Une nouvelle vocation pour le site de la Tine à Chavanod

Une nouvelle vocation pour le site de la Tine à Chavanod

L’ancienne carrière de la Tine se reconvertit en installation de stockage des déchets inertes. Elle accueille les terres produites par les chantiers de construction réalisés sur le bassin annecien.

Durant 20 ans, le site de la Tine à Chavanod a été dédié à l’extraction de matériaux. « Environ 800 000 m3 ont été extraits sur cet espace d’une dizaine d’hectares, propriété de la commune », explique René Desille, le maire de Chavanod. Depuis 2015, l’ancienne carrière est devenue une installation de stockage des déchets inertes (Isdi) qui accueille principalement des terres issues des chantiers d’aménagement, construction et rénovation réalisés sur le bassin annécien. Sont également autorisés les pierres, bétons, briques, tuiles, céramiques issus de déchets triés et non contaminés.

La réglementation prévoit une traçabilité complète des matériaux déversés.

Dix années d’exploitation

L’autorisation préfectorale autorisant cette “reconversion” a été signée le 1er juillet 2014 pour une période de dix ans. Gérée par la société  Roudil Carrières, l’installation qui dispose d’une capacité d’un million de m3, couvre environ 20% des besoins du bassin annécien. Les déchets inertes accueillis proviennent des chantiers locaux, dans un rayon de 10 à 15 km. Avant d’être pesé, chaque véhicule entrant doit présenter un bon mentionnant le maître d’ouvrage, le nom et l’adresse du chantier, l’entreprise, le transporteur et, si nécessaire, des analyses de sol. A la sortie, il passe par un lave-roues afin de préserver les chaussées.

L’Isdi de la Tine couvre environ 20% des besoins du bassin annécien.

Un encadrement strict

Outre la traçabilité, l’Isdi est soumis à un strict encadrement des émissions (poussière, bruit) et à de fortes obligations environnementales. Celles-ci prévoient des mesures pour préserver la qualité de l’eau, la création de mares, la gestion de la flore invasive comme les solidages ou encore la prise en compte du sonneur à ventre jaune, une espèce protégée de crapauds. «Pour le réaménagement du site, nous travaillons en lien avec la ligue de protection des oiseaux de Haute-Savoie et FNE Haute-Savoie, précise Gilles Decosne, directeur d’exploitation. L’objectif est de préserver la faune et la trentaine d’espèces (oiseaux, amphibiens, reptiles) répertoriées sur l’isdi. II est aussi de préserver les paysages et la flore avec la plantation de prairies, haies abusives et arborées, constituées de végétaux, tracés, locaux et sauvages.

Les 10 années d’exploitation du site vont rapporter 2 millions d’euros à la commune.

Un déficit de solutions de proximité

L’Isdi de Chavanod est l’une des 60 installations répertoriées en Haute-Savoie. En manque de solutions de proximité,  les professionnels du BTP estiment qu’il en faudrait une quarantaine de plus pour limiter la circulation des camions transportant de la  terre sur les routes. Chaque année, près de 300 000 camions parcourent 15 millions de kilomètres pour évacuer les déchets internes issus des chantiers de Haute-Savoie. La fédération du BTP 74 et les services de l’Etat lancent une campagne de sensibilisation auprès des collectivités pour qu’elles autorisent, dans leurs plans locaux d’urbanisme, la création d’Isdi. L’ambition de cette campagne est de diviser par deux le nombre de km parcourus d’ici 202O.

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