Le Tribunal de Commerce de Chambéry a rendu son jugement. La SAS Mignola Carrelages, numéro deux du secteur en France, est liquidée.

Le coup est rude pour l’entreprise familiale créée en 1968 par Edmond Mignola, père de Patrick, qui en avait pris la présidence : lundi 2 décembre, le tribunal de commerce de Chambéry a prononcé la liquidation judiciaire du groupe (27 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018). Une situation qui fait suite au redressement judiciaire prononcé le 14 octobre dernier, après lequel le pdg, Patrick Mignola [ndlr : malgré nos efforts, nous ne sommes pas parvenus à le joindre], avait assuré dans nos colonnes que « l’entreprise était saine ».

Le dirigeant parlait alors de 80 chantiers ouverts et de 300 chantiers signés pour un carnet de commandes évalué à 25 millions d’euros. Et il soutenait n’enregistrer « aucune perte d’exploitation sur les chantiers en cours ». Une manière de laisser entendre que l’entreprise était susceptible d’attirer des repreneurs. Elle n’en a finalement pas trouvé.

LES SALARIÉS NE DEVRAIENT PAS « AVOIR DE MAL À SE REPLACER. CETTE ENTREPRISE A DE BONS EMPLOYÉS ».

René Chevalier

Aucune offre de reprise n’a été présentée

Pour mémoire, Mignola Carrelages se trouvait en situation de cessation de paiements depuis le 20 mai 2019. Elle avait été placée sous mandat ad hoc, dans un premier temps, puis en redressement judiciaire, expose le rapport de l’audience publique du tribunal de commerce du 14 octobre. Patrick Mignola avait déclaré rechercher « un repreneur », qui devait être connu le 2 décembre, « un véritable crève-coeur », expliquait-il alors.

« Nous étions partis pour une année record, mais nous avons subi des retards de chantier sur nos quatre principales commandes », indiquait- il encore, en octobre dernier. Le rapport d’audience du 2 décembre a pourtant mis en lumière « qu’aucun plan de redressement » n’était « possible » et surtout, « qu’aucune offre de reprise de l’entreprise » n’avait été présentée.

Les activités du groupe ont été exceptionnellement prolongées jusqu’au 6 décembre. Un administrateur judiciaire a été nommé afin d’en assurer l’administration. Deux liquidateurs ont par ailleurs été désignés. C’est donc la fin d’une aventure familiale de plus de cinquante ans. Charge désormais aux 94 salariés et les quelque 200 sous-traitants de trouver une solution de repli.

Dans un secteur qui subit « une crise de l’emploi », selon René Chevalier, président du syndicat général du BTP Savoie, les salariés ne devraient pas « avoir de mal à se replacer. Cette entreprise a de bons employés ». Il ajoute qu’il est « excessivement dommage qu’une entreprise de cette taille en soit arrivée là » et manifeste son inquiétude au regard « du gros volume de chantiers » qu’elle effectuait.


Par Jérôme Bois


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Cet article est paru dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 6 décembre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.