Les drones sont des drôles d’engins, sortes de dérivés des hélicoptères d’aéromodélisme, volant sans personne à bord grâce à une télécommande et généralement dotés de plusieurs pales pour augmenter leur maniabilité. Très faciles à piloter, ces petits aéronefs sont de fait très à la mode. En France, il y aurait, au bas mot, 30 000 utilisateurs réguliers de ces engins, beaucoup plus selon certaines estimations.

Il est donc logique que les usages faits de ces objets volants se multiplient. Dans le domaine des loisirs, des courses s’organisent dans des lieux improbables peuplés d’obstacles (forêts, entrepôts), donnant des images impressionnantes à découvrir sur le net. Pour une exploitation professionnelle, leur capacité à transporter une charge telle qu’un appareil photo a donné des idées à de nombreux photographes à la recherche d’innovation, des paparazzis, mais aussi des agents immobiliers pour la promotions de propriétés à vendre.

Malheureusement, les multiples qualités de ces drones en font aussi des engins prisés par des personnes mal intentionnées, voire des organisations criminelles. C’est ainsi qu’un de ces appareils télécommandés a récemment créé un incident politique d’envergure en tirant un drapeau nationaliste « Grande Albanie » au dessus d’un match de foot Serbie-Albanie. Plus inquiétant, on soupçonne le groupe islamiste Daech d’être en possession de drones qu’il pourrait alors utiliser à des fins terroristes.

Comment ne pas rapprocher cette information du récent survol de plusieurs centrales nucléaires françaises – dont la centrale du Bugey – par certains de ces petits engins volants ? En effet, les responsables de ces vols n’ont toujours pas été identifiés laissant planer le doute sur le caractère malfaisant de l’opération. En théorie, les structures de ces centrales sont étudiées pour résister à des explosions importantes mais plusieurs accidents ont déjà démontré qu’aucune n’était infaillible. Et les terroristes savent souvent se montrer inventifs. Cette nouvelle affaire pose une nouvelle fois la question de l’éventuelle vulnérabilité de ces installations…