Haute-Savoie : la pauvreté des travailleurs aggravée par la crise

par | 16 Déc 2021

Ils sont jeunes et travaillent. Pour autant, ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts et sont venus demander de l’aide au Secours catholique.

Vivre avec 537 euros par mois. C’est le défi qu’ont dû relever en 2020 les ménages rencontrés au Secours catholique. Selon le rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France de ce dernier, la crise épidémique a à la fois accentué des situations déjà compliquées, et précipité dans la pauvreté des personnes qui étaient « sur le fil ». Parmi ces dernières, de nombreux micro-entrepreneurs, étudiants, artisans…

En Haute-Savoie, le Secours Catholique constate que la majorité de ceux qui viennent chercher de l’aide sont de jeunes actifs, âgés de 25 à 49 ans. 25 % d’entre eux ont un emploi, mais il ne suffit pas à vivre dignement. « Dans le département, indique Matthieu Vendomele, délégué du Secours Catholique Haute-Savoie, nous sommes confrontés à deux problématiques fortes et récurrentes : la mobilité et les factures liées au logement. » Les aides financières accordées pour le transport arrivent ainsi en deuxième place, juste derrière l’aide alimentaire. Les loyers et charges sont en troisième position, à quasi-égalité avec les frais juridiques. « Nous avons beaucoup d’impayés liés aux découverts bancaires », constate-t-il.

Le nombre de bénéficiaires des épiceries solidaires a doublé et des territoires, jusque-là relativement épargnés, ont vu le nombre de demandeurs exploser. C’est par exemple le cas de Reignier. « Beaucoup de gens sont venus pour la première fois de leur vie dans nos épiceries solidaires, des gens qui étaient sur un projet avant la crise et que cette dernière a précipités dans la précarité », détaille Sylvie Rosset, présidente. Les grandes agglomérations sont globalement plus touchées.

La délégation haut-savoyarde, qui compte 23 équipes locales et 551 bénévoles, a aidé financièrement 1 028 personnes, en a accompagné 5 150 et, au 30 septembre 2021, a déjà accordé 58 400 euros d’aides, contre 49 050 euros en 2020. Les gros bataillons des bénéficiaires sont des familles (37 %), des familles monoparentales (22 %), des adultes isolés (19 %) et des étrangers (11 %).

Photo à la une : l’épicerie solidaire de Reignier a vu le nombre de ses bénéficiaires multiplié par deux.
Crédit : Secours catholique

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