La gloire passée des Soieries Bonnet

par | 9 Juin 2011

Fermée en 2001, Les soieries Bonnet à Jujurieux ont fait travailler, à leur apogée, jusqu’à 2000 personnes. Aujourd’hui, les locaux acquis par la communauté de communes Bugey Vallée de l’Ain et le patrimoine racheté par le conseil général forment un temple dédié à 200 ans d’histoire du textile.

«Claude-Joseph Bonnet a créé sa maison en 1810 à Lyon. Il faisait alors travailler les canuts qui, eux, n’avaient pas le droit de commercer. Spécialisée dans l’uni noir, elle devient rapidement l’une des plus importantes soieries lyonnaises, retrace Myriam Matic, assistante pour la mission d’inventaire et de valorisation des collections. Aussi, en 1835, il décide de créer à Jujurieux, sa ville natale, l’une des plus grandes usine-pensionnat de la région. Vouée à la filature de la soie, elle est capable d’accueillir, loger et nourrir 600 jeunes-filles. Les activités évoluent et Claude-Joseph Bonnet organise le tissage à domicile sur la ville et ses environs. A la fin du XIXe siècle, ses successeurs installent le tissage mécanique dans l’usine. Ils élargissent la gamme des étoffes, en apportant la couleur et le façonné.» L’usine est alors une véritable ville dans la ville, autonome, avec ses commerces et ses services.

L’entreprise avait créé son propre musée en 1994. Aussi, visiter les Soieries Bonnet, c’est plonger au cœur d’un fonds très riche et cohérent. Les archives du personnel permettent de retracer l’histoire des ouvriers, les portraits et bustes des fondateurs celle de la maison, une collection de métiers à tisser, d’esquisses et d’échantillons, celle du textile. A partir des années 1970, l’entreprise s’est fait une spécialité des velours façonnés sur fond de mousseline de soie, un tissu destiné au marché du luxe pour lequel on utilisait des machines des années 1930. «Il n’existe pas d’autre méthode, pas avec la même finesse de rendu», explique Myriam Matic. Le site possède une collection impressionnante de ces vieux métiers, toujours fonctionnels aujourd’hui. La visite commentée de l’atelier est d’ailleurs souvent l’occasion d’une démonstration. Enfin, cette nouvelle saison est marquée par la sortie du livre des collections. Un ouvrage qui permet au public de poursuivre la visite chez lui.

Ouverture de juin à septembre, mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, samedi, dimanche et jours fériés de 14 h 30 à 18 h 30. Exposition et visite commentée de l’usine : 4,50 euros pour les adultes, 3,50 euros pour les enfants, gratuit pour les moins de 13 ans. L’exposition seule : 2 euros pour les adultes, 1 euro pour les enfants à partir de 13 ans.

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