Le Crédit Mutuel, réussite spécifique

par | 17 mai 2022

La banque mutualiste affiche de très bons résultats pour 2021. Mais pas seulement.

Une banque qui ne vivra bientôt plus majoritairement de ses activités bancaires. Qui maintient son réseau et insiste sur la formation de ses personnels de proximité. Qui revoit à la hausse son coût du risque pour 2022 et qui continue de gagner des parts des marchés dans un secteur pourtant toujours plus concurrentiel…

En cette année 2022, le Crédit Mutuel Savoie Mont-Blanc (CMSMB) cultive plus que jamais ses spécificités de banque régionale mutualiste, « qui appartient à ses sociétaires et sans actionnaires à rémunérer », martèlent en chœur Jean-Louis Maître (président) et Estelle Malet (directrice générale).

Et avec succès, puisque le groupe aux 46 caisses locales (68 points de contact clients) affiche un produit net bancaire de 97,1 millions d’euros (M€) en 2021, soit +4,5 % sur un an.

Ce PNB est issu à 77 % de la clientèle des particuliers et à 23 % de la clientèle “pro” (professions libérales, indépendants, TPE), que le CMSMB avoue sans fard vouloir faire grandir : il vise +5 % par an sur 2022 et 2023, alors que son portefeuille de clients global affiche +1,5 % sur 2021 (225 700 au 31 décembre).

« Les entreprises sont gérées par BECM, filiale du groupe qui dispose d’une agence à Annecy, au sein de notre siège, mais qui n’entre pas dans le bilan de la caisse régionale », précise Jean‑Louis Maître. Hors BECM et BECM Immo (financement de la promotion immobilière), donc, le CMSMB pèse environ 10 % du marché bancaire en Savoie Mont-Blanc « Et nous continuons à grignoter des parts [ndlr : 0,1 à 0,2 point par an]. »

En 2021, le Crédit Mutuel régional a connu une très forte activité. C’est vrai sur l’épargne : l’effet “confinement et précaution” a continué et l’encours au 31 décembre atteint 6 milliards d’euros (Md€), soit +8,5 % sur un an. En deux ans, il a grossi de 1 Md€. « Il est évident que nous ne conserverons pas une telle progression dans la durée », sourit Jean-Louis Maître.

Jean-Louis Maître (président) et Estelle Malet (directrice générale) ont présenté les résultats 2021 du Crédit Mutuel Savoie Mont Blanc.

10 M€ pour rénover le siège.

Les crédits sont tout aussi dynamiques : +6,4 % sur un an, avec 5,3 Md€ d’encours au 31 décembre. Cela représente 622 M€ supplémentaires sur deux ans soit, compte tenu des crédits sortants (remboursés), environ un milliard d’euros délivrés en prêts chaque année. L’immobilier compte pour 80 % des crédits accordés.

Le résultat net est en progression de 3,4 %, à 20,9 M€ et les fonds propres en hausse de 6 % (474 M€ à fin 2021). Avec sa clientèle très orientée “particuliers”, le CMSMB avait moins revu à la hausse ses provisions pour risque en 2020… mais les a donc moins révisées à la baisse sur 2021. Résultat et PNB n’ont pas autant fait le yo-yo que dans d’autres enseignes.

Les commissions (assurances pour 8,5 M€ ; activités immobilières pour 1,2 M€ ; téléphonie pour 0,4 M€) représentent près de la moitié du résultat net (10,1 M€ sur 20,9M€) : bientôt, l’activité bancaire comptera moins que les différentes diversifications. D’autant que celles-ci vont se poursuivre puisque le CMSMB relaie une initiative du groupe : avec Le Kiosque, la banque va proposer à ses clients particuliers et “pros” des prestataires qualifiés (travaux, fourniture d’énergie, services à domicile…), avec à la clef des remises pour les clients… et des commissions pour la banque.

En termes sociaux, le CMSMB emploie toujours 500 personnes (501 précisément fin 2021). Un chiffre stable, même si la banque a recruté 52 personnes l’an dernier. Elle dédie l’équivalent de 7 % de sa masse salariale à la formation : digitalisation, diversification, montée en compétences et évolution de parcours…

Elle investit aussi, en moyenne, plus de 3 M€ dans son immobilier, en ouverture et rénovation d’agences. Un montant qui devrait connaître un accroissement puisque le CMSMB va s’attaquer à la rénovation complète de son siège annécien, qui date de 1953 (c’est l’ancien siège social de Gillette France) : un chantier de 10 M€ qui doit s’achever en 2025.

Photos : Eric Renevier

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