Joindre l’utilitaire à l’agréable

Joindre l’utilitaire à l’agréable

Engorgement des centres urbains, contraintes réglementaires sur les motorisations polluantes, modernisation des équipements… le véhicule utilitaire doit répondre à toujours plus d’exigences. Tous les constructeurs prennent le virage vers des propulsions moins consommatrices et sujettes au pétrole.

Avec succès au regard de la progression des ventes, notamment en Pays de Savoie. Demain, nacelles, camions et bus lui emboîteront le pas. C’est un passage obligé à l’heure où un nombre d’agglomérations, comme Annecy ou la vallée de l’Arve, aspirent à devenir des “zones à faibles émissions”.

Ce sont des fourgons, des camionnettes ou des pick-up propulsés par des motorisations diesel, essence, hybride ou électrique. Les véhicules utilitaires animent un marché polymorphe qui ne connaît pas la crise. L’association des constructeurs européens constate, en 2018, une augmentation ininterrompue sur ce marché : +7,3 % sur un an à l’échelle de l’Europe et de +3,23 % en France.

La tendance vaut en Auvergne-Rhône- Alpes (Aura) où les immatriculations de véhicules neufs sont à la hausse de +3,2 % en 2018 (après +8,1 % en 2017) ; l’une des plus fortes progressions sur l’ensemble des régions françaises. Tous les départements profitent de l’embellie, entre +2,4 % en Isère et +11,4 % dans l’Ain. Les Alpes savoyardes suivent la même voie : les véhicules utilitaires progressent respectivement de +6,4 % en Savoie et +13,5 % en Haute-Savoie, l’un des plus forts taux de la région.

Des utilitaires connectés

Cette tendance haussière naît évidemment de la conjoncture économique plutôt favorable en Pays de Savoie, mais elle découle aussi de l’émergence de nouvelles générations de véhicules. Depuis trois ans, les constructeurs français s’accaparent particulièrement ce segment automobile. PSA et Renault réalisent à eux deux 36 % des ventes de véhicules utiliaires légers (VUL) en Europe. En 2015, ils écoulaient déjà 602 000 unités sur une production mondiale de 1,7 million véhicules. Pour asseoir leur leadership, le groupe Peugeot et son challenger, Renault, s’appuient sur une histoire, moins prégnante pour le constructeur Ford, troisième fournisseur mondial (15 % du marché).

Dès les années 1950-1960, les Estafettes et les Citroën Type H ont en effet ouvert la voie. La qualité et la fiabilité ont incarné deux vertus que recherchaient l’artisanat et le monde industriel. La clientèle, exigeante, s’est fidélisée. Depuis, cette réputation a franchi les modes en intégrant des éléments de confort jusqu’alors réservés aux voitures particulières. Après les 4L fourgonnettes exemptes d’autoradio ou d’ABS, les banquettes sont devenues Multi-Flex chez Peugeot. La modularité des habitacles est la règle, la connectivité se généralise.

Là où l’Estafette inaugurait la première porte coulissante pour chauffeur et passager, les VUL ne comptent même plus cette modalité comme option. S’y additionnent régulateur de vitesse et climatisations automatiques, navigation 3D sur écran tactile et assistances aux manoeuvres ou au stationnement. L’expertise française dans la construction de VUL vaut même aux constructeurs hexagonaux des accords de transfert avec des homologues étrangers. Toyota a, par exemple, trouvé en l’usine PSA Sevel Nord, à Lieu-Saint- Amand, les moyens de façonner son ProAce. Renault a plusieurs fois cloné son Trafic auprès de marques chinoises, américaines et italiennes.

Rouler sans polluer

Au monde du transport utilitaire, c’est désormais sous le capot que se fait attendre la révolution : c’est l’heure de la motorisation peu carbonnée, voire totalement décarbonnée. Selon l’observatoire du véhicule d’entreprise, l’année 2018 marque pour la première fois une baisse des immatriculations diesel (-5,2 %). C’est la première période de repli pour cette motorisation longtemps leader dans les parcs d’entreprises. Si la part de marché du gazole parmi les VUL reste de 93,5 %, la frange des propulsions essence augmente de +4,5 %. Celle des véhicules électriques explose même de +45 % en un an, même si, globalement, cette solution représente encore moins de 2 % du marché.

Les modèles hybrides suivent la même courbe : +41 %. Les raisons de cet engouement ? La multiplication des politiques Crit’Air et des arrêtés municipaux à l’encontre de véhicules polluants ; des mesures qui devancent les “zones à faibles émissions” (ZFE) annoncées le 20 juillet 2018 par Nicolas Hulot (alors ministre de la Transition écologique et solidaire) et Élisabeth Borne (ministre des Transports). Destinées à une mobilité propre favorable à la qualité de l’air, ces ZFE ont donné lieu à un appel à projets au terme duquel dix-neuf agglomérations viennent d’être retenus, le 16 avril, dont le Grand Annecy et la vallée de l’Arve (communauté de communes de la Vallée de Chamonix Mont Blanc, communauté de communes Pays du Mont-Blanc, Cluses Arve & Montagnes, communautés de communes Faucigny Glières et le Pays Rochois).

“AU MONDE DU TRANSPORT UTILITAIRE, C’EST DÉSORMAIS SOUS LE CAPOT QUE SE FAIT ATTENDRE LA RÉVOLUTION : C’EST L’HEURE DE LA MOTORISATION PEU CARBONNÉE, VOIRE TOTALEMENT DÉCARBONNÉE.”

Negocyal : le VUL électrique conquiert les centres urbains

Distributeur de véhicules utilitaires légers (VUL) adaptés aux missions principales des collectivités locales (entretiens des espaces verts et de la voirie), mais pourront convenir aussi aux sites industriels, hôpitaux ou cliniques ou encore aux espaces ludiques comme les campings, l’entreprise Negocyal voit dans les politiques publiques en faveur de la réduction des pollutions urbaines un levier de croissance. Commercialisant les véhicules électriques du constructeur français Goupil, la société implantée à Voglans est devenue l’une des filiales du groupe Jean Lain.

Depuis, son périmètre s’est élargi à la région Auvergne-Rhône-Alpes, ses ambitions aussi. « Nous commercialisons actuellement une cinquantaine de véhicules par an et visons les 150 exemplaires annuels sous trois ans », indique son directeur, Cyril Cote (photo). Le distributeur mise sur l’adaptabilité de ses véhicules et sur la croissance du marché des collectivités locales et des professionnels concernés par la desserte des centres urbains. « Ce type de véhicules qui circulent, selon le modèle, de 50 à 70 km/h, répond aux limitations de vitesse en ville et a pour avantage d’embarquer la juste proportion d’énergie pour réaliser jusqu’à 100 kilomètres par jour, en se rechargeant sur une simple prise électrique standard », précise le dirigeant.

Revendiquant l’adaptabilité de ses châssis susceptibles de supporter une charge utile de 1 000 à 1 200 kg en recourant à des caisses et/ou bennes en aluminium, Negocyal a même déployé un fourgon de 6 mètres cubes, pratique pour desservir les centres-villes aux accès restreints. Néanmoins, Cyril Cote reste pragmatique : « Le marché des VUL électriques n’en est qu’à ses débuts. L’arrivée des gros constructeurs rendra ce segment très concurrentiel. Notre priorité reste la servitude de milieux contraints et denses. » Le directeur déploie une stratégie offensive pour convaincre, démonstration à l’appui, de la pertinence d’investir de 20 000 à 50 000 euros dans un utilitaire électrique, éligible au bonus écologique et à la prime de conversion.


Dossier réalisé par Raphaël Sandraz

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