Engagée cet été, la réfection de la charpente va permettre de préserver l’emblématique bâtiment en attendant la définition d’un programme plus global.
Le Prieuré du Bourget-du-Lac accuse le poids des siècles. L’édifice qui fêtera, en 2030, son millénaire risquait d’être irrémédiablement endommagé. « La réflexion générale conduite depuis plusieurs années par la commune a montré que l’état de la charpente nécessitait d’intervenir rapidement pour préserver l’ensemble », explique Pascale Morand, directrice des services techniques.
Les travaux ont débuté fin avril avec l’installation de l’échafaudage qui a permis d’effectuer des investigations complémentaires concernant l’amiante, détectée dans quelques ardoises et enduits de réparation. Ils portent sur la dépose des ardoises existantes, la reprise et le redressage de la charpente afin de revenir à une toiture à pente unique (au lieu de pentes inégales), des reprises de maçonnerie et de cheminées. Interviendra ensuite la repose d’un faîtage en plomb, de nouvelles gouttières en cuivre et ardoises.
Compte tenu de l’ampleur des pentes et des plus de 1 000 m² de la toiture, deux à trois équipes représentant une vingtaine de compagnons travaillent en simultané. Réalisé en lien avec Direction régionale des affaires culturelles et piloté par Cisel Architecture, mandataire du groupement de maîtrise d’œuvre, le chantier est confié à des entreprises agréées “monuments historiques” . Il représente un investissement de 1,5 million d’euros, études et suivi compris, dont la livraison interviendra fin février 2027.

Des scénarios à l’étude
La nouvelle toiture intégrera des éléments techniques (désenfumage, détection incendie) qui permettront au Prieuré de recevoir du public. « Les démarches engagées par la commune sous le précédent mandat avec des réunions publiques et la mise en place d’un comité de suivi continuent afin d’établir différents scénarios pour redonner vie à l’édifice », indique Philippe Charlin, conseiller municipal, délégué au patrimoine
Après une rénovation assez simple, l’aile ouest qui abrite l’ancienne poste pourrait devenir un espace de bureaux. « Pour le reste, nous aimerions une restauration patrimoniale afin d’ouvrir les espaces aux visiteurs et d’accueillir des événements », complète l’élu.
L’ensemble de l’opération de rénovation et réaménagement du Prieuré est estimé à 11 M€. Sans compter l’église, à laquelle il est directement rattaché, elle aussi classée et avec des travaux à prévoir. Des filets de sécurité ont été installés en attendant la réalisation de diagnostics qui permettront de déterminer les travaux à réaliser et leur coût.
Des vocations successives
Fondé au XIe siècle par l’Ordre de Cluny, le Prieuré du Bourget-du-Lac était à l’origine un lieu d’accueil des pèlerins, entre Lemincum (Chambéry) et Yenne. Devenu bien national à la Révolution, il est revendu et transformé en ferme. En 1902, un notable chambérien, Jean Barut, le rachète et contribue à une partie de son classement aux Monuments historiques (le cloître, la galerie Montayeur, l’escalier à vis de la tour des comtes). À sa mort, il est racheté par une riche américaine qui l’aménage en habitation sans modifier la structure. En 1952, la commune devient propriétaire des lieux qui accueillent des spectacles et expositions.
Sophie Boutrelle
@Photos : Mairie du Bourget-du-Lac








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