Le très haut débit au secours des Établissements Gesler

Le très haut débit au secours des Établissements Gesler

L’absence de connexion internet digne de ce nom constituait une menace supplémentaire pour la pérennité de l’abattoir, détruit en grande partie par un incendie criminel en septembre 2018.

En pleine reconstruction depuis l’incendie criminel, revendiqué par un groupuscule antispéciste, qui a ravagé, le 28 septembre, leurs ateliers de découpe et de charcuterie, ainsi que leurs bureaux, les Établissements Gesler à Hotonnes se trouvaient face à une difficulté supplémentaire, susceptible de mettre en péril leur pérennité : un problème de débit internet. Celui-ci est aujourd’hui réglé grâce à un pont wifi. Et l’abattoir bovin et ovin a pu inaugurer, jeudi 26 juin, son accès très haut débit. « L’incendie qui a anéanti notre outil de travail nous a obligés à nous déployer sur trois sites. Dès le 1er octobre, l’abattage reprenait chez nos confrères de Corbas, la découpe à Bonneville et les salaisons à Chavornay. Mais, c’était sans compter sur l’informatique, le nerf de la guerre, a retracé Myriam Gesler, dirigeante de l’entreprise. Nos serveurs, qui étaient sur site, ont été hébergés chez notre prestataire informatique à Belley, Cats’Net, et nous accédions à nos données à distance. De retour à Hotonnes (les abattoirs ont rouvert à la mi-janvier, NDLR), nous nous sommes rendu compte que nous manquions de débit. Or, sans internet, il ne nous est pas possible de travailler. Les animaux qui arrivent chez nous pour abattage ont une carte d’identité, que nous devons rentrer dans nos bases de données. Sans cela, il ne nous est pas permis de découper, d’étiqueter et d’expédier la viande, pour des questions de traçabilité. Et nous ne pouvons pas facturer nos clients. Nous avons vécu trois à quatre mois très difficiles, à pallier la faiblesse du débit par une connexion satellite. Malgré nos multiples relances, Orange n’a rien fait pour rétablir l’ADSL. Il nous fallait une solution. Aujourd’hui, nous disposons d’une connexion de 100 mégaoctets, symétrique. »

Pont wifi

Pour obtenir satisfaction, Myriam Gesler a remué ciel et terre, sollicitant notamment le député Damien Abad. Ce dernier s’est tourné vers le SIEA (Syndicat intercommunal d’énergie et de e-communication de l’Ain) qui se charge depuis une dizaine d’années, de déployer le Réso Li@in, un fibrage complet du département, hors zone AMII (Appel à manifestation d’intention d’investissement), soit 393 communes sur 400. « Notre syndicat ne pouvait rester inactif, face aux actes qui ont privé les Établissements Gesler de leur outil de travail. L’Ain compte de nombreuses entreprises familiales comme celle-ci. S’en prendre à eux, c’était s’en prendre à notre mode de vie, a commenté son président Walter Martin. Notre première intention a été de déployer la fibre jusqu’à l’entreprise, mais face à l’impossibilité de le faire, nous nous sommes orientés vers une solution mixte. » Celle-ci a consisté à extraire une fibre de l’autoroute très haut débit qui traverse Hotonnes, pour créer un pont wifi. « Cette solution est temporaire, a noté Stéfany Douillet, directrice du SIEA. La desserte en fibre du village est prévue pour octobre-novembre. »

Enjeu sociétal

Pour le député Damien Abad, le cas des Établissement Gesler est révélateur de différents enjeux, l’un sociétal, l’autre de solidarité. « On ne peut pas défendre le modèle d’entreprises implantées à la campagne, sans se donner les moyens de le réaliser, a-t-il estimé à propos du premier. Il s’agit de préserver l’emploi, non seulement sur le site, mais de manière indirecte, chez les agriculteurs qui utilisent les services de cet abattoir. » Sur l’enjeu de solidarité, ensuite, l’élu a considéré que le déploiement d’un réseau de fibre optique sur l’ensemble du département avait vocation à réduire la fracture numérique. « La connectivité est l’un des premiers critères d’implantation des ménages dans une commune », a-t-il rappelé. Et Myriam Gesler d’abonder : « Il est important de continuer à déployer la fibre optique partout, pour que nous puissions choisir où nous souhaitons travailler. »


La reconstruction

Si l’abattoir a repris du service à la mi-janvier, les ateliers de découpe et de salaisons sont toujours en cours de reconstruction, neuf mois après le sinistre. Le premier devrait être opérationnel début 2020, le second au mois d’avril, pour un total de 1 500 mètres carrés et un investissement de 8 à 9 millions d’euros. « Des difficultés, il faut savoir faire des opportunités. Nous profitons de la reconstruction pour optimiser ces deux espaces qui avaient été construits séparément, en 1989 et 1997. Nous ferons en sorte qu’ils s’imbriquent et communiquent mieux », note Myriam Gesler.


Identité

  • Établissements Gesler
  • Siège : Hotonnes, commune de Haut-Valromey
  • Dirigeante : Myriam Gesler
  • Chiffre d’affaires : 31 millions d’euros
  • Effectif : 75 personnes

Les Établissements Gesler comptaient 85 personnes au moment du sinistre. Avec le redémarrage de l’activité, la société cherche à recruter des ouvriers d’abattoir et des désosseurs, mais peine à trouver du monde. L’entreprise familiale fait pourtant figure d’institution locale. Son histoire remonte à cinq ou six générations.


Par Sébastien Jacquart

Une Eco de l'AinCet article est paru dans le magazine ECO de l’Ain du 4 juillet 2019. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi de nos suppléments et hors-séries, c’est ICI.

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