Les disparités entre les pays membres de l’union européenne continuent de se creuser. Ainsi, malgré les recommandations de la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI), la Grèce, loin de parvenir à remonter la pente, continue à s’enfoncer dans le marasme avec une dette nationale alourdie à 155% du PIB (contre 115% en 2010) et sollicite une nouvelle aide de 60 milliards d’euros à ajouter aux 110 milliards déjà reçus en 2010.

L’Espagne, l’Italie, la Slovénie connaissent également d’importantes difficultés dans un contexte économique où se mêlent déficit public et taux de chômage record. Le Portugal, quant à lui, s’apprête à rejoindre la Grèce au rang des pays en proie à la faillite.

La situation de la France, quoi que moins désespérée, n’en est pas pour autant brillante. Avec des exportations au bord de l’asthénie et des importations qui ne cessent de croître, notre déficit commercial vient d’atteindre le nouveau record de 7,14 milliards d’euros. Plusieurs experts pointent du doigt la perte de compétitivité de l’industrie hexagonale.

Championne d’Europe de la croissance et de l’exportation, seule l’Allemagne semble donc tirer son épingle du jeu, inspirant d’ailleurs quelques vantardises à Angela Merkel qui déclarait récemment : « il faudrait que dans des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal, on ne parte pas à la retraite plus tôt qu’en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts ».

Cette petite phrase assassine a d’ailleurs immédiatement été contestée par Patrick Arthus, économiste à la banque Natexis, qui démontre en s’appuyant sur des chiffres de l’OCDE que, non seulement les Allemands ne partent pas en retraite plus tard que d’autres, mais que la durée annuelle du travail outre-Rhin est inférieure à celle des autres pays cités. Il révèle en outre que la véritable force de l’Allemagne proviendrait en premier lieu de sa capacité à innover.

Mais en France aussi, et en Rhône-Alpes notamment, de nombreuses PME démontrent chaque jour leur inventivité. A condition que l’Etat se décide enfin à mener une véritable politique de soutien à l’industrie et à l’innovation, la France possèderait donc les atouts pour rattraper son voisin teuton.