L’édile revient sur l’actualité de sa commune, entre régie directe des thermes, rupture du contrat pour la mise en bouteille de l’eau minérale locale et préparation d’un tout nouveau festival.
Après une rupture du contrat la liant à la municipalité, la Société d’exploitation des eaux minérales de Divonne-les-Bains (SEEMDLB) vient d’être déboutée par le Tribunal administratif, de sa demande de remboursement des frais engagés, de la perte de chance et des gains liés à l’exploitation. En tant que maire, pouvez-vous nous rappeler les tenants et aboutissants de cette affaire ?
Lorsque le contrat avait été présenté au conseil municipal, tout le monde s’était réjoui de la possibilité de valoriser l’eau de Divonne. Mais, au fil du temps, il est apparu de plus en plus évident que la SEEMDLB ne présentait pas les garanties promises lors de la signature. Nous avons pris contact avec elle, pour demander des gages et discuter de l’évolution du projet. Comme nous n’obtenions gain de cause sur aucune de nos demandes, nous avons arrêté le contrat, ainsi que les clauses le permettaient. Évidemment, la société s’est montrée mécontente. Mais, il n’était pas envisageable, pour la municipalité, de poursuivre les relations avec des partenaires avec lesquels le dialogue n’est pas possible.
Aujourd’hui, la SEEMDLB est déboutée sur un certain nombre de points. Elle a simplement obtenu un dédommagement de 50 000 euros au titre du préjudice moral et d’image, eu égard à la publicité faite autour de la rupture du contrat. Nous attendons maintenant de savoir si elle fera appel ou non.
C’est un litige assez similaire à celui qui vous a opposé au gestionnaire des thermes de Divonne, non ?
À ceci près que, cette fois, c’est la précédente équipe municipale qui avait choisi de rompre les relations contractuelles avec Valvital, environ 24 mois avant que nous reprenions les thermes en régie directe, en octobre 2020. Et il s’agit d’une rupture pour faute grave, puisque les termes du contrat n’étaient pas respectés. Notre volonté est de développer un nouveau projet, en rénovant le site et établissant une nouvelle stratégie touristique, pour resituer Divonne comme un site thermal majeur du Grand Genève, du département de l’Ain, de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a minima.
Nous avons été élus sur la promesse d’améliorer le rayonnement de la commune. Et cela passe par un projet de développement économique. C’est ce que l’on fait avec les thermes, avec l’aménagement des abords du lac de Divonne, avec l’accompagnement de la rénovation du château pour avoir une offre hôtelière haut de gamme, etc. À cela s’ajoutent des actions pour l’amélioration du cadre de vie des Divonnais et l’accueil de populations nouvelles.
Où en est-on, d’ailleurs, de la recherche d’un nouveau gestionnaire pour les thermes ?
Une étude stratégique débute ces jours-ci, avec pour objectif de trouver notre nouveau partenaire pour fin 2022 ou début 2023.
Cette succession de litiges peut donner l’impression que vous vous inscrivez en rupture avec la précédente municipalité, alors que vous étiez le successeur désigné. Est-ce le cas ?
J’étais déjà élu de la majorité précédente. C’est difficile d’être en rupture dans ces conditions. Je dirais plutôt que nous nous inscrivons dans une différence de style, de méthode. Nous cherchons à apporter de la nouveauté, à accélérer les projets… Il s’agit surtout de répondre à nos engagements de campagne, qui tournent pour partie autour des questions de transition écologique.
La transition écologique est d’ailleurs citée parmi les éléments qui ont pesé dans la décision de rompre le contrat de la société des eaux minérales. Vous confirmez ?
Tout à fait. Nous souhaitons faire de la ville une référence en la matière, notamment en cherchant à obtenir le label Citergie. C’est pourquoi nous travaillons aussi les questions de mobilité douce. Nous venons de mettre en place une offre de vélos en libre-service, ce qui est assez exceptionnel pour une ville de 10 000 habitants.
Vous évoquiez votre souhait d’améliorer le cadre de vie des Divonnais. Le festival Ça va Divonne ? !, organisé pour la première fois du 1er au 11 juillet prochain, s’inscrit dans cette volonté ?
Dans cette volonté et dans celle de faire rayonner la commune. Là encore, nous sommes sur une promesse de campagne : faire de Divonne, une ville de festivals. Nous avons déjà Gourmandiv’, habituellement en octobre, avec des démonstrations de chefs, une battle de cuisine, un repas gastronomique et des événements culturels. Ça va Divonne ? ! promet des concerts tous les jours, avec des têtes d’affiche comme Véronique Samson, Julien Doré, Ibrahim Maalouf, Sexion d’Assaut, Vitaa et Slimane…
De plus, nous préparons un prochain événement pour 2023, davantage orienté vers la littérature. Nous en envisageons même un autre sur la période des fêtes de fin d’année, mais il est trop tôt pour en parler. Sans oublier L’Esplanade du Lac, qui accueille quelque 35 spectacles chaque année.
Notre ambition est de rendre à Divonne, le rayonnement qui était le sien à l’époque où son casino était le premier de France.
Bio express
- 27 janvier 1979 : Naissance à Aubenas
- 2002 : Master en urbanisme et aménagement du territoire de l’Institut français d’urbanisme à Paris
- 2008 : Adjoint à l’urbanisme de Divonne-les-Bains
- 2014 : Vice-président en charge de l’aménagement du territoire de la Communauté de communes du Pays de Gex
- 2015 : Président de la SPL Territoire d’Innovation
- 2019 : Maire de Divonne, réélu en 2020, toujours vice-président de Pays de Gex Agglomération, mais en charge du tourisme et de l’économie.
- 2020 : 1er vice-président du pôle métropolitain du Genevois Français.
Sébastien Jacquart








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