscrit dans le contexte du rapport Lecocq, qui date de 2018 et a fait entrer les SST dans un processus de rapprochement, notamment afin de proposer une offre commune et homogène. C’est une volonté de nos instances. De plus, les partenaires sociaux ont validé en 2020, un accord qui a engagé une réforme des services de santé au travail, en 2021. Nous avons donc également envisagé de nous rapprocher, dans ce cadre-là.
Quels changements sont à attendre de cette fusion, en termes de fonctionnement ?
En termes de services aux entreprises et à leurs salariés, notre souhait est d’apporter la meilleure satisfaction possible, de trouver une organisation de travail qui réponde aux objectifs de la réforme : faciliter les formalités d’adhésion via le numérique, aider les entreprises à évaluer leurs risques professionnels, mais aussi – c’est un point important pour nous – informer, sensibiliser, conseiller, agir en prévention, assurer un suivi individuel et adapté de la santé de tous les travailleurs. Sans oublier le maintien en emploi des salariés en risque de désinsertion, qui nous tient également très à cœur.
N’est-ce pas aussi un moyen de compenser le manque de médecins du travail ?
Non, il s’agit vraiment d’améliorer et d’homogénéiser l’offre de services. Il est vrai que l’on compte moins de médecins du travail aujourd’hui qu’il y a une dizaine d’années, où nous devions en avoir une cinquantaine. Ils sont 42 à présent, mais parallèlement, nous avons davantage d’infirmiers (31) et d’ergonomes (5), 25 conseillers en prévention, deux conseillers en chimie et une organisation en équipes pluridisciplinaires… Cette approche pluridisciplinaire est d’ailleurs très appréciée, notamment par les médecins.
Et qu’est-ce qui ne change pas ?
Nous comptons 15 sites, cinq dans le Beaujolais, dix dans l’Ain. Tous sont maintenus car nous conservons la volonté que chaque adhérent se trouve à 30 ou 35 km de l’un de nos centres. Et nous n’avons pas de site en limite de département qui mériterait d’être assimilé par un autre.
Vous évoquiez un travail de fond d’un an. En quoi a-t-il consisté ?
Il a fallu adapter nos organisations à un territoire plus vaste, faire adhérer nos équipes pour que cela ne devienne pas une contrainte, avoir une structure qui permette aussi de soutenir les projets. Le social est un aspect majeur. Nous en sommes au début de cette nouvelle organisation. Tous les bénéfices ne sont pas encore visibles. Ma première satisfaction sera celle des adhérents. Mais je me sais accompagnée par une équipe dynamique et motivée. Et je suis certaine que nous pourrons avancer.
Comment vous êtes-vous trouvée à la tête de cette structure fusionnée ?
La présidence d’un service de santé au travail exige que l’on soit en activité. Or, je dirige depuis 30 ans, une imprimerie qui emploie 11 personnes du côté de Lyon : l’Imprimerie Caladoise, à Villefranche-sur-Saône. Cela m’a conduit à rejoindre pas mal de réseaux professionnels sur le territoire. Je suis restée par exemple, 11 ans au BNI Calade, de 2009 à 2020. Et c’est ainsi que le 1er juillet 2019, sur une proposition de l’ancien président de la CCI Beaujolais, je suis devenue présidente du SST local.
Et comment abordez-vous la présidence de Presta Ain & Beaujolais ?
Il va déjà falloir s’imprégner de tous ces changements. Nous avons des personnes nouvelles à intégrer par celles qui connaissent mieux le service. La première étape sera donc d’apprendre à travailler ensemble. Puis suivront les premières décisions. Assez rapidement, je pense. L’enjeu va être de trouver une organisation intelligente qui nous permette de progresser.
Bio express
- 1er juin 1962 : Naissance
- Depuis 1995 : DAF et RRH d’Imprimerie Caladoise, à Villefranche- sur-Saône
- 1er juillet 2019 : Présidente du Service de santé au travail Beaujolais
- 1er janvier 2022 : Présidente de Presta Ain & Beaujolais, structure née de la fusion des SST des deux territoires.
Presta…
Avec un budget de 15 M€, Presta Ain & Beaujolais emploie 200 collaborateurs et accompagne 15 000 entreprises, soit 154 000 salariés suivis au travers de 73 000 visites annuelles. Quelque 5 000 actions par an sont conduites en milieu de travail.
Sébastien Jacquart








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