Alliade Habitat , filiale du groupe Action Logement, enregistre une baisse de production de logements sociaux en 2022, dans un contexte dégradé, mais ne baisse pas les bras.
L’année 2022 a été difficile pour Alliade Habitat comme pour les autres acteurs du secteur du BTP. Si le bailleur social auralpin a poursuivi son effort de production,
« nous avons été impactés par la hausse des coûts des matériaux conjuguée à celles des taux d’intérêt et à l’inflation », relève Jérôme Demonte, le directeur du développement immobilier.
En 2022, Alliade Habitat, qui se présente comme le plus gros bailleur social de la région (56 000 logements), avec un chiffre d’affaires de 271 M€, a financé 1 806 logements dans huit départements. Si le gros de la production est concentré dans le Rhône, bassin historique de cette filiale d’Action Logement, 273 de ces logements sont en Haute-Savoie (contre 191 en 2021), 34 en Savoie et 79 dans l’Ain, où le montant de l’investissement s’est élevé à plus de 60 M€.

Ces opérations ont vu le jour dans des secteurs très demandés, comme l’agglomération d’Annecy, le Chablais et le Genevois, mais aussi Aix-les-Bains, Chambéry et, pour ce qui concerne l’Ain, le Pays de Gex, la Côtière de l’Ain et le Val de Saône.
« Il s’agit principalement de logements collectifs dont 80 % ont été acquis en Vefa auprès de promoteurs immobiliers. Les 20 % restants sont des opérations en propre où nous intervenons en tant que maître d’ouvrage direct », souligne Jérôme Demonte, qui dispose, à Annemasse, d’une agence spécialisée dans la gestion de chantiers pour le Pays de Gex et les Savoie.
En Savoie comme dans l’Ain, les logements locatifs sociaux sont les plus répandus, quand en Haute-Savoie, 191 logements sur les 273 produits sont des logements intermédiaires, réservés à la location à prix maîtrisé. « Notre volonté est de coller à la demande du marché, en concertation avec les collectivités, et de saisir les opportunités d’acquisition qui se présentent », indique le directeur du développement, qui cite, à titre d’exemple, des logements étudiants réalisés à Cognin.
Anticiper les nouvelles normes
Pour 2023, qui s’annonce chahutée, Alliade vise un objectif de 1 900 logements en Auvergne-Rhône-Alpes.
« Ce sera plus compliqué en Haute-Savoie, et plus encore dans l’agglomération annécienne, où l’on constate une baisse des permis de construire », ne cache pas l’opérateur, qui vient d’ouvrir une agence à Annecy.
Il confie avoir plusieurs projets en gestation, mais sans aucune certitude : « Nous devrions livrer des résidences à Annecy, Thonon, Évian et Douvaine, mais pas avant 2025-2026. »
D’autres opérations – comme à Vétraz-Monthoux (19 appartements), Annecy-le-Vieux (15) et Sillingy (22) – sont déjà signées et démarreront au printemps 2023. Jérôme Demonte compte aussi sur les acquisitions en blocs proposées par les promoteurs qui restent avec des appartements sur les bras (beaucoup d’acquéreurs n’obtenant pas leur prêt immobilier) et veulent lancer la production.
Parmi ces nouveaux logements, 35 % répondent déjà à la norme RE 2020 “seuil carbone 2025” grâce à l’emploi de matériaux biosourcés, avec l’objectif d’atteindre les 50 % en 2024, conformément au plan de décarbonation présenté par Action Logement en début d’année (70 milliards d’euros investis d’ici 2030). Fin 2023, Alliade Habitat produira ainsi une soixantaine de logements en béton “ultra bas carbone”, près de Lyon.
En parallèle, le bailleur a engagé, avec une enveloppe de 100 M€ par an, un vaste chantier de réhabilitation de ses logements, « pour corriger les mauvaises étiquettes F et G… Même si ce n’est pas le cas en Savoie et Haute-Savoie, où nos implantations sont récentes et datent de 2017. »
Patricia Rey
Photo Une Construction de la résidence Intermezzo à Thonon – crédit Alliade Habitat








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