Le Bugey, destination nature avant tout

par | 7 août 2026 à 10H00

Pour cette nouvelle étape de notre série estivale « 48 heures en… », rendez-vous à moins d’une heure et demie de Lyon, Genève et Annecy, sur un territoire qui mise sur un tourisme quatre saisons, loin des foules, où patrimoine, terroir et grands espaces composent un séjour dépaysant.

« Un dépaysement à proximité des grandes agglomérations. » En quelques mots, Isabelle Gaucher, conseillère déléguée à la communication de la communauté de communes Bugey-Sud, résume la promesse touristique d’un territoire situé à une heure de Lyon, à 1 h 20 de Genève ou encore, à un peu plus d’une heure d’Annecy. Ici, pas de stations ou de sites bondées. « Nous avons une identité bugiste forte et nous y tenons. Nous ne sommes pas dans une démarche de tourisme de masse, bien au contraire », complète Alicia Le Gal-Gilbert, directrice de l’Office de tourisme Bugey Sud Grand Colombier.

Les deux entités travaillent main dans la main. « Nous possédons une stratégie commune. Elle est descendante, les grandes lignes des axes stratégiques sont dessinées par les élus et mises en musique par les techniciens, explique la directrice. Il y a une volonté collective côté Bugey Sud de travailler en collaboration, on ne fait rien seul. »

Quelques kilomètres plus au nord, le discours est différent, mais l’ambition est la même. « Il n’y a pas que l’hiver sur le plateau d’Hauteville et l’été au lac de Nantua. Nous voulons offrir la possibilité de pratiquer des activités partout, tout le temps », explique Lionel Cornaton, président de l’Office de tourisme du Haut-Bugey et vice-président au tourisme et à la promotion du territoire à Haut-Bugey Agglomération. Face aux évolutions climatiques, le Haut-Bugey mise désormais sur un tourisme “quatre saisons”, capable d’attirer les visiteurs tout au long de l’année grâce à une offre qui mêle nature, patrimoine, culture et activités de plein air.

Deux stratégies, deux personnalités… mais une même conviction : le tourisme est devenu un véritable moteur économique. Le Haut-Bugey a enregistré 1,37 million de nuitées en 2025, générant près de 35 millions d’euros de retombées économiques. Au sud, le secteur pèse environ 40 millions d’euros (donnée 2023) et fait vivre plus de 320 salariés sur le territoire. Ces chiffres expliquent pourquoi les collectivités investissent autant dans leurs équipements, leurs sites naturels et leurs offres de loisirs. Mais ces investissements répondent avant tout à une philosophie commune : faire profiter les visiteurs de ce qui fait la richesse et la fierté du Bugey. Et si le meilleur moyen de comprendre cette stratégie était tout simplement de la vivre ?

Haut-Bugey : du patrimoine à l’évasion

La première journée débute aux glacières de Sylans, aux Neyrolles. Ce site emblématique raconte une époque où la glace naturelle du lac de Sylans était récoltée puis expédiée dans toute la France. « Nous avons mis en place l’application Lengendr qui permet, grâce à une vision virtuelle augmentée, d’expérimenter cette aventure », explique Lionel Cornaton. En quelques minutes, le visiteur est plongé dans l’effervescence de la fin du XIXe siècle, au milieu des ouvriers, des chevaux et des immenses blocs de glace qui ont fait la renommée du lieu.

À quelques kilomètres, direction Le Poizat-Lalleyriat pour une pause gourmande au restaurant Les Gentianes. Une adresse qui met à l’honneur les produits locaux dans un environnement paisible, au cœur des montagnes bugistes. L’après-midi se poursuit au lac de Nantua, véritable écrin entre falaises et forêts. Les amateurs d’activités nautiques peuvent embarquer pour une sortie en voilier avec skipper ou profiter des nombreuses activités proposées par le club de voile : paddle, canoë ou planche à voile. Une manière différente de découvrir ce lac glaciaire aux eaux turquoise.

Pour terminer la journée, changement d’ambiance avec une nuit qui vous marquera au Refuge insolite en Bugey. Sa nouveauté 2026, l’Observatoire céleste de Titi, invite à dormir sous un toit ouvrant offrant une vue imprenable sur le ciel étoilé. Une expérience immersive qui prolonge le dépaysement jusqu’au lever du soleil.

Le col du Grand Colombier © Laurent Madelon, OT Bugey Sud Grand Colombier.
Le col du Grand Colombier.

Bugey Sud : immersion au cœur d’une nature préservée

Dès le petit matin, cap sur le marais de Lavours, l’une des plus vastes zones humides de France et site phare du Bugey-Sud. Son célèbre sentier sur pilotis de 2,5 kilomètres permet de découvrir une faune et une flore remarquables sans perturber cet écosystème fragile. Les familles peuvent rendre la balade encore plus ludique grâce au sac aventure L’Amusette, un parcours à énigmes qui transforme la découverte du marais en véritable jeu de piste. « Nous avons tout cet ancrage autour du label Pays d’art et d’histoire, qui structure aussi l’essentiel de notre stratégie, détaille Alicia Le Gal-Gilbert. Pour nous, c’est important d’arriver à construire cette identité de territoire dans le respect de nos écosystèmes naturels, de notre patrimoine, de nos traditions et de nos valeurs. »

À l’heure du déjeuner, la Ferme du Marais propose une cuisine élaborée à partir de sa propre production. La visite de l’exploitation permet ensuite de découvrir l’élevage, les savoir-faire agricoles et le lien étroit entre la ferme et son environnement. L’après-midi prend la direction des coteaux de Marignieu pour une balade de près de six kilomètres au milieu des vignes de la Maison Angelot. Le parcours offre de beaux points de vue sur la vallée avant de s’achever naturellement au caveau, où les visiteurs peuvent découvrir les différentes cuvées de l’appellation Bugey.

Avant de reprendre la route, un dernier détour s’impose par la cascade de Glandieu, qui a récemment subi une phase de travaux de valorisation et de réhabilitation pour quelque 1,8 million d’euros. Haute d’une soixantaine de mètres, cette chute d’eau spectaculaire, facilement accessible, constitue l’un des sites naturels les plus emblématiques du territoire avec ces 80 000 passages de touristes par an. Derrière ces deux journées se dessine finalement une même vision du tourisme.

« Il faut trouver un équilibre entre le trop et le pas assez pour que cela continue de servir l’activité économique tout en respectant nos valeurs », résume Alicia Le Gal-Gilbert. Une philosophie qui fait du Bugey une destination à part : proche, accessible, mais résolument tournée vers un tourisme choisi plutôt que subi. Derrière la diversité des paysages et des activités, le Haut-Bugey et le Bugey-Sud défendent finalement une même conception du voyage : prendre le temps. Ici, l’expérience ne se résume pas à cocher des sites incontournables, mais à découvrir un territoire à travers celles et ceux qui le font vivre.

Les lacs, poumons bleus du Bugey, une nuit sous les étoiles à Plateau-d’Hauteville, Bugey Sud et le tourisme durable, Maison Angelot… Pour lire le dossier dans son entier, rendez-vous sur la liseuse en ligne d’Eco de l’Ain ou Eco Savoie Mont-Blanc.


Thibault Jeanpierre
Image à la une : Le lac Genin à Charix est surnommé 
« le petit Canada du Haut-Bugey ».

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