La deuxième estivale du CEPA lui a permis d’affirmer sa volonté de fédérer les forces économiques locales et de peser dans les grands enjeux à venir.
« On ne pensait pas réunir autant de monde un vendredi soir », lançait Mounir El Mahi, l’un des coprésidents du Collectif des entreprises de la Plaine de l’Ain (CEPA), lors de cette deuxième édition de l’Estivale. Le 12 juin, au Parc du Cheval à Chazey-sur-Ain, 130 chefs d’entreprise, partenaires et acteurs du territoire se sont retrouvés pour une soirée d’échanges et de réseau. Créé il y a deux ans, le CEPA qui rassemble plus de 230 adhérents, poursuit son objectif de fédérer les acteurs économiques du territoire de la Communauté de communes de la Plaine de l’Ain (CCPA). « On veut être le plus représentatif possible du territoire, avec de l’industrie, du service, du commerce ou encore, de l’agriculture », poursuivait Mounir El Mahi.
Sans se positionner comme un syndicat patronal, le collectif entend faire résonner la voix des entreprises locales. « Nous participons à de nombreuses réunions, notamment avec EDF autour du grand carénage et du projet EPR2. Ce n’est pas un message politique, mais une forme de lobbying pour les entreprises du territoire », expliquait Florian Arot, l’autre coprésident.
Anticiper l’arrivée de chantiers d’envergure et éviter un déséquilibre économique local, notamment en matière de recrutement, constitue un enjeu de taille. « L’idée est d’éviter une forme de “terre brûlée” en préservant les ressources humaines locales et en favorisant un ruissellement économique vers les PME et PMI du territoire », ajoutait-il. Dans cette logique, le collectif multiplie les initiatives. Après le salon professionnel Ainfluence, organisé en avril à Lagnieu pour mettre en relations entreprises locales et donneurs d’ordre, l’Estivale s’inscrit comme un temps fort de rencontre et de cohésion.
Le lien avec les institutions constitue également un levier important. « Nous sommes aujourd’hui le seul territoire de la région à proposer un dispositif d’accompagnement à l’innovation ainsi qu’un soutien à l’investissement immobilier des entreprises », rappelait Daniel Fabre, vice‑président de la CCPA chargé du développement économique. Un dynamisme salué par EDF. « Nous avons la chance de pouvoir compter sur un tissu économique de proximité pour nos opérations », soulignait Emmanuelle Valembois, responsable des relations territoriales du CNPE du Bugey.
Si le projet EPR2 suscite des interrogations, il apparaît aussi comme une opportunité pour les entreprises locales, sous réserve de trouver un équilibre entre développement économique et contraintes territoriales. « Être aux côtés des entreprises locales est une évidence : nous partageons des valeurs de solidarité, d’engagement et de proximité », renchérissait Estelle Vieillard, directrice du pôle entrepreneurs et patrimoine du Crédit Agricole Centre‑Est, à Ambérieu‑en‑Bugey.
Leadership autrement
Au-delà des enjeux économiques, la soirée proposait un temps de réflexion et d’expérimentation autour du leadership et du management, avec une conférence animée par les équicoachs Timandra Breot et Céline Hausherr. Une approche originale, fondée sur le comportement des chevaux, qui invite à interroger les postures de dirigeant.
« Diriger une entreprise, c’est prendre des décisions, embarquer des équipes et faire face à une complexité permanente. Les chevaux apportent des clés de lecture sur notre manière d’être et d’interagir », expliquait Timandra Breot. « Les chevaux ne connaissent ni votre statut ni votre chiffre d’affaires. Ils réagissent uniquement à votre énergie et à votre comportement », complétait Céline Hausherr. Sur le terrain, les participants ont ainsi expérimenté une autre forme de communication, basée sur l’observation et le ressenti.
Carole Muet








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