Oser les Oséades

Oser les Oséades

La huitième édition des Oséades se déroule du 14 au 28 mai dans toute la Haute-Savoie. Les présidents Guy Métral et Franck Lopez (Chambre de Commerce et d’Industrie, Chambre de Métiers et de l’Artisanat) et la Vice-présidente régionale à l’économie, la haut-savoyarde Annabel André-Laurent, parlent de l’initiative et dressent un portrait de conjoncture. Interviews croisées.

Huit ans après leur création, les Oséades sont-elles toujours nécessaires ?

Annabel André-Laurent : La Région soutient les Oséades depuis 2017. Aucun événement à l’échelle départementale ne traite une telle diversité de thèmes répondant aux préoccupations des créateurs d’entreprise, des repreneurs et des jeunes dirigeants. Aucun autre événement ne réunit un public aussi large (plus de 2 500 personnes en 2018) dans les principaux territoires de Haute-Savoie (bassin annécien, Chablais, Genevois, vallée de l’Arve). Cette manifestation qui bénéficie d’un bon pilotage grâce aux équipes de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) 74 et de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) 74 contribue à fédérer une centaine d’acteurs et à rendre visible l’offre publique de services et de conseils pertinents et complémentaires pour la jeune entreprise à travers de nombreuses rencontres.

Guy Métral : La création d’entreprise reste un saut dans l’inconnu, malgré tous les business plans possible, qui nécessite une dose d’audace et de la volonté, mais aussi de pouvoir s’appuyer sur des conseils d’experts. C’est à ça que répondent les Oséades. Les dirigeants sont confrontés à des mutations de plus en plus rapides et doivent trouver des réponses à leurs questions, y compris les plus pointues.

Franck Lopez : Les Oséades se sont imposées comme un événement incontournable et apprécié des artisans haut-savoyards. Ce rendez-vous est plus que jamais nécessaire afin d’encourager les porteurs de projet à se lancer et permettre aux entrepreneurs déjà établis de parfaire leur activité.

Dans Oséades, il y a oser. Qu’est-ce que les entrepreneurs doivent aujourd’hui oser ? Quelle est la priorité ?

FL : Le nom Oséades n’a pas été choisi au hasard. À l’origine de toute réussite, il y a le fait d’avoir osé. La prise d’initiative et l’audace sont clairement les valeurs que nous voulons insuffler. Dans un contexte de marché volatil et de concurrence accrue, les entrepreneurs n’ont d’autres choix que d’oser : détecter de nouvelles tendances, s’implanter sur de nouveaux segments de marché, innover, s’éloigner des sentiers battus pour se démarquer.

GM : Pour moi, le “serial entrepreneur”, c’est avant tout celui qui est actif et qui entretient son réseau ; il a déjà engagé sa transformation numérique et il donne envie à ses clients d’acheter, en ne se contentant plus seulement de vendre son produit ou son service. Les nouveaux entrepreneurs mettent l’expérience clients et l’expérience collaborateurs au coeur de leur développement. Ils s’investissent dans leur territoire, en lien avec l’écosystème. J’invite tous les entrepreneurs à participer à l’événement “GO ! 3 heures pour propulser votre projet”, le 21 mai prochain, qui traite de tous ces aspects.

AAL : Oser a toujours été l’apanage des entrepreneurs, mais ce terme n’a jamais été aussi approprié à une époque où tout va vite, où l’information est pléthorique et où les processus de création sont parfois encore complexes. Je conseillerais avant tout d’oser se faire accompagner dès le stade de l’idée de création d’entreprise.

La transformation numérique, danger ou opportunité pour les entreprises, les commerces, les artisans ?

GM : C’est clairement une opportunité pour développer les ventes et la performance de l’entreprise. Ce changement ne se traduit pas seulement par l’intégration de nouvelles technologies ; il touche aussi le modèle économique, l’organisation, l’offre produit, la relation client, les moyens de production… La transformation numérique n’est plus une option pour les entreprises : ne pas s’y adapter, c’est la subir ! Plusieurs événements des Oséades sont dédiés à ce sujet, qu’il s’agisse de la digitalisation des commerçants, des réseaux sociaux comme leviers, de la cybercriminalité, etc.

FL : Si l’expression “transformation numérique” effraie, il s’agit en réalité d’une véritable opportunité pour les entreprises. La digitalisation permet de simplifier bon nombre de démarches et tâches du quotidien, à condition d’en maitriser les rudiments. La CMA s’applique à proposer des formations et des ateliers (à l’instar de ceux proposés dans le cadre des Oséades) pour que cette transformation numérique devienne bien une force pour les entreprises.

AAL : La transformation numérique est aujourd’hui nécessaire, c’est pourquoi nous avons lancé notre site Internet “Ma Solution Numérique” destiné à toutes les entreprises pour répondre à cet enjeu fondamental.

Les Oséades touchent un large public d’entrepreneurs.

Même question concernant les préoccupations RSE (responsabilité sociétale des entreprises) : frein ou accélérateur de croissance ?

