La Compagnie Nationale du Rhône en 5 chiffres et 4 infos

par | 19 Mar 2018

En complément de notre article paru dans Eco Savoie Mont Blanc du 16 mars et de notre article sur Génissiat et son ouverture au public, voici  les chiffres  clefs sur son exploitant, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) et les infos à retenir sur son actualité bien remplie.

 

La CNR, le Rhône, les Mig…

Créée en 1933 à l’initiative d’Edouard Herriot (maire de Lyon et ex-président du Conseil, entre autres) et Léon Perreir (député de l’Isère; Radical, lui aussi), la Compagnie Nationale du Rhône CNR a une triple mission historique : aménager le fleuve pour le rendre navigable (545 km en France dont 530 km sont navigables), irriguer les terres agricoles à proximité et construire et exploiter des aménagements hydroélectriques.

De 1945 a 2002 elle va demeurer aménageur mais l’exploitation des barrages et centrale sera assurée par EDF, dans le cadre d’un contrat.

Quand elle reprend la main sur l’exploitation, la CNR s’applique à resserrer les liens avec les territoires et les élus locaux. Elle développe des Missions d’intérêt général (Mig) et finance, par le bais de programmes élaborés en concertation avec les élus locaux, une multitude d’actions dans des domaines variés : navigation (sur le haut-Rhône par exemple), environnement, culture, entretien du patrimoine…

En près de 15 ans, les Mig se sont ainsi traduites par plus de 400 M€ et 600 actions, dont l’ouverture au public de Génissiat (1,4 M€ investis, 4 guides-conférencières spécialement formées).

 

A l’intérieur du barrage de Génissiat, le grand hall des alternateurs.

 

Les chiffres clés de la CNR

19

C’est le nombre de barrages exploités par la compagnie entre la frontière Suisse et la Méditerranée. Avec aussi 40 centrales dont 21 petites, 19 écluses, 42 parcs éoliens, 18 centrales photovoltaïques…

 

15,4

C’est, en térawattheures, la production électrique totale de la CNR en 2016. Ce qui en fait le premier producteur d’énergie renouvelable en France.

 

50,03

C’est, en pourcents, la part détenue par le secteur public (Caisse des Dépôts 33,2% + collectivités locales 16,83%) dans le capital de la Compagnie nationale du Rhône. Le reste est au mains d’Engie, l’ex-GDF-Suez.

 

Les 80 ans de la Compagnie Nationale du Rhône (vidéo officielle de la CNR) :

 

1 372

C’est le nombre de salariés au 31/12/2017. Dont près de 170 pour la direction territoriale du Haut-Rhône
Cette direction contrôle et exploite Génissiat et l’ensemble des installations situées entre la frontière suisse et Lagnieu, au nord de Lyon, soit 6 aménagements hydroélectriques (Génissiat, Seyssel, Chautagne, Belley, Brégnier-Cordon, Sault-Brénaz), 3 petites centrales hydroélectriques récentes (Motz, Yenne et Lavours), 5 écluses de plaisance (Savières, Chautagne et Belley) et 3 stations de pompage.

 

1 056

C’est en millions d’euros, le chiffre d’affaires 2016 de la CNR. Le CA 2017 n’est pas encore dévoilé. Il faut noter que ce chiffre d’affaires est en baisse régulière depuis 5 ans, tant en raison de la baisse de consommation que du la baisse des prix du kilowattheure.

 

Vous pouvez retrouver ICI les autres chiffres clés du groupe.

 

2023, la grande échéance

La CNR a obtenu la concession sur le Rhône pour 75 ans à partir de la mise en service du premier aménagement hydroélectrique. Soit jusqu’en 2023 puisque Génissiat a été lancé en 1948.

