La privatisation d’Aéroports de Paris mobilise jusque dans l’Ain

La privatisation d’Aéroports de Paris mobilise jusque dans l’Ain

Des militants et élus, de gauche et de droite, cherchent à collecter des signatures pour l’organisation d’un référendum d’initiative partagée sur la privation d’Aéroports de Paris.

Presque au grand complet, le comité de liaison de la gauche de l’Ain (PS, PCF, EELV, Ensemble, Génération.S et Place Publique, moins le NPA, d’accord sur le principe mais pas sur le contenu du tract) a décidé de battre la campagne afin de rassembler un maximum de signatures en faveur du référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Une privatisation que beaucoup rejettent, de manière assez transpartisane. La preuve, le député LR Xavier Breton compte parmi les parlementaires qui ont soutenu la procédure de référendum, considérant qu’il s’agissait là « d’une erreur stratégique grave ». Pour lui, cette privatisation relève d’enjeux à la fois de souveraineté nationale, d’aménagement du territoire, d’environnement, d’économie et de finances. « La collectivité publique doit garder la maîtrise de cet équipement rentable », estime-t-il notamment.

La question du rôle de l’État

La gauche aindinoise ne dit pas autre chose quand elle dénonce, à l’instar de Florence Blatrix, première secrétaire fédérale du PS, « une vente à la découpe des services publics » et s’inquiète de la maîtrise de l’aménagement du territoire, eu égard aux nombreux espaces fonciers disponibles autour d’ADP. Jean-Luc Roux, représentant EELV, s’interroge pour sa part, sur la capacité de Vinci à conduire une gestion écologique des aéroports et notamment, à respecter les engagements des rencontres du Grand Roissy, sur le bruit et la pollution. « Derrière ADP, d’autres privatisations se profilent, comme celles des barrages hydroélectriques », anticipe Alain Monnier, porte-parole du PC dans l’Ain.

Problème, si les parlementaires ont adopté le principe d’un référendum d’initiative partagée, il reste à rassembler 4,7 millions de signatures (un dixième du corps électoral) pour que celui-ci ait lieu. Fin septembre, le compte en était à un peu plus de 800 000. « Cette consultation serait une première. Mais elle est mal promue par le Gouvernement, avec un site internet de collecte des signatures très peu ergonomique. On se croirait revenu au temps du minitel », s’exclame Florence Blatrix. D’où la volonté d’aller au-devant des signataires potentiels. Une réunion leur sera même proposée, à l’initiative de Génération.S, le 5 octobre (lire ci-dessous).

Aménagement du territoire

Députée LREM, Olga Givernet a fait partie de la commission sur la loi Pacte qui a planché sur les projets de privatisation, dont celle d’ADP. « Celle-ci ne porte que sur la partie commerciale, pas sur la sécurité du site et des personnes, ou les douanes… Nous considérons en effet que ce n’est pas le rôle de l’État de vendre des parfums et des cigarettes, justifie-t-elle. ADP doit faire face à la concurrence d’aéroports internationaux, comme Francfort ou Londres. Et nous pensons qu’une privatisation est de nature à relancer son attractivité économique et d’accueil, pour les personnes qui atterrissent sur nos aéroports français. La cession ne porte que sur une partie des parts. L’État reste au capital et conserve une minorité de blocage. » L’élue veut toutefois bien admettre que la question du foncier d’ADP constitue un point de vigilance sur ce dossier. « Il faudra voir le contenu de l’ordonnance associée à cette privatisation, et peut-être procéder à des ajustements, avant que l’Assemblée n’ait à la voter », reconnaît-elle quand bien même l’État garde la propriété du foncier. Il le met en effet à disposition du privé par une concession de 70 ans.


Collecte des signatures

Génération.S donne rendez-vous à ceux qui souhaitent signer pour le référendum, le 5 octobre de 14 heures à 18 heures, au Temps des Noyaux, 14 bis du Dr Ébrard à Bourg-en-Bresse. Les participants, munis de leur carte d’identité et de leur carte d’électeur, se verront proposer une aide technique pour inscrire leur signature sur le site www.referendum.interieur.gouv.fr.


Par Sébastien Jacquart

Une Eco de l'AinCet article est paru dans le magazine ECO de l’Ain du 3 octobre 2019. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi de nos suppléments et hors-séries, c’est ICI.

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