PGE : 172 millions d’euros accordés aux entreprises de l’Ain

par | 30 Avr 2020

Le point avec l’antenne burgienne de Bpifrance, sur l’utilisation du Prêt garanti par l’Etat et des autres dispositifs, dans l’Ain.

Depuis la mise en place du Prêt garanti par l’Etat jusqu’au 27 avril, quelque 4 608 millions d’euros de financements ont été accordés aux entreprises de la région Aura, dont 172 millions aux entreprises de l’Ain. Ce chiffre correspond à 1 648 demandes d’un montant moyen de l’ordre de 100 000 euros et pourrait être porté à 224 millions pour 2 192 demandes, en intégrant les dossiers préaccordés. « Les secteurs les plus demandeurs sont le commerce et la réparation d’automobiles, cycles et motocycles, avec 59 millions, les industries manufacturières avec 36 millions, la construction avec 21 millions et l’hébergement-restauration avec 12 millions », détaille Ludovic Pouget, directeur de l’antenne Bpifrance de Bourg-en-Bresse.

Mais, le PGE n’est pas le seul dispositif géré par la banque publique d’investissement. « Nous avons un Prêt tourisme, destiné à l’hôtellerie et la restauration, qui complète le Prêt garanti par l’Etat, avec un différé de remboursement et une durée d’amortissement plus importants, jusqu’à 10 ans dont deux ans de différés, contre 6 ans dont un an de différé pour le PGE, poursuit le directeur. Il s’agit de répondre aux besoins spécifiques d’un secteur qui se doit d’investir régulièrement, donc auquel il faut des financements sur des durées longues, voire d’autres solutions, comme des interventions en quasi-fonds propres. »

Bpifrance a par ailleurs largement diffusé auprès des banques qui ont affaire à un public de TPE, professions libérales, artisans et commerçants, le Prêt Région, équivalent en Auvergne Rhône-Alpes du Prêt Rebond. « Celui-ci peut s’étaler sur une durée de sept ans, dont deux ans de différé, avec un taux fixe à 0 %, à la différence du PGE, qui s’étale sur six ans dont un an de différé, avec un taux à 0,25 % la première année, non garanti pour les années suivantes. Son montant varie de 10 000 à 100 000 euros, afin de constituer de la trésorerie, décrit Ludovic Pouget. Ce dispositif s’adresse à des entreprises qui ne comptent la plupart du temps qu’une seule banque. Et comme celle-ci est déjà fortement engagée auprès d’elles, elle n’a souvent accordé en PGE, que la moitié des sommes demandées. Le Prêt région intervient donc en complément, pour aider l’entreprise à boucler son besoin de financement. »

Un dispositif pilote

La région a en plus la chance, selon le directeur, d’être pilote pour expérimenter une plateforme digitale permettant de dématérialiser intégralement, les demandes jusqu’à 50 000 euros. « Il suffit de cinq minutes pour remplir son dossier en ligne. Et nous nous engageons de notre côté à décaisser les sommes dans les 48 heures, sitôt le prêt obtenu. Nous avons sollicité les experts-comptables pour qu’ils soient tiers de confiance pour ce dispositif. La demande soumise par le dirigeant de l’entreprise peut-être transférée à son expert-comptable qui se chargera de confirmer de tous les éléments juridiques et de communiquer toutes les pièces comptables nécessaires. Mais même sans cela, c’est redoutable d’efficacité pour les entreprises éligibles. » Cette plateforme ne s’adresse en effet qu’aux sociétés détenues par une personne physique, et non aux entreprises individuelles. De plus, celles-ci doivent de surcroît avoir déjà au moins un bilan au compteur. « Il reste quelques éléments bloquants, comme des fonds propres négatifs », relève Ludovic Pouget. Mais cela n’empêche de pas solliciter un accompagnement par sur d’autres dispositifs.

Parmi les solutions disponibles, Avance Plus permet à Bpifrance de faire des avances sur facture, ce qui évite aux entreprises de porter le délai de paiement. Le secteur du BTP en est friand. Il représente 50 % des demandes. C’est en effet le seul dispositif qui accepte de financer les situations de travaux.


Préparer la reprise

Bpifrance a commencé à plancher sur la reprise et sur le soutien aux secteurs mis en difficulté par la crise sanitaire. Les sous-traitants de l’automobile, par exemple, ont été interviewés pour faire connaître leurs besoins. La banque publique d’investissement les fera remonter ensuite aux services de l’Etat, en vue de nouvelles mesures d’aide.


Par Sébastien Jacquart

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