L’esprit d’équipe, ce n’est pas l’apanage du monde sportif. Dans l’entreprise aussi, on peut manager comme les coachs… Pour gagner !
« Tout commence par la cohésion de l’équipe. Mais l’équipe démarre… avec une seule personne : vous. Pour être bien avec le groupe, il faut déjà commencer par être bien avec soi-même. Les autres, sinon, servent d’exutoire ou de refuge. » Inspirez-vous des conseils distillés par Christian Nallet, coach de sportifs olympiques ! Il a livré quelques astuces pour optimiser la cohésion dans votre entreprise, lors d’une soirée organisée par la Jeune chambre économique. Un succès…
« La cohésion, c’est aussi la coopération, décrit-il. Mais encore faut-il en avoir envie ! Prenez l’exemple de l’équipe de France de foot en juin 2010 : la question de la volonté de chaque joueur est posée ! Voulaient-ils vraiment coopérer ? » Selon Christian Nallet, on remarque toujours dans une équipe des tensions, liées aux différences et à la pression inhérente à la vie en groupe. « Nos différences de sexe, de culture et la pression de la concurrence, par exemple, nécessitent une bonne gestion des tensions naissantes. » Et de démontrer que, face à une réalité objective, tout un chacun aura sa propre perception des choses. Vous avez peut-être déjà fait ce test : que voyez-vous face à ce dessin en noir et blanc (voir illustration), qui peut laisser apparaitre le portrait d’une jeune femme à chapeau détournant les regards ou celui d’une vieille femme ? Appelé ambigramme, ce procédé met en lumière nos différentes perceptions des choses. « Et si on vous met une pression de temps, notamment, et que l’on vous demande de décrire ce que vous voyez, comment faites-vous » ? interrogeait Christian Nallet. Chacun identifie sa propre réalité, « c’est pour cela qu’il ne faut pas négliger, dans nos rapports avec les autres, la partie régulation, conseille-t-il. Souvent, on ne régule pas assez dans les équipes, ce qui conduit parfois les gens en face à craquer pour un point de détail ! Il est nécessaire, dans le groupe, de parvenir à ajuster les représentations de chacun pour s’enrichir mutuellement ».
Mais manager en utilisant la technique de la cohésion d’équipe suppose aussi « de poser des frontières clairement identifiées, souligne Christian Nallet. Un groupe doit avoir un cadre. Avant un match, une question dans l’équipe de foot se pose souvent : le président du club peut-t-il rentrer dans les vestiaires alors qu’il ne le fait jamais ? Le même genre de question peut se poser en entreprise : qui doit être présente à telle réunion… ou pas ? Lors d’un match qui se joue en extérieur, les joueurs ont besoin de s’approprier l’espace et d’identifier le lieu où ils vont devoir évoluer. Il en est de même dans vos structures ! » Il recommande également d’installer dans les équipes « un leader puissant, qui peut être tournant selon les besoins, comme Didier Deschamps pour la partie terrain lors de la coupe du monde 1998, et Laurent Blanc dans les vestiaires ». Un point qui a fait, selon le coach, toute la différence pour la coupe de 2010, « où l’on avait affaire à des cheffaillons ».
D’autre part, il préconise d’identifier clairement « une mission collective, des rôles définis et des objectifs. Ce qui évitera ans votre entreprise d’avoir affaire à celui qui se la jouera toujours perso ». Il est indispensable également d’avoir une vision et des valeurs partagées : « un groupe peut monter en responsabilités en se fixant lui-même des règles d’auto-discipline. Là, il ne cherchera pas à contourner les règles, puisque ce seront les siennes ».
Christian Nallet à livré bien d’autres conseils encore et a démontré au travers de cette conférence, combien le sport et l’entreprise peuvent avoir de points communs … Les objectifs, les valeurs, la performance participent de la réussite d’une équipe. Oui coach !