Le Cern voit grand pour le public

Le Cern  voit grand pour le public

L’organisation va édifier un portail de la science, à la fois musée et centre de médiation scientifique. Dessiné par l’architecte italien Renzo Piano, il doit permettre d’éduquer tous les publics à « la beauté de la science »… dès 2022.

« Une petite ville qui volera au-dessus d’une forêt. » C’est avec ces mots emprunts de poésie que l’architecte star Renzo Piano (lire notre encadré) décrit le futur Portail de la science du Cern (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) qui doit s’élever au-dessus de la route de Meyrin, à la frontière occidentale entre la France et Genève, à l’horizon 2022.

Avec ce nouveau centre dont les travaux doivent commencer dès 2020, le Cern entend se doter enfin d’une vitrine pour donner à voir au plus grand nombre la réalité de ses activités cachées à plus de 100 mètres sous terre. Une vitrine à 79 millions de francs suisses (environ 70 millions d’euros), intégralement financée par des mécènes privés, au premier rang desquels figure la multinationale Fiat Chrysler Automobiles, via sa fondation FCA, qui va contribuer à hauteur de 45 millions de francs.

Stimuler la curiosité et la pensée critique

C’est que l’institution prend très au sérieux son rôle de promoteur des sciences. « Le Portail de la science permettra au Cern d’élargir grandement son offre en matière d’éducation et de communication grand public, en particulier pour la jeune génération, s’enthousiasme Fabiola Gianotti, sa directrice générale. Nous pourrons expliquer au plus grand nombre à quel point il est fascinant de rechercher et comprendre le fonctionnement de la matière et de l’Univers […], et montrer également comment la science peut influencer notre vie quotidienne. »

Tracé du LHC, 100m sous terre.

L’ensemble architectural de 7 000 mètres carrés se déploiera à proximité de l’iconique Globe de la science et de l’innovation, en lieu et place de l’actuel parking. Prenant acte de la nécessité d’enjamber la route, Renzo Piano a décidé de prendre de la hauteur en perchant son projet sur pilotis, à 15 mètres de haut. Deux tunnels longs de quelque 120 mètres chacun s’étireront de part et d’autre de la voie, pour évoquer leurs homologues souterrains. Ils seront reliés par une passerelle aérienne qui donnera aussi accès à trois pavillons couverts de panneaux photovoltaïques, abritant des espaces d’exposition et de rencontres, dont un amphithéâtre de 900 places.

Des laboratoires permettront au grand public de participer à des expérimentations scientifiques. Seront aussi présentés les accélérateurs, les expériences et l’informatique du Cern, et la manière dont les scientifiques les utilisent dans leurs recherches, le tout en accès libre. De quoi éduquer tous les publics à « la beauté de la science », selon le voeux de Fabiola Gianotti.

Le bâtiment est également conçu pour être durable et sans émissions de carbone, « parce qu’il était inenvisageable de sensibiliser aux sciences et aux enjeux de demain dans un bâtiment qui ne serait pas exemplaire », explique Renzo Piano. D’ailleurs, l’ensemble est pensé pour être en lévitation au-dessus d’un nuage végétal créé de toutes pièces, avec la plantation de 400 arbres qui font partie intégrante du projet. « Une manière de rappeler que la science est indissociable de la nature. »

Renzo Piano, architecte civique

Les plans du futur Portail de la science du Cern viennent du bureau de l’architecte italien Renzo Piano qui a réalisé plus de 120 projets aux cinq coins du monde. Outre le Centre Pompidou de Paris, inauguré en 1977, qui fut son premier fait d’armes, en collaboration avec Richard Rogers, on lui doit notamment la Menil Collection à Houston, l’aéroport international de Kansai à Osaka, le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou en Nouvelle-Calédonie, la Fondation Beyeker à Bâle, l’Auditorium de Rome, le siège du New York Times, le Centre Paul Klee à Berne, et récemment, le tribunal de grande instance de Paris (2018).

Son travail est marqué par un questionnement systématique des enjeux de l’édifice par rapport au contexte, ce qui génère un perpétuel renouvellement des formes, des textures et des couleurs. À 81 ans, l’architecte italien « adore toujours dessiner des bâtiments, particulièrement lorsqu’il s’agit d’édifices publics – écoles, hôpitaux… –, parce que ce sont des lieux qui appartiennent à tout le monde. Il y a un geste civique dans le fait d’essayer de créer des endroits les plus agréables possible à vivre ».

Les plans du futur Portail de la science du Cern viennent du bureau de l’architecte italien Renzo Piano qui a réalisé plus de 120 projets aux cinq coins du monde.

Par Matthieu Challier

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