Pour continuer à être labellisé comme pôle de compétitivité, l’organisme a annoncé son programme de développement pour les années à venir. Un programme qui devrait l’amener droit sur l’Europe.
Polymeris a été créé en 2020. Comment le pôle a évolué ces dernières années ?
Le pôle a évolué avec un double défi depuis sa création. Il fallait fusionner Élastopole et Plastipolis, ce qui impliquait de rassembler des équipes opérationnelles mais également des gouvernances. Cela s’est fait sans trop de difficultés, mais il faut toujours ménager les susceptibilités des uns et des autres, lors de ces étapes. Tout le monde était très motivé, mais il faut se rappeler que cela s’est effectué dans un contexte de covid avec parfois des difficultés à se réunir.
L’année 2022 a été vraiment le début du fonctionnement normal de Polymeris. À ce moment-là, les notions de ex-Élastopole ou ex-Plastipolis n’apparaissent plus. Nous avons eu quelques départs parmi nos salariés, recrutés par d’autres structures de par leurs compétences, mais nous avons su retrouver rapidement des candidats très intéressants et motivés. Nous avons également profité de cette période pour mettre en avant quelques pistes d’amélioration, et notamment le besoin de structurer un peu plus fortement le pôle. Cela a mené à la création du poste de directrice des opérations.
Sur la phase 4, nous avons labellisé 180 projets et obtenu 177 millions d’euros de financements. Nous avons également vécu une croissance non négligeable du nombre des adhérents. Nous sommes en effet passés d’environ 440 membres à 536, dont 330 industriels. C’est une jolie progression, à mettre au compte des équipes qui, sur le terrain, arrivent à convaincre des apports du pôle. Aujourd’hui, cela fonctionne très bien. Notre principale problématique, c’est justement de répondre à de très nombreuses sollicitations pour cocréer ou participer à des événements et des journées thématiques, ce qui nous contraint malheureusement à faire choix car notre équipe d’une vingtaine de personnes ne peut pas se démultiplier.
Tout cela a mené fin 2022, à définir notre stratégie pour la phase 5. Elle a été relativement simple à écrire puisqu’un gros travail avait été effectué lors de la fusion des deux pôles.
Vous vous réorganisez pour le lancement de la phase 5 des pôles de compétitivité dans le cadre de la politique nationale menée par l’État. Que projette Polymeris ?
Il fallait surtout amender la stratégie en fonction des quelques axes d’amélioration que nous avions pu pointer. Nous devrions être à nouveau labellisés pour un cycle de 4 ans avec le programme de cette phase 5. Si nous n’avons pas de réponse pour le moment, je n’ai pas de réelle inquiétude sur le sujet. Dans cette partie, nous prévoyons d’améliorer notre structuration, mais également de nous développer en France et en Europe. Nous essayons également de renforcer notre position sur la partie élastomères. Pour ce faire, nous allons sûrement créer un bureau à Clermont-Ferrand, en partenariat avec Michelin.
Nous voulons également faire croître notre nombre d’adhérents à 650 et ainsi augmenter la quantité de projets que nous accompagnons. L’objectif final est d’avoir une part de financeurs privés plus conséquente. Actuellement nous sommes sur un ratio de 50/50 entre le privé et le public. Nous aimerions porter à 60-65 % l’apport privé et ainsi être le plus autosuffisant possible.
Nous voulons aussi animer et gérer un peu plus nos comités de scientifiques et d’industriels experts, pour bénéficier au mieux de leurs regards sur l’innovation.
Des ambitions particulières concernant l’Europe ?
Nous sommes présents directement ou indirectement sur 18 projets européens, contre 55 en France en 2020. Cela nous place nettement au-dessus de l’objectif que nous envisagions. L’idée est de poursuivre dans cette voie. Nous comptons actuellement une personne en charge de l’opérationnel au niveau européen, mais deux personnes ont été recrutées pour développer ce secteur.
Nous avons la volonté de devenir le pôle référent du polymère sur l’Europe. Si une structure en Belgique ou en Italie, ou un peu plus loin, pense polymère, élastomère et innovation, nous voulons qu’elle pense Polymeris. Cela nécessite d’être présents sur un certain nombre d’événements. C’est d’ailleurs une manière de faire grandir notre nombre d’adhérents européens et ainsi de les fédérer dans des projets collaboratifs. En parallèle, l’AFPC (Association française des pôles de compétitivité) nous a confié la vice-présidence de son action Europe. Une véritable reconnaissance de la présence européenne de Polymeris.
Une nouvelle directrice des opérations
À l’occasion de la phase 5, Sylvie Charrel prend la direction des opérations. Elle animera et encadrera une équipe de huit chargés de mission innovation. Sylvie Charrel a près de 15 ans d’expérience en tant que chargée de mission innovation pour la Jeune chambre économique de la Plasturgie, puis pour Plastipolis et enfin, Polymeris.
Bio express
- Octobre 1967 : Naissance dans les Vosges, à Épinal.
- 1991 : Obtient son diplôme d’ingénieur et un DEA MAE.
- 1998 à 2004 : Rejoint la direction générale de Seteram et en crée une filiale aux États-Unis.
- 2004 : Création de son premier groupe industriel, JV Technologies.
- Juin 2020 : Est élu à la présidence de Polymeris.
Joséphine Jossermoz












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