Sur fond de pression de Bruxelles pour (encore plus) ouvrir le marché de l’hydroélectricité à la concurrence, la CNR est-elle inquiète face à la perspective de ce renouvellement de sa concession ? « Pas du tout, répond Elisabeth Ayrault, présidente du directoire. A priori [NDLR : les discussions entre l’UE et le gouvernement sont en cours] on s’oriente vers le maintient d’un concessionnaire unique pour les ouvrages liés entre eux, comme c’est le cas de l’ensemble des ouvrages du Rhône [NDLR : 19 barrages, 40 centrales dont 21 petites, 19 écluses dont 5 de plaisance…] et cela parait d’ailleurs logique. Evidemment nous suivons la situation avec attention, mais sereinement. »

 

Elisabeth Ayrault, présidente du directoire de la Compagnie Nationale du Rhône, lors du lancement de l’ouverture au public du barrage-centrale de Génissiat, le 7 mars 2018.

Et toutes ces actions qui améliorent l’image de la Compagnie – comme l’ouverture au public de Génissiat et bientôt de Bollène – c‘est pour mieux pouvoir négocier ? « Non, c’est sans aucun lien. Nous sommes engagés, volontairement, dans ces Missions d’intérêt général depuis 2004« , rappellent aussi bien la présidente que Sylvain Colas, responsable de la communication de l’entreprise et pilote de l’opération « ouverture au public de Génissiat ».

 

Génissiat, « pépite » du tourisme industriel français

L’association Entreprise et Découverte, qui rassemble des entreprises et des professionnels du tourisme et aide les entreprise et les instances publiques à mieux valoriser les tourismes industriel a participé au projet d’ouverture de Génissiat aux visites, apportant notamment son savoir-faire en ingénierie.

"Il y a trois grands atouts ici. D'abord, nous sommes au coeur du processus de production, au contact direct de l'entreprise. C'est rare. Ensuite, il y a un vrai projet pédagogique dans la démarche d'ouverture au public et aux scolaires : l'histoire, l'architecture, l'environnement, les techniques... de multiples aspects sont évoqués. Enfin, le site et sont environnement sont remarquables, le lieu plaît"
Cécile Pierre, déléguée générale d’Entreprise et Découverte

Entreprise et découverte travaille actuellement avec le ministère des Affaires étrangères (en lien avec ceux de la Culture et de l’Economie) sur l’établissement d’une liste de 150 « pépites » du tourisme industriel en France. « Et Génissiat y figurera!, assure Cécile Pierre. La France possède un potentiel unique en matière de tourisme industriel et le gouvernement l’a bien compris. Il veut en faire une « cause nationale et promouvoir ces « pépites » à l’étranger. »

Cécile Pierre, déléguée générale de l’association Entreprise et Découverte.

 

Bollène (Donzère-Mondragon) en juillet

Si Génissiat est le premier barrage de la CNR à s’ouvrir au public toute l’année, Bollène va suivre dès cet été. Avec la possibilité, là aussi, de rentrer à l’intérieur de l’infrastructure et de visiter aussi les écluses et les parcs photovoltaïques et éoliens voisins.

 

Crédit pour l’ensemble des photos : Eric Renevier.

 

A lire aussi :

5 bonnes raisons (en photos) d’aller visiter le barrage de Génissiat

A Genissiat, l’évacuateur de crues de la rive droite, aussi appelé le tremplin de ski, surplombé par le pont de la route départementale.

 

 

 

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez également :

Next Summer : le business d’abord !

L’industrie de l’outdoor s’est rassemblée les 13 et 14 septembre à Albertville pour présenter les produits printemps-été 2022. Un salon qui se veut avant tout fédérateur post-crise. Après des mois d’interruption en raison de la crise sanitaire, le monde...

LIRE LA SUITE

Trialp se chauffe à l’huile usagée

La société savoyarde, spécialisée dans le tri et la valorisation des déchets, modernise sa plateforme de traitement des huiles, devenue obsolète. « Cette plateforme a été décidée il y a un an pour permettre à la fois d’améliorer les conditions de travail et la...

LIRE LA SUITE

Covid-19 : le passe sanitaire fait débat

Passe sanitaire oblige, les établissements de santé sont contraints de se réorganiser. Les syndicats s’inquiètent du manque de personnels. « Le passe sanitaire est un non-sens », s’insurge Angélique Neutens, secrétaire générale de la CGT au Centre hospitalier...

LIRE LA SUITE

Publicité

Pin It on Pinterest