Une reprise sous le masque

par | 3 septembre 2020 à 8H00

Depuis le mardi 1er septembre, le port du masque est obligatoire en entreprise, avec quelques exceptions.

Désormais, les masques sont obligatoires en entreprise. Mais dans quelles conditions ? Depuis mardi premier septembre, ils doivent être portés dans les lieux com­muns. Couloirs, salles de réunion, bureaux partagés, salle de pause, les seules exceptions étant le bureau indi­viduel et les ateliers. Le travail dans ces derniers nécessitant souvent des efforts intenses, il est compliqué de conserver le masque dans ces condi­tions. Une visière devra toutefois être portée. Ce lundi 31 août, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État en charge des Retraites et de la Santé au travail a annoncé les autres dérogations possibles au port du masque. Celles-ci s’appliquent selon la « couleur » du département concerné. Bien loti, le département de l’Ain peut bénéficier des exceptions pour le moment. Les entreprises bénéficiant d’une ventila­tion ou aération fonctionnelle, d’écrans de protection entre les postes de travail et qui mettent à disposition des visières pourront déroger au port du masque. Le territoire étant classé en orange, il faut toutefois posséder des locaux spacieux et dis­posant d’une extraction d’air haute. Dans les zones dites « rouges », chaque salarié devrait pouvoir disposer d’un espace d’au moins quatre mètres carrés et le bâtiment être muni d’une ventilation méca­nique. Toutefois, la dérogation n’est pas un passe-droit total pour éviter la mesure. « Dans les cas où la dérogation est possible, le salarié installé à son poste de travail peut ranger son masque à certains moments de la jour­née et continuer son activité. Il n’a pas la possibilité de quitter son masque pendant toute la durée de la journée de travail », annonçait la version du pro­tocole national soumise à relecture aux syndicats et au patronat.

Une attente des employeurs

Des mesures très attendues par les chefs d’entreprise. « Dans certains métiers, nous sommes obligés de tra­vailler à proximité, mais le port du masque va être difficile à mettre en oeuvre. Quand vous avez, par exemple, des maçons travaillant l’un à côté de l’autre et portant des charges, il faut le prendre en compte », explique Frédéric Bagne, pré­sident de la Confédération de l’arti­sanat et des petites entreprises du bâtiment de l’Ain (Capeb). L’UIMM préconisait pour sa part que chaque société réalise une éva­luation des risques et juge si le port du masque est nécessaire ou non. « Il faut que ce soit adapté et pragmatique. Il faut éviter l’injonction suivie de la sanction », appuie Agnès Bertillot. Malgré la mesure, la prudence reste de mise et le Medef de l’Ain appelle à éviter le relâchement. « Ce n’est pas parce qu’on a le masque que l’on pourra se coller les uns contre les autres », commente Stéphane Rostaing, président du Medef de l’Ain.

Un coût conséquent

Si l’adaptation de la mesure aux métiers et aux conditions était le pre­mier souci, le deuxième problème porte sur le coût de la mesure. Le masque, à la charge de l’employeur, vient s’ajouter à ce qui était déjà appliqué : gel hydro alcoolique à disposition, vitre en plexi­glas, gants… Et la charge commence à être lourde pour des sociétés déjà éprouvées.

Pourtant, le masque semble avoir été adopté dès le départ. « C’est déjà plus ou moins ce que l’on préconisait à tra­vers le document de l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics). Il s’agit de la protection de nos salariés, notamment lors des transports, quand ils sont plusieurs par véhicules », ajoute Frédéric Bagne. « L’employeur, depuis le déconfinement a pris toutes les dispo­sitions pour mettre en sécurité ses col­laborateurs », relève Agnès Bertillot, présidente de la CPME 01. De plus le port du masque a autorisé la reprise dans des secteurs ou le télétravail était impossible. Mais il a aussi permis d’éviter la détresse psychologique liée à la solitude en permettant à chacun de revenir en présentiel.


Chômage partiel

L’obligation de port du masque en entreprise coïncide avec la fin du chômage partiel. Bon nombre de salariés encore à domicile ont dû retrouver le chemin du travail ce mardi premier septembre.


Par Joséphine Jossermoz

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