Les entreprises de Lyon, mais également des pays de Savoie ou de Genève, sont invitées par Jean-Michel Aulas, président de l’OL (Olympique lyonnais) et président du groupe Cegid, à utiliser le nouveau stade de Décines pour y organiser des événements. Convié, le 4 avril, par Siparex et le cabinet d’avocats Delsol, l’entrepreneur a expliqué comment il est devenu aussi un bâtisseur. C’est en appliquant à l’OL Groupe son raisonnement de chef d’entreprise que l’homme entend obtenir un seuil de rentabilité de 70 M€ par an. « Quant au chiffre d’affaires, il s’est établi à 100 M€ en 2015 et approchera les 200 M€ en 2016», a expliqué Jean-Michel Aulas devant un parterre de dirigeants.

Le résultat du projet, pensé dès la reprise du club en 1987, est un stade flambant neuf, représentant un investissement de 450 M€ auxquels s’ajoutent 150 M€ pour construire un hôtel, une clinique, un centre de loisirs, un camp d’entraînement et des bureaux. «Nous avons bâti notre modèle avec McKinsey en allant regarder l’organisation du sport professionnel aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en étudiant de près le modèle du Bayern de Munich». Le stade dépasse la notion d’événement sportif pour devenir un modèle économique créant de la récurrence. «Nous avons déjà entre deux et dix manifestations d’entreprises organisées chaque jour. Dans cinq ans, 50% du chiffre d’affaires sera réalisé en B to Be et 50 % en B to C. Nous sommes dans une spirale vertueuse avec une infrastructure à amortir», a ajouté le président de l’OL Groupe, précisant qu’il faudrait entre 20 et 40 ans pour y parvenir.

Le plus connecté

Le lieu a été conçu à la fois comme une enceinte multisports et pour de l’événementiel : c’est une salle de spectacle de 60 000 personnes, qui va générer des revenus importants. L’endroit est, par ailleurs, «le premier stade connecté au monde dont 70 à 80 % des fonctionnalités ont réussi, sans test préalable, après 7 matchs joués», a précisé Jean-Michel Aulas.

Tout part du service à l’utilisateur et d’une architecture digitale complètement ouverte : on peut à loisir se véhiculer, accéder, digitaliser des billets de tramway ou de TGV, disposer de sa carte de parking, se géo-localiser, commander à manger ou divers accessoires, se faire livrer à sa place ou encore disposer en direct d’un ralenti personnalisé ! C’est le seul stade avec une gare de tramway intégrée, où sont transportées 29 000 personnes en une heure. «Une telle infrastructure sert l’image de Lyon et des entreprises lyonnaises à travers le monde», a encore estimé Jean-Michel Aulas, qui prévoit de se mettre désormais en retrait, en tournant son action vers des œuvres caritatives et des associations.

F.Lafuma