AAL : L’homme au coeur de l’entreprise, c’est plus qu’un slogan. C’est une réalité, c’est une nécessité ! Le respect de l’environnement est également un élément clé dans le développement d’une entreprise. Moins d’impact sur la planète, moins de consommation d’énergie, de matières premières sont autant d’éléments compris dans notre approche qui se veut responsable et globale pour la soutenabilité de la croissance. L’entrepreneur impliqué dans une démarche RSE peut valoriser ses actions tant auprès de ses collaborateurs, de ses clients, de ses fournisseurs, que des acteurs du territoire. C’est un facteur d’attractivité certain et de développement économique permettant de dégager de nouvelles opportunités d’affaires, d’attirer des coéquipiers sensibles à l’environnement ou à des pratiques vertueuses, de gérer durablement les ressources utiles à l’entreprise.

GM : La recherche de sens pour les clients et pour les collaborateurs, le respect des relations humaines et de l’environnement, le nouveau rôle de l’entreprise dans la société… sont de plus en plus valorisés. L’entreprise propose des produits et des services, mais contribue aussi à relever des défis qui nous concernent tous. Ces mutations ne se décrètent pas ; elles résultent d’un va-et-vient entre la prise de conscience collective et individuelle, entre le dialogue et l’action. On retrouve ainsi dans cette édition des Oséades une conférence pour aider les hôteliers à transformer la réglementation environnementale en atout, mais aussi des ateliers sur la bienveillance, la psychologie positive, etc.

FL : La RSE est un enjeu considérable. Toute entreprise peut tirer bénéfice à adopter un comportement plus éthique et responsable. La valorisation du capital humain engendre un accroissement de la productivité ; une meilleure gestion des ressources de l’entreprise permet, à terme, de réaliser des économies ; la réduction de l’impact environnemental aura un effet positif sur la préservation de la planète.

Un tiers de l’année 2019 est déjà passé. Comment se présente la conjoncture en Haute-Savoie ? Ciel dégagé, nuageux, orageux ?

AAL : Au dernier trimestre 2018, tous les indicateurs économiques étaient à la hausse en Haute-Savoie : le chiffre d’affaires des entreprises (+3,8 %), l’investissement des entreprises (11,4 %), les exportations (+4,2 %) par rapport à la même période de l’année précédente (données issues de la note conjoncturelle Direccte du 14 décembre dernier). Ces résultats positifs ne sont pas contredits depuis le début de cette année.

FL : Au sortir d’un quatrième trimestre 2018 contrasté – impact négatif du climat social sur les secteurs de l’alimentaire et des services, mais météo profitable au secteur du bâtiment –, le début d’année 2019 laisse entrevoir des perspectives d’amélioration. Les entreprises artisanales prévoient une stabilisation des indicateurs tels que le chiffre d’affaires, la trésorerie et les effectifs. L’amélioration n’est toutefois qu’en demi-teinte puisque le niveau d’activité, lui, semble être en baisse.

GM : Nous attendons les résultats de la Table ronde de conjoncture, mais les tendances pour ce premier trimestre restent bien orientées, avec toutefois quelques incertitudes. L’industrie connait un bon niveau d’activité, mais la problématique du diesel interroge le secteur du décolletage. La conjoncture du commerce est toujours en dents de scie, avec des disparités entre les branches. En matière de tourisme, les premiers résultats de l’hiver 2018/2019 sont bons. Et l’activité est satisfaisante pour les services tout comme pour le BTP, qui connaît cependant un rythme moins soutenu.

Dans un paysage de l’appui aux entreprises en profonde mutation, et au moment où les crédits publics se raréfient, quelle place pour les chambres consulaires ?

GM : Les CCI viennent de subir une nouvelle baisse de leurs ressources fiscales qui d’ici 2022 auront diminué de 75 % en moins de dix ans. Mais cela n’enlève rien aux savoir-faire et aux compétences de leurs collaborateurs, ni à ce qui fait leur force : la proximité avec les entreprises et la connaissance du terrain. Aujourd’hui, nous devons réinventer notre modèle, en conservant nos missions de service public tout en développant des prestations à valeur ajoutée facturées, conformément à la demande du gouvernement. Cela implique aussi de nous concentrer sur des missions clés et de travailler en complémentarité avec les autres acteurs : les Oséades en sont l’illustration parfaite !

FL : La création d’un guichet unique électronique pour l’accomplissement des formalités liées à la création et à la vie des entreprises ainsi que la suppression de l’obligation de SPI (Stage de préparation à l’installation des artisans), qui découlent de l’adoption récente du Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (loi Pacte) font partie des changements qui s’imposent à nous. Malgré ces mutations en cours, la CMA entend conserver son rôle d’appui aux entreprises artisanales et d’acteur clé du développement économique local.

AAL : Les chambres sont les organismes de proximité qui accompagnent nos TPE et PME. Les entreprises ont besoin des experts des chambres consulaires pour être conseillées et accompagnées dans leurs problématiques. Aux côtés de l’Agence Auvergne-Rhône- Alpes Entreprises, guichet des entreprises pour le développement économique, l’attractivité, l’internationalisation, l’innovation et l’emploiformation, les chambres consulaires ont toute leur place dans le soutien et le conseil aux entreprises de nos territoires.


Propos recueillis par Philippe Claret

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